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Je suis maître de conférences à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Dimanche 22 mars 2009 7 22 03 2009 08:00
Un discours dominant en France, à droite comme à gauche, consiste à dénoncer les méfaits du capitalisme financier, synonyme de prise du pouvoir par les investisseurs institutionnels (les "zinzins"), qui seraient uniquement obnubilés par la rentabilité financière à court terme. Ce court-termisme nuirait à la croissance économique, car il pénaliserait les investissements de long terme, notamment en innovation.

Thesmar et Landier ont montré que nombre des arguments avancés par les auteurs de cette thèse sont démentis par les faits (voir la note de lecture de leur ouvrage sur Econoclaste). J'avais également indiqué ici que
plusieurs études montraient l'hétérogénéité des zinzins,  la variabilité de leur horizon temporel, leur impact différencié sur les performances des entreprises, ainsi que leur poids très variable selon les pays.

Un nouvel article de Aghion, Van Reenen et Zingales (working paper du CEPR dont on trouve une synthèse ici) complète le tableau, en présentant des résultats particulièrement intéressants sur le lien entre poids des investisseurs institutionnels et performances en matière d'innovation. Il montre d'abord que le poids des zinzins est passé, aux Etats-Unis, d'environ 5% en 1950 à plus de 60% en 2005, puis  (et surtout) que les performances en matière d'innovation des entreprises sont positivement et fortement corrélées au poids des zinzins dans leur capital.

Comment expliquer ce lien? Selon les auteurs, les managers sont en général peu enclin à investir dans l'innovation, activité risquée par excellence, car en cas d'échec, ils seraient rapidement désignés comme responsables.  Les zinzins seraient eux incités à collecter beaucoup plus d'informations sur l'effort réel des entreprises, et pénaliseraient moins les dirigeants malchanceux dans leur activité d'innovation.

Pour tout dire, je ne suis pas totalement convaincu par l'explication, mais n'ayant pas lu en détail leur article, je me garderai bien de la contester. Et cela n'enlève rien à la corrélation observée, suffisamment intéressante pour être signalée...

trouvé via Rationalité Limitée
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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