Une délocalisation... vers la France !

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Hier après-midi, Sonya Faure, journaliste à Libération, m'a contacté pour évoquer le cas de l'entreprise Samas, qui s'était implanté en Chine il y a quelques années... et qui a décidé de se relocaliser en France.  Une délocalisation de la Chine vers la France en quelque sorte (oui, je sais, ce n'est pas tout à fait ça, mais c'était pour le plaisir du titre)...

J'en avais parlé ici, suite au petit article paru dans les Echos. J'ai orienté la journaliste vers mon billet sur l'étude McKinsey, dont elle reprend certaines des conclusions. J'ai également insisté lors de notre échange sur le fait que les délocalisations vers les pays en développement pèsent peu (5% des emplois détruits), point qu'elle reprend en conclusion. La source de cette information est  l'article de Fontagné, plus précisément cet extrait (p. 24) :
[En Europe] sur les quelques 1 500 restructurations d’entreprises recensées par le European Monitoring Center on Change du 1er janvier 2002 au 15 juillet 2004, les délocalisations ne représentent que 7% des opérations et seulement 5% des emplois supprimés.

Les déclarations des différents acteurs de l'entreprise Samas sont particulièrement intéressantes : nécessité de prendre en compte les coûts de transport, les délais de transport, la réactivité de l'entreprise, la proximité client-fournisseur, les possibilités de réorganisation sur place, etc... bref, de prendre en compte l'ensemble des coûts, non pas seulement les différentiels de coût du travail.

A souligner notamment l'affirmation suivante de Valentin Schmitt, directeur des opérations de Samas France :
On le sait, les clients réclament un service plus qu'un produit. Ce qui suppose une proximité avec eux.

Nous sommes dans une économie d'interactions souvent étroites et fréquentes, qui supposent donc encore et toujours, en dépit de l'approfondissement de la mondialisation, un degré plutôt élevé de proximité spatiale...

Publié dans Entreprise

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ed hardy schuhe 28/06/2010 10:33



Je pense que vous faites un mauvais procès aux dirigeants : ils ne se fichent pas seulement des sciences sociales, mais aussi des sciences tout court.



links of london charms 28/06/2010 10:31



Comme le dit si bien Aliocha, tout le monde un peu informé, trader financier, contrôleur, sais bien que la SG ment.



ed hardy schuhe 28/06/2010 10:21



Votre article me rappelle les cours de ce cher Pr Fontagné ! C'est, en entre autre, grâce à des professeurs comme lui que j'ai compris l'intérêt d'étudier l'économie pour comprendre des
phénomènes qui dépassent très largement cette discipline........Je prévois de publier un article sur les délocalisations bientôt...



tiffany jewellery 28/06/2010 10:18



De manière générale, toutes les études convergent pour montrer le faible poids des délocalisations vers les pays en développement dans les destructions d'emploi. Une étude récente et
méthodologiquement très intéressante est de l'Insee, voici le lien :
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ECOFRA05b.PDF



Olivier Bouba-Olga 05/01/2007 13:45

@ lex a. : oui, bien sûr il y a des problèmes de collecte statistique et de méthodologie, comme dans tout exercice de quantification. Sur l'étude cité vous devez pouvoir la retrouver via le document de Fontagné.De manière générale, toutes les études convergent pour montrer le faible poids des délocalisations vers les pays en développement dans les destructions d'emploi. Une étude récente et méthodologiquement très intéressante est de l'Insee, voici le lien :http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ECOFRA05b.PDFvoir aussi pour une autre approche ce petit document d'alter éco:http://www.alternatives-economiques.fr/site/images_site/imageparnumero/hs66-004.pdf