La mobilité quotidienne des habitants

Publié le par Olivier Bouba-Olga

On l'a vu l'autre jour, la taxe carbone risque d'affecter différemment les individus en fonction de leur revenu. Elle risque aussi d'avoir des effets différenciés en fonction de la localisation des personnes, étant entendu que ces deux éléments sont en partie liés. Un document récent de l'Insee permet de se faire une petite idée sur la question.

Résumé : Entre 1994 et 2008, la mobilité locale en France métropolitaine a peu changé, en moyenne. Mais cette stabilité d’ensemble est trompeuse car grandes agglomérations et zones rurales ou faiblement urbanisées évoluent en sens opposé. Dans les grandes agglomérations, les actifs et les étudiants se déplacent en 2008 moins souvent et moins longtemps au cours d’une journée qu’en 1994. Ils sont plus nombreux à n’aller qu’une fois dans la journée à leur lieu de travail ou d’études, sans pour autant réaliser d’autres activités à l’extérieur. En dehors des grandes agglomérations, les habitants parcourent des distances de plus en plus longues entre leur résidence et leurs différents lieux d’activité, notamment les lieux de travail ou de courses. Les ménages utilisent davantage leurs voitures et ils en possèdent davantage qu’en 1994.

On y apprend plus précisément que la distance à vol d'oiseau entre lieu d'habitation et activités, hors des grandes agglomérations, a augmenté de 12% sur la période. Pour la distance domicile-travail, l'augmentation monte à 26% et à 22% pour la distance domicile-études. Dans les grandes agglomérations, les chiffres sont respectivement de -1% pour l'ensemble des activités et de 10% pour les trajets domicile-travail (pas d'évolution pour domicile-études). Evolutions qui s'expliquent assez largement par les phénomènes de périurbanisation et par la fermeture de certains équipements et établissements en zone rurale.

Le gouvernement a bien conscience de l'existence de ces inégalités non seulement sociales mais aussi spatiales (voir ici par exemple), toute la question, encore une fois, étant de savoir comment on peut limiter ces effets inégalitaires. De la difficulté de faire du développement durable...

ps : toujours sur la taxe carbone, ne pas rater les billets d'Antoine B. sur Optimum: dans le premier, il défend le principe d'une taxe, dans le deuxième, il discute du montant de la taxe. En mentionnant au passage un effet pervers possible (réduction des motivations intrinsèques suite à l'instauration de la taxe), largement discuté dans le premier chapitre des Stratégies absurdes
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Publié dans Environnement

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Pierre 05/09/2009 16:25

Oui mais on touche là en partie à ce qui est un choix de mode de vie (je pense à la périurbanisation, qui n'est qu'une partie de ce que vous évoquez) qui risque de ne plus être tenable si on cherche à économiser du pétrole et qu'il peut devenir contreprodictif de subventionner. Même si ce que je dis n'est pas très charitable pour ceux qui avaient pas prévu qu'acheter une maison à la campagne aller leur coûter cher quand l'essence serait à 1€50 le litre