L'UMP prend le large : UMP : 6 - PS : 2

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Dans le match UMP-PS sur "un jeune sur quatre est au chômage", l'issue de la rencontre ne fait plus guère de doute : Vulgos m'informe ainsi que Valérie Pécresse, dans l'émission Mots Croisés de France 2, a affirmé que "25% des jeunes sont au chômage" ; Bridgetoun a relevé également l'erreur chez Jean-Louis Debré ce matin sur France Inter. 

UMP 6 - PS 2, on dirait la coupe du monde de foot de 1954...

Vu l'enterrement du CPE, on peut penser que la fin du match est pour bientôt. Reste à savoir quelle idée reçue va supplanter la première. Je pense que l'idée #2 a de bonnes chances de s'imposer, mais il doit y avoir d'autres candidats... j'attends vos pronostics!
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vulgos 18/04/2006 18:47

"Ceci ne touche pas l'ensemble des filières, mais certaines filières plus que d'autres. Les réponses à apporter ne sont pas simples, à moins d'obliger les gens à s'inscrire dans les filières porteuses..."
Sur ce point, avez-vous des comparaisons internationales? C'est peut-être une idée reçue mais on a souvent l'impression qu'un diplômé du supérieur s'en sort mieux dans les pays anglo-saxons, quelle que soit la filière (ou la réputation de l'école).
"l'élévation du niveau de formation s'explique par le fait que la croissance économique se nourrit de l'innovation, et que l'innovation est de plus en plus intensive en connaissances pointues."
A ce rythme, faudra un bac+15 dans un siècle... :)

Olivier Bouba-Olga 18/04/2006 17:56

Il est clair qu'il y a 20 ans une personne bac+3 faisait partie de l'élite, aujourd'hui c'est moins vrai, compte tenu de la démocratisation (d'autres diront massification) de l'enseignement supérieur. quelques remarques :* si globalement le diplôme protège, il est vrai que certains diplômés du supérieur se sentent mal soit parce qu'ils ne trouvent pas de travail, soit parce qu'ils sont victimes d'un déclassement. Ceci ne touche pas l'ensemble des filières, mais certaines filières plus que d'autres. Les réponses à apporter ne sont pas simples, à moins d'obliger les gens à s'inscrire dans les filières porteuses...* l'élévation du niveau de formation s'explique par le fait que la croissance économique se nourrit de l'innovation, et que l'innovation est de plus en plus intensive en connaissances pointues. Les jeunes sont donc tenus d'aller de plus en plus loin dans les études (pas tous bien sûr, il y a d'autres logiques à l'oeuvre), en contrepartie, ils ont un niveau de vie supérieur (retour sur investissement).

vulgos 18/04/2006 17:31

"mais globalement, les formations de haut niveau permettent de trouver plus facilement du travail et de disposer de niveaux de rémunération plus importants."
 
Pour ma part, je ne discute pas qu'un diplômé d'aujourd'hui trouve plus facilement du travail et dispose de niveaux de rémunération plus importants qu'un non diplômé d'aujourd'hui. Les chiffres que tu as donné sont là pour le démontrer. Je veux bien même accepter qu'un diplômé d'aujourd'hui vit mieux qu'un non qualifié de l'époque. Mais entre un diplômé d'aujourd'hui et un diplômé d'il y a 40 ans, est-ce si clair? Intuitivement, on ne peut s'empêcher de penser: en quoi le niveau de vie s'est-il élevé à qualification égale? Et  peut-être ne faut-il pas seulement prendre en compte ici le niveau de vie absolu mais aussi le relatif? Je veux dire que même dans les hauts revenus, il y a eu un accroissement des inégalités entre par exemple un bac+5 et un bac+5 suivit d'un MBA aux USA. Cela n'aurait-il pas dû plutôt avoir l'effet inverse?
Si donc il y a eu inflation du niveau de qualification sans amélioration du revenu relatif, sans baisse des inégalités (entre qualifiés), l'état et l'étudiant ont payé l'investissement accru mais qui a bénéficié de cela?
PS: encore une fois, j'ai des gros doutes sur ce que j'avance comme questionnement, j'ai du mal à l'exprimer et je dis peut-être des absurdités. Mais Michel Gross au départ m'a semblé exprimer une intuition fort répandue qui n'est peut-être pas sans fondements (et qui expliquerait le malaise actuel?): on se sent inexplicablement floué après un bac+5, même si cela nous permet de trouver un boulot plus facilement que sans cette qualification...
 

Olivier Bouba-Olga 18/04/2006 15:49

je ne crois pas qu'il y ait de perte depuis 40 ans : les pays développés se caractérisent par une évolution tendancielle des niveaux de vie, d'une part, des niveaux de formation, d'autre part. Certes, la répartition des revenus est inégale, certains diplômés ont du mal à trouver du travail, mais globalement, les formations de haut niveau permettent de trouver plus facilement du travail et de disposer de niveaux de rémunération plus importants (je le redis une fois encore : je ne dis pas que tout va bien dans le meilleur des mondes, mais qu'il faut cibler les bons problèmes).D'autre part, il ne faut pas être trop économiciste : l'élévation du niveau de formation répond aussi à une demande des individus en dehors de toute préoccupation en termes d'emploi. Poursuivre des études, c'est aussi s'ouvrir au monde, mieux comprendre le monde dans lequel on vit, etc.Enfin, sur les inégalités en termes de revenu, sachez qu'elles proviennent pour une grande part non pas des différences de salaires, mais des différences en termes de revenu du patrimoine : certains sont "mieux nés" que d'autres...

vulgos 18/04/2006 15:34

Je crois que Michel Gross exprime une certaine vérité. La situation de nos diplômés d'aujourd'hui n'est sans doute pas meilleure que celles de nos non qualifiés d'il y a 40 ans qui trouvaient un job relativement bien payé sans devoir passer par de longues études. Il y a là une perte sèche (années de travail et de salaire perdues + coût des études) qui n'est sans doute pas compensée au bout des études. Toutefois, cette inflation à la qualification semble avoir eu lieu dans tous les pays industrialisés. Et même si au bout ces diplômés s'en sortent avec des salaires de départ plus avantageux aux USA ou en GB (ce qui est à vérifier), cela semble se payer quelque part, par une situation plus difficile pour les non qualifiés.
Si ce raisonnement est correct (et a un sens), d'où provient la perte subie depuis 40 ans? A qui a bénéficié ce coût d'investissement supérieur nécessaire pour pouvoir trouver un emploi?