Mercredi 3 septembre 2008
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C'est ce que l'on peut se dire après lecture du communiqué du
CNRS, relatif à une étude statistique de Pablo Jensen et al. (2008) :
Les chercheurs ouverts sur la société sont aussi les plus actifs académiquement ! C'est ce que vient de montrer une équipe pluridisciplinaire
menée par Pablo Jensen, directeur de recherches au CNRS. Leur étude statistique montre que les chercheurs qui participent à la diffusion de leurs recherches sont ceux qui publient le plus
d'articles. Et contrairement aux idées reçues, ces activités ne sont pas pénalisantes pour leur carrière.
Je n'ai pas pu voir l'article, le numéro d'août de Science and Public Policy n'étant pas encore disponible,
mais il y a une version antérieure ici, avec pages 11 et 12 des développements intéressants sur l'interprétation
des résultats. Notamment, sans surprise, l'idée que quand on publie plus, on est plus sollicité, et donc qu'on participe plus à la diffusion des recherches.
On notera la différence de présentation entre le CNRS et les auteurs sur l'autre résultat du papier : le communiqué CNRS finit
par ces mots "contrairement aux idées reçues, ces activités ne sont pas pénalisantes pour leur carrière". Le résumé, de
son côté, finit ainsi "However, their dissemination activities have almost no impact (positive or negative) on their career." Je vous
laisse apprécier la nuance.
Par Olivier Bouba-Olga
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Publié dans : Recherche
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Je vous recommande aussi les commentaires, croustillants.
http://freakonomics.blogs.nytimes.com/2008/08/19/freak-shots-is-beer-bad-for-science
Xavier
Le fait de se tenir naturellement au courant de ce qui intéresse les gens ne donne-t-il pas des idées de recherche plus facilement ?
quelques éléments de réponse à chaud pour Stéphane et Enro, ca demanderait sans doute des compléments :
* d'un côté, tenir un blog est chronophage, le temps disponible est limité, on pourrait donc penser que se lancer dans cette activité nuit au travail de recherche.
* d'un autre côté :
** Ca me pousse à faire beaucoup plus de veille qu'auparavant, côté médias généralistes, d'une part, côté documents de travail, articles de recherche, ... d'autre part. Dans le premier cas, je ne sais pas si c'est utile à mon travail de recherche, globalement plutôt non. Dans le deuxième cas, si : j'ai pu dénicher notamment des working papers que je n'aurai sans doute pas cherché (donc pas trouvé) auparavant, trituré des données nouvelles, etc...
** Tout ce que je lis n'est pas lié à mes thèmes de recherche, loin de là : disons que le blog me permet un peu d'approfondissement (de mes thèmes) et beaucoup d'élargissement (ouverture à d'autres thèmes), ce qui est tout à fait enrichissant d'un point de vue personnel,
** autre intérêt évident : j'ai été contacté par pas mal de monde (journalistes, responsables d'entreprises, d'institutions, ...), ce qui me permet certes de diffuser des connaissances produites dans la sphère académique, mais ce qui me permet aussi, en retour, de nouer de nouveaux contacts utiles à mon travail de recherche (je peux enquêter auprès d'entreprises, être invité dans des séminaires pendant lesquels je rencontre d'autres chercheurs avec qui je peux entamer des collaborations, identifier éventuellement des projets intéressants, etc...),
Tout ceci n'est pas lié uniquement au blog, plutôt, je pense, à mes tentatives de "vulgarisation" des connaissances scientifiques via mes livres, mon blog, des conférences, etc... Si je le fais, c'est pour deux raisons : i) j'aime ça, ii) je considère qu'il s'agit d'une mission essentielle des chercheurs : faire le pont entre la recherche et la demande sociale.
Ceci dit, ce genre d'activité n'est que très faiblement valorisable en termes de carrière, je ferais mieux de passer mon temps à bosser des articles pour des revues à étoiles, qui seraient lus par une dizaine de personnes dans le monde (je ne sais même pas si j'exagère en disant cela...). Mais je me dis qu'en prenant du temps pour ce genre d'activité, j'ai une plus grande utilité sociale, alors...
Bref, on est entre complémentarité et substitution, sans que je sache vraiment quel effet l'emporte...
PS : s'ils passent par là, j'aimerais bien avoir le sentiment de Gizmo, Etienne Wasmer, Baptiste Coulmont, etc...
C'est évidemment une activité très chronophage, et les économies d'échelle ne sont pas évidentes. Ceci dit, si on sais se contrôler, cela rentre aisément dans le temps de procrastination Internet du doctorant moyen (je suis malheureusement très au-delà de la moyenne en question, bref, passons). Ceci dit, mon blog m'a donné l'occasion d'être sollicité à plusieurs reprises, avec des fortunes diverses. Il m'a permis également d'entrer en relation avec des commentateurs réguliers qui m'ont apporté des références très intéressante, et signalé des évènements qui m'auraient par ailleurs échappé.
En réponse à Olivier, puisque j'y suis invitée. Une différence : je blogue sous pseudo (certes transparent pour qui veut se donner un peu de peine). Ce qui veut dire que ce que j'écris sur mon blog est un premier filtre. A la différence d'OBO, j'utilise donc très peu le blog comme vecteur de réseau social et universitaire, puisque je refuse systématiquement toute interview sur ce qui n'est pas dans mes thèmes de recherche (assurance et retraite). Ce qui veut dire, donc, que sur des sujets que je maîtrise un peu quand même, mais qui ne sont plus mes thèmes de recherche (monnaie, banque), je m'abstiens de vulgariser à vaste échelle (parce qu'entre une interview dans les grands médias de la presse écrite et audiovisuelle, il y a un écart d'audience de 1 à 1000).
Pour la carrière, c'est probablement très néfaste : chronophage, et peu valorisé par la moyenne des pairs, qui y voient un aimable passe-temps. Je pense que mon blog P&Q est considéré comme beaucoup plus utile. Mais comme ma carrière est derrière moi...
Pour les motivations, elles sont les mêmes que pour tous les blogueurs je pense : j'aime comprendre, et essayer de faire comprendre est un bon moyen de comprendre soi-même. J'aime écrire aussi, dans un style et format qui sont très éloignés du globish académique.
Mais il est possible que j'arrête prochainement, pour des raisons de nouvelles fonctions universitaires qui risquent de m'éloigner de la recherche et de l'économie.
Je ne sais pas non plus si tenir un blog est valorisé en terme de carrière (je suis trop jeune). J'avais un site personnel depuis fin 1995, et un blog depuis 2003 quand j'ai été recruté en 2004. En tout cas, je n'ai jamais eu de réactions négatives des collègues.
Pour tout dire... j'ai du mal à évaluer les conséquences. Elles ne peuvent pas être pire qu'écrire sur les sex-shops...
je vous écris en tant que jeune chercheur en Economie.
Je suis tombé sur votre message qui recommende la création de blog aux Chercheurs.
Je suis à la recherche de commentaires sur mon projet d'article. Pourriez-vous m'aider à inviter des spécialistes en Théorie de la croissance ?
Je vous remercie.
Cordialement