L'affaire SFR : complément

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Vu les réactions au billet précédent, petite mise au point : ce billet ne correspondait pas à une analyse approfondie du cas SFR concluant à la pertinence du projet d’externalisation. Je suis parti de ce cas d’actualité pour développer quelques généralités sur les déterminants du processus d’externalisation, en me posant la question de savoir si, en l’occurrence, ils jouaient ou non. Je ne connais pas suffisamment les entreprises SFR, Arvato et Teleperformance pour me prononcer plus avant sur ce cas. Désolé si ce que j'ai dit était ambigü, ce n'était pas le but.

Je reprend autrement le problème, en espérant être plus clair. On est face à un processus d'externalisation, avec effectivement la question de la dégradation des conditions de travail. On pourrait dire qu'on a l'ensemble des possibles suivants :

 

 activité internalisée

 activité externalisée

 conditions de travail satisfaisantes

 A

 B

 conditions de travail dégradées

 C

 D


Globalement, il semble que les sites SFR étaient dans la situation A : activité internalisée, conditions de travail satisfaisantes. Je dis "il semble", c'est ce que j'ai cru pouvoir déduire des commentaires au précédent billet (à l'exception du commentaire n°29) et des propos de Pascal Fraty (qui liste les avantages existant en termes de rémunération). La question est de savoir si les sites vont passer à la situation B ou à la situation D.

Le but du papier était de montrer et d'expliquer qu'on pouvait avoir des transitions A vers B mais j'insiste, sans que je puisse affirmer que c'est le cas pour SFR. Je ne suis pas complètement neuneu, je sais bien qu'il existe aussi des transitions de A vers D, et je comprend bien sûr que les salariés s'en inquiètent, manifestent et tentent d'obtenir des garanties.

Je continue à suivre cette affaire, n'hésitez pas à apporter des informations complémentaires en commentaire.

Publié dans Emploi

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Plimsouls 20/07/2007 10:15

Bonjour à l'initiateur de ce blog...Je viens de découvrir votre blog mais n'ayant pr le moment pas le temps de tout passer en revue je souhaitais vous proposer mon experience en centre d appels Orange/France Telecom au cas ou vous auriez besoin de témoignages concrets ou d informations relatives aux centres d appels...Je me dois de préciser que je suis syndicaliste...Cordialement...Nebojsa

MadMarc 08/06/2007 01:16

Trop drôle votre machine arrière sur les conditions de travail et l'introduction de celles ci dans un joli tableau. On sent le chercheure qui cherche.Ecrire naivement  "la dégradation des conditions de travail ne devrait pas avoir lieu, car ce n’est pas de cette dégradation que l’entreprise attendrait un renforcement de son avantage concurrentiel. A minima, les conditions de travail devraient être maintenues" montre à quel point il est difficile d'être un gentil économiste libéral objectif dans un monde ultra libéral sans scrupules. Je vous plainsPour vous aider - vu que vous avez encore fait preuve de naiveté, et avant de vous faire incendier -  rectifiez "conditions de travail satisfaisantes " par quelque chose de neutre genre "conditions de travail initiales" en qualifiant les autres de "pires".  Ben oui les conditions de travails des CC SFR ne sont pas "satisfaisantes", renseignez vous, c'est le pire métier chez nous, mais effectivement, il y a  pire ailleurs.

Une chargée de clientéle ecoeurée!!!! 29/05/2007 12:39

bjr,Je signale que SFR est une des entreprises  les plus rentable de France ( 1millard 7 de benef net), que se chiffre doit augmenter de 20% dans les années avenir.Sfr,soit disant entreprise citoyenne, a choisit ses actionnaires à ses clients car forcement la qualité du service va nettement baisser.Qu'on ne me dise pas que c'est pour l'interet des salariès de passer à la sous traitance ( perte de salaire, condition de travail déplorable et à  la clé la perte de leur emploi).  On  ne se fait pas d'illusion, la sous traitance n'a qu'un but c'est d'obtenir ce marché et non de concerver des salariés trop couteux. D'ailleurs on ne parle que du maintien de l'emploi et non pas des salariés.La sous traitance n'a que faire de notre savoir faire et de notre professionnalisme. Nous avons travaillé pour etre le 1er service client,  nous avons rattrapé les erreurs des sous traitants,  nous avons été l'image de marque d'SFR  et tout cela pour etre virés comme des mals propre sur l'hotel du profit. Qu'une entreprise diminue ses frais de gestion, c'est necessaire mais brader  25% de ses salariés sous pretexte d'offrir des perspectives professionnelles,ça s'est autre chose!! et cela s'apparente à un licenciment déguisé!! A qui le prochain!!!

Théorie et pratique 29/05/2007 08:12

Olivier Bouba-Olga: Un manager qui ne profiter pas de toutes les opportunités qui se présentent à lui pour réduire ses charges et augmenter la productivité de l'entreprise qu'il dirige n'est pas un manager digne d'exercer en environnement concurrentiel.Il est vrai qu'en France, l'environnement concurrentiel (libre, non-faussée) ne pèse pas la moitié du PIB. Hélas, les entreprises désirant se developper à l'étranger, même lorsqu'elles sont protégées de la concurrence en France, doivent se mettre au niveau.Or, une externalisation des fonctions de l'entreprise est une opportunité de réduction des coûts de par les bouleversements de l'organisation interne de l'entreprise qu'elle génère. Un manager digne de ce nom doit donc en profiter pour rechercher une diminution des coûts (ou éventuellement se recycler en gérant de supérette s'il ne sait pas faire), lesquels sont, essentiellement des coûts salariaux, les autres coûts étant déjà, évidemment, très optimisés dès lors qu'ils ne dépendant pas d'aléas règlementaire.Bien entendu, il doit bien exister des cas marginaux, notamment, dans les secteurs protégés de la concurrence (police, armée, administrations, notamment..)

Olivier Bouba-Olga 29/05/2007 05:40

@ Vulgos et autres : lorsqu'une entreprise externalise la gestion de son parc informatique, sa comptabilité, la gestion de ses ressources humaines, voire sa recherche et développement, il ne s'agit pas systématiquement d'une volonté de réduction des coûts salariaux...