croissance et décroissance...

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Les commentaires relatifs à mon dernier article sur les prévisions de croissance du gouvernement ont déplacé le débat vers la question : "la croissance économique est-elle souhaitable?".  Et certains de citer Goergescu-Roegen, considéré comme le "père" des théories de la décroissance.

Personnellement, je suis plus que dubitatif vis-à-vis de cette approche... Je ne développe pas, mais vous renvoie à deux textes, l'un de Serge Latouche, considéré comme le chef de file en France de ces théories, et Jean-Marie Harribey, membre du conseil scientifique d'Attac, plutôt critique vis-à-vis de l'argumentation de Latouche. Le texte d'Harribey démontre de manière convaincante que l'on peut ne pas adhérer aux thèses de la décroissance sans être pour autant taxé d'économiste libéral !

Ces deux textes ont été publiés dans Le Monde Diplomatique, respectivement en 2003 et 2004.

[Lien vers le texte de Latouche] [Lien vers le texte de Harribey]

Publié dans Croissance

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Eric 28/07/2006 21:11

Un commentateur disait:
"Au risque de paraître bien moins cultivé que le commentateur précédent, je dirais simplement que le débat croissance / décroissance ne concerne pas l'économiste... "
Je dirais: ne concerne pas QUE l'économiste.
Mais il est bon de se poser la question: la démarche de décroissance est-elle politique ou philosophico-religieuse? La simplicité volontaire prônée par certains décroissants est bougrement proche du voeu de pauvreté prononcé par les religieux...

A.L. 13/03/2006 15:37

Je prépare le petit dossier sur a décroissance, en voyant les différents points incomplets et les fichers à ajouter. (Bibliographie, annexes...)Il y aura sûrement des annexes manquantes, vu que ce dossier avait été rédigé en rush total, de manière plus ou moins artisanales. (Une semaine à dormir que deux heures par nuit, copine se levant lorsque je me rendormais, photocopies et course à droite à gauche pour trouver les documents nécessaires à l'appuyer...)Pour la "dynamique a-croissante", je pense que cela s'enclenchera de soi-même lorsque les pénuries proches en eau, pétrole, acier, se verront effectives.Et lorsque le libre-échangisme, et donc une politique néoclassique à l'échelle mondiale se verra peu à peu freinée par ces pénuries, par le manque de moyens qui en découlera.J'aurai plutôt dû dire "pourrait s'enclencher", mais il y a actuellement une course technologique d'un côté, avec les nanotechnologies par exemple, et cet épuisement des ressources stratégiques à la bonne tenue d'une économie "moderne" de l'autre.Si nous arrivons à développer de manière correcte les nanotechnologies, l'antimatière, les technologies dérivant des recherches dans les quanta, nous avons une chance d'éviter une phase critique où l'entropie sera trop importante pour faire marche arrière.La véritable évolution de l'humain par rapport aux autres espèces ne sera pas industrielle ou philosophique, mais sûrement contre-entropique et technologique : si nous arrivons à contrer le phénomène d'entropie que la nature nous a imposé, nous aurons atteint un stade supérieur de développement de l'espèce.Je ne sais pas si vous êtes un lecteur assidu de la Bible, ou si vous y jetez de temps à autres un coup d'oeil, mais cela nous permettrait de revenir aux âges d'or de l'Humain dont on nous parle dans la Génèse. (Si mes souvenirs sont bons.)Une ex, qui était très branchée religion, m'avait expliqué en quoi l'humain décrit dans la Bible n'avait fait que régresser au fil du temps. Au début il avait une espèrance de vie atteignant des siècles, et peu à peu cela s'est réduit.Peut-être que la Bible devrait se lire à l'envers : elle ne présenterai pas le passé mais le futur, et les différentes alternatives qui nous sont proposées.Si vous vous tenez au courant des recherches actuelles et des "grands projets" de plusieurs entreprises ou scientifiques, vous découvrirez de multiples voies assez impressionnantes. Multiplication de l'espèrance de vie, cybernétique de plus en plus poussée, utilisation des quanta, de l'antimatière, des nanotechnologies... (D'ailleurs, au sujet de ces dernières, plusieurs entreprises, y compris françaises, se lancent déjà dans des productions à cette échelle.)Deux voies s'offrent sûrement à nous pour le futur, en gros : soit nous serions capable de maîtriser la matière et certaines lois physiques qui nous soumettaient à leurs emprises jusqu'à présent, soit nous serions obligés de nous adapter au final à ces contraintes.Si nous devons nous soumettre aux contraintes entropiques, on peut imaginer une dynamique de retour à un interventionnisme fort (Avec toutes ses implications philosophiques, politiques, idéologiques, technologiques...) et à une "planification" légère...A.L.

enzo d'aviolo 13/03/2006 12:01

erreur de manip (sorry) je poursuis....
cachant forcément les travers que tu démontres.
Tout est dans le changement de mentalité lié à une autre façon de voir nos objectifs de citoyens au regard du constat de l'environnement qui nous entoure. (et le rapport à l'argent roi, n'est-ce pas majeur?)
Effectivement, la réduction aux problèmes de pollution pour expliquer cette volonté de changement de façon d'appréhender nos rapports à la croissance et à la consommation est réductrice et c'est dommage.
je suis effectivement intéressé par ton résumé sur la décroissance. je finis d'abord Georgescu-Roegen.....
Merci.

enzo d'aviolo 13/03/2006 11:55

Merci pour tout ce résumé exhaustif de la théorie de décroissance dont tu as justement requalifié le terme en a-croissance!
c'est ton point 7 que je retines le plus en opposition à une application stricte du terme de décroissance cachant

A.L. 11/03/2006 04:10

Cela concerne également le citoyen, le politique, le philosophe...:o)Le fait est qu'il faut sortir d'un imaginaire, d'idées reçues, d'une vision "de la croissance" et du sur-productivisme dans de nombreux domaines.Je ne sais pas si cela vous a déjà choqué, mais qu'il s'agisse des personnalités, des téléfilms, de publicités, de machines, etc tout est constamment boosté, amélioré, modifié dans une recherche de perfection quasi-inutile voire dégradante pour l'individu moyen.La différence norme/ordinaire est très importante, ainsi, et intéressante à développer : il faut constamment, soi-même, être plus performant, rapide, développé et productif.Sexuellement, avant tout. Et professionnellement. Psychologiquement, on fait marcher la machine sociale à coup de boosters chimiques.La frustration née de cette différence norme (Ce que l'on désire que les gens soient)/ordinaire. (Ce que les gens sont.)Ce qui n'est pas nécessairement bon en soi...Avec le progrès et le développement des industries et économies, on a voulu libérer les individus. On les a finalement aliéné de plus belle, et de la manière la plus vicieuse qui soit : ici, on oppresse pas. Ici, on fait aimer le système.Une belle citation de Maurice et Patapon, pour rester dans l'intellectuel : "Tu sais, la plus grande réussite des fast-food n'est pas d'avoir réussi à nous vendre de la merde...- Ha ?- ...mais de nous la faire aimer."C'est Huxley qui également s'inquiétait sur l'avenir de nos sociétés. A la fin de sa vie, il regrettait que son "Meilleur des Mondes" arrive plus tôt que prévu, avec l'explosion par exemple du traitement sous anti-dépresseur d'une partie de plus en plus importante de la population, des psys-prêtres, des optimisateurs à tout va et des optima dans tous les domaines à la chaîne.C'est toute une pensée qui nous sert actuellement de carcan, et ce n'est qu'avec un effort philosophique correct que l'on peut commencer à en sortir... (Enfin, selon moi hein !):o)A.L.