Lundi 5 juin 2006
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08:45
J'ai évoqué rapidement dans mon dernier billet quelques idées reçues véhiculées par un ancien Ministre de l'Education Nationale. Afin de compléter et mieux cibler les problèmes éventuels, petit exercice statistique.
Supposons quà la date t, 50% des élèves poursuivent leurs études jusqu'au bac ; 50% s'arrêtant à un niveau inférieur. Supposons en outre que le niveau moyen pour ceux allant jusqu'au bac soit de 100, et de 50 pour ceux s'arrêtant plus tôt.
Entre t et t+n, on va supposer, hypothèse qui me semble pertinente, que la proportion de ceux allant jusqu'au bac augmente significativement, disons à 80% (c'est l'objectif annoncé). Les 20% restant arrêtent leurs études avant le bac. On peut supposer que cette massification de l'enseignement conduit à une érosion du niveau moyen observé au bac (les enseignants ont du mal à s'adapter à leur nouveau public, les moyens ne suivent pas, les élèves continuant leurs études ont un niveau initial de capital humain, social, culturel plus faible, etc...), qui passe, disons d'un indice 100 à un indice 90 (cette baisse serait à valider empiriquement). Je supposerais que le niveau de ceux s'arrêtant plus tôt est inchangé (indice 50), même si l'hypothèse d'une augmentation serait sans doute plus pertinente.
Quid de l'évolution du niveau moyen?
L'évolution du niveau moyen
| |
niveau bac
|
niveau inférieur
|
niveau moyen de la population |
| |
effectifs |
indice de niveau |
effectifs |
indice de niveau |
|
| t |
50% |
100 |
50% |
50 |
75 |
| t+n |
80% |
90 |
20% |
50 |
82 |
Sous les hypothèses mentionnées, on observe que le niveau moyen global de la population augmente significativement, en dépit d'une baisse locale du niveau observé pour ceux allant jusqu'au bac. Etant donné que la massification de l'éducation touche à peu près tous les niveaux (collège, lycée, supérieur), l'ensemble des acteurs observent (ou pensent observer) localement une baisse et ne voient pas l'accroissement global du niveau des élèves.
Si l'on considère que ce petit modèle d'évolution est pertinent, le discours sur la baisse du niveau, et surtout les pseudo-explications que l'on s'empresse de développer tombent (les jeunes sont tous nuls, y'a plus que leurs jeux vidéos, feuilletons et sms qui les intéressent / les méthodes pédagogiques des enseignants sont toutes nulles, pas étonnant avec un tel ramassi de fonctionnaires marxistes, etc...). Le problème tiendrait plutôt à la "massification" de l'enseignement secondaire et supérieur, et à la difficulté d'encadrement de ce nombre croissant d'élèves et d'étudiants. Une fois encore, je renvoie à ce petit texte, qui permet de bien poser les bases du problème.
Par Olivier Bouba-Olga
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Publié dans : Dictionnaire des idées reçues
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