Les enfants de riches sont-ils plus intelligents?

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Débat intéressant sur les blogs d'économistes américains, suite à la publication par le New-York Times de ce graphique, qui montre que les scores d'élèves à différents tests (lecture, écriture, maths) augmentent avec les revenus des parents :


Greg Mankiw estime qu'il s'agit de la corrélation la moins suprenante qui soit : elle s'explique selon lui par une variable omise, le QI des parents. Des parents au QI élevé vont pouvoir obtenir une situation professionnelle meilleure, donc de meilleurs revenus ; l'intelligence étant pour partie héréditaire, leurs enfants vont eux-aussi être dotés d'un QI supérieur à la moyenne, et donc obtenir de meilleurs scores aux tests.
Interprétation qui a fait bondir Paul Krugman et Matthew Yglesias. Ils reprochent à Mankiw de laisser entendre que les différences de revenu aux Etats-Unis s'expliquent uniquement par des différences de talent individuel. Matthew Yglesias se réfère à une étude par inintéressante, qui mesure la proportion d'enfants allant à l'Université en fonction du revenu des parents et en fonction des scores obtenus par ces enfants à différents tests passés plus jeune :


Le graphique montre que même en neutralisant les différences de réussite aux tests de math, les enfants de riches ont une propension plus grande que les enfants de pauvres à poursuivre leurs études. Krugman renvoie à une autre étude qui montre que les enfants les moins bons aux tests de math mais dont les parents ont des hauts revenus obtiennent aussi fréquemment leur bachelor que les enfants les meilleurs aux tests mais dont les parents ont des bas revenus. Brad de Long complète par quelques calculs, pour montrer que la corrélation entre QI des parents et QI des enfants explique environ la moitié de la corrélation entre revenus des parents et score des enfants.

Marginal Revolution, enfin, reprend les résultats d'une étude particulièrement intéressante, qui s'appuie sur des données concernant des familles ayant des enfants biologiques et des enfants adoptés, l'enjeu étant de mesurer la relation éventuelle entre le revenu des parents et celui des enfants adoptés/non adoptés :


Les courbes montrent le lien fort entre revenu des parents et des enfants biologiques, et l'absence de lien entre revenu des parents et des enfants adoptés. On apprend également dans l'étude que la probabilité d'obtenir un diplôme d'Université augmente quand la mère est allée elle-même à l'Université, mais cette augmentation est plus forte pour les enfants biologiques (+26%) que pour les enfants adoptés (+7%). Une preuve apparemment solide des l'importance  des effets génétiques...
Certains pourront dire que, peut-être, les parents traitent différemment leurs enfants biologiques et leurs enfants adoptés, mais ca semble peu crédible comme hypothèse. Se pose également la question de l'âge auquel les enfants ont été adoptés : si ce n'est pas à la naissance, on peut penser que les écarts observés témoignent de l'importance des premières années d'éducation, plus que de l'effet génétique. Je n'ai pas trouvé l'info sur ce point (je n'ai pas beaucoup cherché il faut dire...).
Quelques propositions pour finir, histoire d'appâter le commentaire :
proposition 1 (évidente) : il vaut mieux avoir des parents riches et intelligents que pauvres et bêtes (proof : see graph 2)
proposition 2 (plus subtile) : il vaut mieux avoir des parents riches et bêtes que pauvres et intelligents (proof : see graph 1 & 2 and here)
proposition 3 (cynique) : si vous avez des parents pauvres et bêtes, ne cherchez pas à vous faire adopter par des parents riches, ca ne changera rien à votre situation future. Cherchez éventuellement des parents riches et intelligents, mais sachez que ca n'améliorera qu'à la marge votre situation... (proof : see graph 3 and comments below)

Publié dans Divers

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comptable 03/05/2010 09:06



Il y a toujours une différence entre enfant riche et enfant pauvre. Leurs habitudes alimentaires ne sont pas les mêmes, l'un est complet en matière d'apports en tous genre, l'autre est limité à
l'essentiel. L'enfant d'un petit comptable ne jouira pas des avantages qu'un enfant de directeur. Le salaire du comptable est bien bas.



Basta 27/01/2010 02:16


 Belle petite imitation des innombrables offensives prétendument basées sur des recherches scientifiques qui ne cessent d'être publiées. Le but ? Pomper le fric de l'État (NOTRE
fric) pour l'acheminer vers les "écoles d'élite" au détriment des écoles publiques. 


smartsaver 07/11/2009 15:50



A propos de la variable QI :


Dans quelle CSP trouve-t-on le plus d’enfants significativement plus intelligents ?


Données quantitatives et inégalités sociales


Environ 5 % des enfants sont intellectuellement précoces (enfant dont l'âge mental est en avance de plusieurs années par rapport à l'âge réel
physique et affectif. On dit qu'il est EIP lorsque son QI mesuré par des tests psychométriques (WISC 3)( pas des tests de maths et de français) dépasse 125.Le QI moyen de
la population est basé à 100.


Une étude nationale de l'INED, réalisée sur 100 000 élèves de 6 à 14 ans, met en évidence qu'il y a, en
valeur absolue, parmi les enfants dépassant un QI de 125, autant d'enfants provenant des catégories professionnelles ouvriers - employés que d'enfants provenant des catégories cadres supérieurs - professions
libérales.


Or, on ne retrouve pas ces effectifs au niveau de l'enseignement supérieur puisque, toujours en valeur absolue, les enfants des cadres supérieurs - professions libérales s'y retrouvent deux fois plus nombreux que les enfants d'employés -
ouvriers.


« Ce décalage est la conséquence de l'influence du contexte socio-économique et culturel dans lequel vit l'enfant, mais également de l'incapacité de l'école
actuelle à aider au développement personnel optimal de chaque enfant, particulièrement en ce qui concerne les enfants surdoués issus de milieux sociaux défavorisés. » [J.-C. Terrassier : « Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante »]


Attention,il faut savoir qu 'un enfant précoce n'est pas forcément un bon élève, comme il est vrai qu'un bon élève n'est
pas forcément précoce !


La précocité intellectuelle- par Jean-Charles TERRASSIER, Jean BRUNAULT,
Robert PAGÈS – Psychologues http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Charles_Terrassier  extrait
de   http://eeip.free.fr/JCT_EIP.html




nicolas 02/10/2009 13:38


bonjour
je ne sais pas comment marginal revolution a fabriqué ses stats, mais pour comparer les résultats parents-enfants bio et parents-enfantsadoptés encore faut-il que les répartitions des
parents (en fonction du revenu, diplômes...) soient les mêmes dans les deux groupes. je ne connais pas les chiffres aux USA (mais je m'en doute quand même un peu), en tout cas en France les 2/3 des
parents adoptants sont cadres (j'avais trouvé un doc sur économie et statistiques de l'insee, mais impossible de remettre la main dessus) pour un poids d'environ 15% dans la population active- il
n'y a donc pas grand chose d'étonnant à ce que l'impact marginal du diplôme de la mère sur la  poursuite des études des enfants adoptés soit relativement faible; cordialement, nicolas


Vincent 08/09/2009 06:19

Concernant le premier graphique :Ecriture, lecture et mathématiques ne sont pas testées en ce qui concerne le QI, rien ne permet d'établir une quelconque corrélation. Ce n'est pas l'intelligence que l'on mesure ici.Pour exemple, de nombreux enfants à QI élevé sont au contraire en situation d'échec scolaire."les enfants de riches ont une propension plus grande que les enfants de pauvres à poursuivre leurs études", rien de bien nouveau donc.Par rapport à l'article de de Long, j'ai trouvé ici qu'une "étude de l'INED de 1973 avait trouvé un même nombre réels de surdoués dans les milieux défavorisés, pris dans leur ensemble, que dans les milieux socialement élevés." Je n'ai lu en profondeur ni l'une ni l'autre des études.Enfin, comparer les revenus d'enfants adoptés ou non ne dit rien de plus sur le QI, sauf a avoir au minimum solidement prouvé que le revenu est directement lié au QI, et bien dans ce sens là. Ce n'est aujourd'hui pas le cas.La démarche est certainement plus idéologique qu'autre chose, il est dommage de vouloir lui donner plus de poids par de prétendues corrélations ou démonstrations.