Prévisions de croissance : compléments

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Ceteris Paribus vient de poster un billet tout à fait intéressant sur les prévisions de croissance, en réponse à mon propre billet sur "les prévisions de croissance du gouvernement sont-elles crédibles?". Il montre à juste titre que  les écarts observés s'expliquent plus par la difficulté de l'exercice que par une sorte d'opportunisme des gouvernants, avec un bémol quand même pour 2006 (la prévision du gouvernement est significativement supérieure à celle des experts) et dans une moindre mesure pour 2005 (la prévision du gouvernement était aussi supérieure, mais dans une moindre mesure, à celle des experts, les experts s'étant significativement trompés avec des prévisions trop optimistes). Voir aussi sur ce sujet  le dossier dans Enjeux - Les Echos de janvier 2006 : "pourquoi les économistes se trompent (presque) toujours?".

Pour compléter l'analyse, je me suis amusé (!) à construire la courbe des taux de croissance du PIB pour  la période 1997-2005 (source des données : Insee) :

De 1997 à 2000, le taux de croissance est plutôt sur une pente croissante, les experts et le gouvernement ont tendance à sous-estimer la croissance. De 2000 à 2003, le taux de croissance diminue, les experts sur-estiment la croissance. 2004, le taux remonte, experts et gouvernements sous-estiment ; 2005, processus inverse...
Comment expliquer cela? J'attends vos propositions!

Publié dans Croissance

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brigetoun 20/03/2006 21:47

cela sert au moins à nourrir les économistes et leur permettre de monter de belles théories sur ce que devrait être l'emploi

vulgos 20/03/2006 18:45

Idem que econoclaste-alexandre un peu plus haut. Ils semblent fonder leurs prévisions sur l'année écoulée avec un (faible) écart positif ou négatif.
A première vue, cet écart accentue la tendance des deux dernières années si elle se limite à deux ans (ils prévoient l'accentuation de la tendance).
L'écart freine la tendance des dernières années si la tendance est de plus de 2 ans (ils prévoient le fléchissement de la tendance).
Inutile de dire qu'après des années d'euphorie, ils ne prévoieront jamais une récession soudaine (ils vont prévoir un léger tassement de la courbe). Ou l'inverse.
En fait, c'est un raisonnement qui se vaut (l'article cité par econoclaste-alexandre). Ce que je me demande, c'est pourquoi il faut des experts pour sortir des prévisions aussi prévisibles (imagine-t-on des météorologues Bac+5 pour nous dire qu'il fera à peu près le même temps demain qu'il a fait aujourd'hui?).

AJC 18/03/2006 16:05

Dans ce cas fallait pas faire économiste, mais financier.^_^

Djiheldé 18/03/2006 15:50

Pour AJC,
je suis ok, si c'est pour être isolé sur une ile ensoleillée, pleine de cocotiers au milieu du Pacifique

AJC 18/03/2006 06:07

"on voit que dans la pluspart des cas, le sens de variation des hypothèses de croissance des économiste est du même signe que celui de la croissance avec un an de retard."Une solution serait d'isoler sensoriellemet des économistes pendant 6 mois, histoire de leur faire perdre la notion du temps.Puis de leur dire que l'on est en 2007, et leur demander la croissance pour 2008. On obtiendrait la croissance pour 2007.Amicalement,AJC