N'allez pas (trop souvent) à la messe...

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Vous vous souvenez peut-être de cette étude sur les connaissances scientifiques des européens, commentée dans un précédent billet. 13 propositions scientifiques ont été proposées aux citoyens des pays de l'Union, à charge pour eux de dire, pour chacune d'entre elles, si elle est vraie ou fausse, ou dans le doute de s'abstenir. C'est ainsi que l'on apprend que 29% des personnes interrogées pensent que le Soleil tourne autour de la Terre (score significativement inférieur à celui obtenu par le public de "Qui veut gagner des millions", rappelons-le).

Petit complément : l'étude s'interroge ensuite sur certaines caractéristiques des personnes interrogées, et croise ces caractéristiques avec les scores obtenus. C'est ainsi que l'on dispose de résultats liés à la pratique religieuse des répondants. Voici le tableau (p. 44 du rapport) :

Résultat plutôt intéressant : la moyenne "bonnes réponses" décroît avec la fréquence de la pratique religieuse. Le score est particulièrement mauvais pour ceux qui se rendent plus d'une fois par semaine aux "services religieux". C'est en fait la caractéristique qui conduit au deuxième plus mauvais score, juste derrière le fait d'avoir arrêté ses études à 15 ans (cf. le tableau complet, p. 44).

On note en passant que la moyenne "mauvaises réponses" croît, mais moins fortement, avec la fréquence de la pratique religieuse : c'est plutôt la part des non réponses qui augmente (dans le doute, abstiens-toi...).

Autre petite remarque : le meilleur score n'est pas obtenu par ceux qui n'ont aucune pratique religieuse (70% de bonnes réponses), mais par ceux qui ont une pratique inférieure à moins d'une fois par an (71% de bonnes réponses). Certes,  la différence est sans doute non significative; d'autant plus que la moyenne "mauvaises réponses" est inférieur d'un point. Mais bon, ceux qui le souhaitent peuvent continuer à aller à la messe, mais moins d'une fois par an, du moins s'ils veulent avoir de bonnes notes en sciences...

Publié dans Divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Lionel 28/02/2007 17:02

Est-il pris en compte dans cette analyse que trois des questions posées sont des questions sujettes à polémique ?
Ca ma semble un sacré biai pour que cette étude puisse être significative...

Lionel 28/02/2007 17:01

Est-il pris en compte dans cette analyse que trois des questions posées sont des questions sujettes à polémique ?
Ca ma semble un sacré biai pour que cette étude puisse être crédible et avoir le sens qu\\\'on lui prète...

camille 02/02/2007 14:53

de mieux en mieux ce blog on en apprend tous les jours. c'est une blague bien évidemment........

leconomiste 31/01/2007 10:35

Euh, là, quand même, il faut se poser des questions, parce que les corrélations, il y en a quand même à la pelle. Il faudrait commencer par mettre des indicatrices de pays, pour neutraliser le fait que les pays où la pratique religieuse est la plus répandue sont aussi des pays qui ne brillent pas par la qualité de la formation scientifique de leur population, ce pour des raisons exogènes (la Pologne, pour commencer). Ensuite, l'article parle de "religious services", par de "messe" : quid de l'influence des musulmans, plus pratiquants et moins éduqués ? On a également évoqué plus haut le biais voulant que la pratique (ou au moins la déclaration de pratique) soit plus fréquente dans des populations moins formées. Ensuite, pourquoi n'a-t-on pas au moins les écarts-types de ces moyennes ? Je doute que les différences en termes de mauvaises réponses soit significatifs, et de même je pense que la taille des échantillons dans certaines catégories soit suffisante.Bref, comme WIlliam, je regrette que l'auteur de se blog se soit ici laissé allé à négliger les précautions élémentaires dans la présentation et l'interprétation de résultats statistiques.

Olivier Bouba-Olga 31/01/2007 06:44

@ Alexandre : référence intéressante. Mais j'ai un vrai problème avec les travaux de Barro en termes de convergence conditionnelle : on trouve tellement de variables structurelles significatives, qu'on ne sait plus ce qui est structurant... Cf. par exemple les critiques de Durlauf et Quah (dans ce papier je crois : http://www.nber.org/papers/w6422.pdf).