De l'utilité du modèle HOS...

Publié le par Olivier Bouba-Olga

L'un des modèles importants de l'économie internationale est le modèle HOS (Heckscher - Ohlin - Samuelson). Il explique la spécialisation des pays par les dotations en facteurs de production. Il stipule plus précisément qu'un pays a intérêt à se spécialiser dans la fabrication du bien qui utilise intensivement le facteur (relativement) abondant du pays (pour quelques développement, cf.  ici). Le capital est relativement abondant aux Etats-Unis, le travail relativement abondant au Mexique, logique que le premier pays se spécialise dans la fabrication des biens qui utilisent intensivement le capital, le Mexique se spécialisant dans la fabrication des biens qui utilisent intensivement le travail ; les deux pays s'échangeant ensuite les biens fabriqués (Logique mais démenti par Léontieff (d'où le paradoxe eponyme), qui montra que les Etats-Unis étaient spécialisés dans la fabrication de biens utilisant intensivement du travail. Paradoxe que l'on peut lever, si on distingue travail qualifié et travail non qualifié).
Bon, ce modèle souffre de plusieurs limites, je ne m'étends pas ; il explique notamment très mal le fait que les échanges internationaux concernent pour l'essentiel des pays aux dotations similaires. Si bien qu'en faire la grille de lecture de référence pour comprendre l'évolution actuelle des relations économiques internationales n'est pas très pertinent. Mais, et c'est là où je voulais en venir, il ne faut pas pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain : il explique plutôt bien, par exemple, la division du travail à l'échelle internationale qui a été opérée pour livrer aux consommateurs du café Starbucks (source ici) :
Le Brésil est premier producteur mondial de sucre ; Canada, Etats-Unis, Finlande et Suède sont les principaux producteurs et exportateurs de papier ; le café provient d'Amérique Centrale et d'Afrique de l'Est, etc... On se divise donc le travail entre tout ce "petit monde", et on va livrer ça aux consommateurs de la planète.
A ce sujet, on notera que la géographie de la demande est plutôt marquée, comme quoi on est encore loin d'une uniformisation des habitudes de consommation (Personnellement, je n'ai jamais bu de ce doux breuvage, j'attends le "retour d'expérience" des lecteurs de ce blog!).

[à noter d'autres infographies plutôt intéressantes sur le même site]

Publié dans Territoires

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bébé 11/01/2011 19:55



bonjour , je ne suis pas une pro de l'eco!!


je voudrais juste s'avoir si vous pouvez m 'aider sur un sujet:


Dans les 20 ans avenir avec le developpement du modele HOS quelle sera quelle sera la place de l'union economique europeene dans les echanges des produits agroicoles,manufacturer et des services.


Merci d'avance en espérant que vous pourrez m'aider le modele HOS j'ai compris mais je sais pas trop comment expliquer ca place dans UEE


Si vous pouvez m'expliquer avec des mots assez simples svp



karim 13/11/2008 19:03

Bonsoir , je viens de découvrir ce blog , que je le trouve au passage trés intéressant . Ma question est connaitre d'une maniére trés simplifiée la théorie HOS , ricardo et Léontieff.merci

Olivier Bouba-Olga 02/09/2006 07:14

@frednetick : et bien justement ! je reviens de genève, et mon hotel était face à un starbucks! j'ai donc pu testé... Franchement, quand je commande "un petit café" et qu'on m'amène un quart de litre de breuvage noir, ca me fait bizarre. choc culturel. Bon, il n'était pas mauvais, mais pas extra. Sont pas près de s'installer en Italie, à mon avis...

Frednetick 01/09/2006 10:42

Je découvre votre blog et j'aime bien ce ton pédagogique matiné de causticité...Pour répondre à votre question, le goût des cafés StarB ,n'est pas vraiment inoubliable... : )

Olivier Bouba-Olga 28/08/2006 22:36

@AJC : l'économie est aussi un construit politique, bien sûr. Un modèle comme HOS permet de dire vers quel type de spécialisation on aurait intérêt à aller. (étant entendu que ce modèle repose sur des hypothèses, que ce genre d'analyse peut faire débat, etc...). Après, les politiques peuvent faire d'autres choix, bien sûr!  Non, à ma connaissance, le FMI, l'OMC et la BM ne dictent pas les spécialisations aux pays...  Sur le dernier point, certains défendent effectivement l'idée d'une protection temporaire, depuis longtemps et avec différents arguments. Il ne s'agit pas de sortir de la logique division internationale du travail, mais plutôt de s'y insérer autrement.