La réussite des bacs S et ES en Sciences Economiques

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Vous n'êtes pas sans le savoir, Xavier Darcos a dénoncé le manque de débouché de la filière ES, en déplorant notamment que "la plupart des bacheliers ES s'engagent dans les facultés de droit ou de sciences humaines, où « nous avons les plus grandes difficultés à les intégrer »."

J'avais montré ici et que les affirmations de notre Ministre sur l'orientation et sur la réussite des bacs ES dans l'enseignement supérieur étaient erronées.  Je complète avec un petit travail statistique sur les performances des étudiants inscrits  à l'UFR de Sciences Economiques de Poitiers, en distinguant selon la filière du bac. Xavier Darcos n'a pas cité explicitement la filière Sciences Economiques, mais c'est un bon moyen de juger de l'aptitude des bacs ES à réussir dans leurs études post-bac. C'est aussi un moyen de tester l'hypothèse souvent entendue (dans la bouche de lycéens, de profs (y compris d'éco) des lycées, de parents d'élèves, ...)  selon laquelle  les bacs ES ne peuvent pas réussir en éco pasque ya trop de maths.

Conclusion de mon (premier) petit exercice de statistique :
si les bacheliers S obtiennent de meilleurs résultats que les bacheliers ES en 1ère année de Licence, les écarts s’annulent en 2ème année, et s’inversent en 3ème année. Moralité : bacs S et bacs ES ont toute leur place en Sciences Economiques.

Pour des précisions, vous pouvez télécharger la note.

J'encourage vivement les collègues d'autres UFR de Sciences Economiques à faire le même travail statistique, histoire de voir si les résultats obtenus à Poitiers sont généralisables. Si besoin, je veux bien faire les calculs, il suffit de me transmettre les données.

Publié dans Université

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Aalexandre 19/10/2007 22:14

Charles a en partie raison... mais je ne sais pas quel age il a mais je pense qu'il y a une différence entre un 'jeune' et un 'vieux' : demandons à un jeune de 15 ans ce qu'il entend par réussir ? Puis a un june de 25 ans, un homme de 40 ans puis un homme en fin de vie ...Forcément la réponse ne serapas la même  : il s'agit d'un point de vue subjectif donc on ne peut affirmer comme le fait Charles " demandez a vos etudiants ce que c'est pour eux de connaitre la reussite. Et voyez combien evoquerons avant toute chose la reussite scolaire." la réussite dépend de l'age et du cycle de vie ...

Olivier Bouba-Olga 19/10/2007 18:10

@ charles e : j'adore votre ton péremptoire et définitif... * la réussite des étudiants dans l'enseignement supérieur a un intérêt. Ne serait-ce que pour ces étudiants qui y passent pas mal de leur temps. Et Darcos parle bien dans différentes interview de l'intégration des étudiants dans l'enseignement supérieur* il convient également de s'interroger sur les débouchés des étudiants après leurs études. Les enquêtes que nous menons auprès de nos étudiants montrent que les débouchés sont bons, et qu'il ne s'agit pas de caissiers à Franprix. Regardez l'étude récente de l'APEC sur le sujet, vous pourrez juger.

charles e 19/10/2007 17:34

vous parlez de la reussite des bac ES dans l'enseignement superieur.Ca n'a aucun interet et ca ne repond d'ailleur pas a la question.Il devrait vous sembler evident que la "reussite" et "l'integration" d'un etudiant dont parle Darcos n'ont rien avoir avec le fait qu'il quite l'universite sous les chaudes acclamations de ses professeurs. Il faut etre prof pour ne pas le comprendre.La reussite, c'est trouver un bon metier, ou le  diplome qu'on vient d'obtenir se revele utile.On peut reussir excellement son diplome de sciences sociales(et rentrer dans vos statistique de reussite), et finir caissier a Franprix, faute de debouches. Reussite, vraiment???Vous aimez les statistiques, vous devez doute savoir que le principale danger est de mal definir ce qu'on veut quantifier.Pour le faire, demandez a vos etudiants ce que c'est pour eux de connaitre la reussite. Et voyez combien evoquerons avant toute chose la reussite scolaire.

AJC 15/10/2007 22:55

M. Bouba-Olga :...et pas que les notes par matière, mais pour aller plus loin, la composition des compétences demandées par Master. :o)Une classification des matières serait pratique, non ? Ou au moins des comparaisons entre notes obtenues dans différentes matières et l'orientation/les notes obtenues par la suite.Cela pourrait expliquer les variations de réussite, et surtout donner un modèle applicable aux autres facultés : j'avais des contacts qui me parlaient de l'importance relative des mathématiques ou de la formalisation à outrance dans d'autres facultés. (Ce qui, j'ai l'impression, n'est pas le leitmotiv de Poitiers.)Rien qu'une telle hétérogéinité au sein des programmes serait ainsi "gommable".Respectueusement,AJC

AJC 15/10/2007 18:17

Même critique que certains qui sont déjà passés par ici : les ES, s'ils se retrouvent avec un taux comparable ou supérieur de réussite en L3, ont connu une sorte de sélection les années précédentes. Même constat pour les STT d'ailleurs. :o)Par contre, on pourrait se demander le lien entre ces taux de réussite et les enseignements notés.En L3, me semble t'il, les notations étaient bien plus axés, pour ceux le désirant (Economie de l'entreprise...), sur des oraux et dossiers. En L1, l'absence d'une telle spécialisation force tous les étudiants à être confronté à un système de notation peu hétérogène... avec les inconvénients liés : afin de pouvoir étudier cetaines matières moins "abstraites mathématiquement", il faut passer par la compréhension de certains modèles très abstraits et fortement formalisés d'un point de vue mathématique.Dès la L2, avec un parcours "sociologie" et une mini-spécialisation, et la L3, avec une spécialisation en économie de l'entreprise, il y a possibilité pour ceux galérant avec les mathématiques pures (Matière présente en L1-L2.) de se "rattraper", et éventuellement d'étudier des domaines leur plaisant bien plus.On peut aussi comparer ce qui est demandé, entre la L1, L2, et la L3. Selon mes souvenirs, on voyait très peu où certaines matières de L1 nous emmenaient. Entre les bases de la microéconomie et celles développées plus tard, on voyait un fossé là où il n'y en avait pas. (Je prends mon exemple : j'ai pas mes notes sous les yeux, mais si je me rappelle bien, je galérais totalement sur la microéconomie très basique, alors que la micro un peu plus poussée me plaisait beaucoup. Idem pour les stats/probas et son évolution en matière "économétrie".)Des mathématiques pures ou même la microéconomie "de base" pouvaient perdre ceux n'étant pas habitués à bosser pour des notes ou pour des modèles totalement abstraits. D'ailleurs, c'est l'un des grands avantages de la filière S d'un point de vue purement scolaire : que l'on comprenne ou pas le but de tel ou tel enseignement, il faut avancer. Pour en avoir bouffé pendant deux ans, de la S, et avoir bien vu le comportement de nombreux élèves à l'échelle de mon lycée, les meilleurs étaient ceux qui se posaient le moins de question et pouvaient aisément intégrer puis recracher des formules. Tandis qu'à partir de la L2 se trouvent plusieurs enseignements théoriques dont les débouchés ou les continuités sont clairement visibles. Ce qui doit en dérouter certains, mais plaire à d'autres : c'est déjà plus équilibré.Sans vouloir trop aller dans la généralisation sociologique de comptoir, je pense qu'il faudrait analyser le parcours "en notes" des étudiants provenant de chaque filière, et pour chaque matière.Exemple typique : l'oral de S5 (L3, premier semestre.) en économie industrielle et spatiale s'est -apparemment, selon votre billet à ce sujet- passé avec une hétérogéinité des méthodes de travail, réponses et résultats. A voir s'il existe une corrélation entre la filière d'origine et -par exemple- les notes à cet oral. Je ne suis pas sûr que ça soit les S qui se soient le plus démarqués à ce niveau-là. Ou, pour éviter d'aller trop dans la division entre S, ES, L, STT (Pour des raisons simples : il peut y avoir par exemple des "erreurs de parcours".), déjà s'intéresser à l'évolution des notes de chaque élève en comparaison d'une classification des matières étudiées sur chaque année.Respectueusement,AJC

OBO 15/10/2007 20:29

C'est un point que je creuse dès que possible, il faut pour cela toutes les notes par matière mais c'est jouable.