On connaît le discours ambiant : mon bon monsieur, avec les 35 heures, les impôts, les syndicats, les lourdeurs administratives, le coût du
travail –j’en passe et des meilleurs– pas étonnant que toutes nos entreprises aillent voir ailleurs (et puis nos
cerveaux, et puis not’chanteur préféré) : en France, y’a plus d’avenir...
La lettre du CEPII de février 2007 permet d’y voir un peu plus clair s’agissant des choix de localisation des filiales des firmes françaises. Ce travail est particulièrement intéressant, car il se focalise sur les déterminants de la décision de l’investissement en intégrant, parmi les choix possibles qui s'offrent aux firmes françaises, le territoire français.
Il y a des résultats complémentaires dans ce document de
travail du Cepii (en), dont le résumé en français est ici. Dans ce dernier document, les auteurs
expliquent notamment que « le choix d’investir à l’étranger plutôt qu’en France implique pour la firme d’avoir atteint un niveau de productivité et une taille suffisante (…) la
réduction relative de la propension des firmes à investir en France au cours de la période considérée pourrait [donc] refléter un accroissement de la productivité moyenne permettant à un nombre
accru d’entreprises d’investir sur les marchés étrangers » (souligné par moi).
C'est typiquement le genre de résultat contre-intuitif qui vous fait aimer l'analyse économique : si les firmes françaises vont de plus en plus à l'étranger, c'est parce qu'elles seraient de plus
en plus productives en France, et non pas parce qu'en France, tout va mal et patati et patata...
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