Sous-traitance internationale et salaires

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Document de travail intéressant du CPER (Discussion Paper n°6484, septembre 2007, €), par Geishecker et Görg, sur les effets en termes de salaires du développement de la sous-traitance internationale, sur données allemandes.

Titre et résumé, en anglais puis en français :
 

 

Winners and losers: A Micro-level Analysis of International Outsourcing and Wages
Our paper investigates the link between international outsourcing and wages utilizing a large household panel and combining it with industry level information on industries' outsourcing activities from input-output tables. This approach avoids problems such as aggregation bias, potential endogeneity bias and poor skill definitions that commonly hamper industry-level studies.
We find that outsourcing has had a marked impact on wages. Applying two alternative skill classifications we find evidence that a one percentage point increase in outsourcing reduced the wage for workers in the lowest skill categories by up to 1.5% while it increased wages for high-skilled workers by up to 2.6%. This result is robust to a number of different specifications.
ma traduction :
Les gagnants et les perdants : une analyse microéconomique de la sous-traitance internationale et des salaires
Notre papier analyse le lien entre sous-traitance internationale et salaires, en utilisant des données sur un large panel de ménages et en les combinant avec l’information disponible dans les tableaux entrées/sorties sur les activités de sous-traitance industrielle. Cette approche permet d’éviter des problèmes tels que le biais d’agrégation, le biais d’endogénéité, ou le recours à une définition pauvre des qualifications que l’on utilise généralement dans les études sectorielles.
Nous montrons que la sous-traitance a un impact marqué sur les salaires. En utilisant deux classifications alternatives des qualifications, nous montrons qu’une hausse de 1% de la sous-traitance réduit de 1,5% les salaires des personnes les moins qualifiées, alors qu’elle augmente de 2,6% les salaires des personnes les plus qualifiées. Ce résultat est confirmé quelles que soient les spécifications testées.

 

En conclusion, les auteurs indiquent que tout ceci a des implications fortes pour les politiques, qui devraient notamment débattre de la façon de compenser les perdants, plus généralement de faciliter l'adaptation à la mondialisation (par exemple en favorisant la mobilité sectorielle des personnes).

Publié dans Emploi

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comptabilité 26/03/2010 09:15


La sous traitance donne donc à l'employé qualifié de reconnaître sa valeur, mais une mauvaise surprise pour le non qualifié. Il faudra donc comptabiliser beaucoup de qualifications à son actif.


Laurent GUERBY 29/09/2007 15:16

Est-ce qu'on a des chiffres sur ce genre d'étude mais en regardant l'on-shoring, c'est a dire l'usage de main d'oeuvre immigrée ? (si possible en allemagne aussi :)Je me souviens avoir lu un impact faible mais négatif sur les bas salaires, mais pas de chiffre par % d'immigré en plus comme dans cette étude. Je pense qu'il serait interessant de mettre les deux chiffres dans le même format.

George 28/09/2007 00:35

La question n'est pas tant avec quel argent on compense les perdants que avec quelle efficacité : les aides à la requalification et autres mesures ont-elles des effets positifs sur l'offre de travail en général ? Les Etats-Unis distribuent des aides pour faciliter la réadaptation des certains bassins d'emploi, comme on dit, à la donne internationale. Idem pour l'Union européenne avec un succès assez mitigé (Pour des raisons qui tiennent c'est vrai à la mesure elle-même puisqu'elle est destinée à des entreprises de taille critique et à vocation européenne...). Sans vouloir essentialiser le travailleur peu qualifié, j'ai toujours l'impression d'entendre un slogan lorsqu'on parle de "permettre aux salariés peu qualifiés de devenir qualifiés"...

Olivier Bouba-Olga 26/09/2007 18:47

L'étude montre que les salaires  des personnes qualifiées travaillant en Allemagne augmentent de 2,6% quand l'outsourcing augmente de 1%. On ne parle pas de "profits localisés  à l'étranger" (OL) ni "d'avantages hors contrats" (Libéroidal).  OL: la compensation peut se faire via de la redistribution et via plus généralement (et c'est le point essentiel) des politiques publiques, par exemple de formation, permettant aux salariés peu qualifiés de devenir qualifiés (en changeant de secteur éventuellement)..

Libéroïdal 26/09/2007 18:10

Matthieu P.: OL explique que les profits des gagnants ("les salaires des personnes les plus qualifiées") sont localisés à l'étranger. Rien de plus aisé quand on travaille pour une multinationale que de conserver des avantages hors-contrat localisés dans le pays où réside le siège social de la multinationale.