Les dirigeants d'entreprises sont-ils les mieux placés pour parler d'entreprise et d'économie?

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Lorsqu'il s'agit de parler d'entreprise, les médias invitent souvent des chefs d'entreprises, à commencer par la "patronne des patrons", à savoir Laurence Parisot. Ce fut encore le cas lundi 6 février 2007 sur les ondes de France Inter. Non seulement on invite les responsables à s'exprimer sur l'entreprise, mais aussi, plus généralement, sur le fonctionnement du système économique et sur ce que devraient être les politiques économiques. A tel point que Laurence Parisot se propose de faire un exercice de pédagogie économique devant un aéropage de grands patrons, ou de commenter sur son blog les propositions de certains politiques (ici par exemple). A tel point, également, que certains responsables d'entreprise dénoncent la façon dont l'économie est enseignée dans les lycées, et se proposent de définir très précisément l'enseignement idéal (Pierre Bilger, par exemple - voir ma réponse sur mon blog et nos échanges dans les commentaires de son billet).

D'où deux questions : les dirigeants d'entreprises sont-ils les mieux placés pour nous dire ce qu'est une bonne entreprise? Sont-ils également bien placés pour nous dire ce qu'est une bonne politique économique ou un bon enseignement d'économie? Quelques éléments de réflexion...

Les dirigeants d'entreprises sont-ils bien placés pour parler de l'entreprise?

Que les dirigeants soient interrogés pour parler d'entreprises, rien de choquant : ils sont à l'évidence bien placés pour pouvoir le faire. Le problème est que les médias ont tendance à réduire la figure éminement collective de l'entreprise à son seul dirigeant. Or, une entreprise est un collectif d'acteurs.

Concentrons-nous sur la figure dominante du capitalisme : les sociétés de capitaux (sociétés anonymes et sociétés anonymes à responsabilité limitée pour l'essentiel) qui assurent en France environ 80% de la création de richesses et d'emplois. Celles-ci se caractérisent par une dissociation entre les actionnaires, détenteurs du capital social de l'entreprise et les dirigeants, qui assurent au quotidien la gestion de l'entreprise. A minima, il n'y a donc pas qu'un collectif d'acteurs, mais deux : le collectif des actionnaires, d'une part, le collectif des dirigeants, d'autre part. Les objectifs de ces deux collectifs d'acteurs ne sont pas nécessairement les mêmes : des études réalisés dès les années 1960  (Williamson, 1963, "Managerial Discretion and Business Behavior", American Economic Rreview
par exemple) montrent que si les actionnaires ont un objectif de profit, les dirigeants ont comme objectifs prioritaires i) l'obtention de hauts revenus, ii) un besoin de sécurité, iii)  un objectif de domination (statut, prestige, pouvoir) et iv) un objectif de compétences (le classement est hiérarchisé du plus au moins important). Et l'on sait, suite aux scandales Enron-Andersen, Parmalat, Worldcom, Vivendi, etc... que certains dirigeants, qui ont une meilleure information sur ce qui est fait dans l'entreprise, et qui disposent d'un pouvoir de décision délégué par les actionnaires, en profitent parfois pour atteindre leurs objectifs propres, ce qui conduit à léser les actionnaires.

Toute la question de la gouvernance d'entreprise, telle qu'elle s'exprime en tout cas dans les rapports nationaux et internationaux, et telle qu'elle est mise en oeuvre dans les pays (loi Sarbanes-Oxley aux Etats-Unis, loi de sécurité financière en France, ...), a pour objet de faire en sorte que cette divergence d'objectifs ne lèse pas les intérêts des actionnaires, considérés comme les vrais propriétaires de l'entreprise. Si l'on en reste à cette vision qualifiée de shareholder de la gouvernance d'entreprise, il conviendrait d'interroger dans les médias les représentants de ces deux collectifs...

On se doit aussi d'élargir l'analyse de la gouvernance d'entreprise, en prenant acte du fait que d'autres acteurs sont parties prenantes de l'entreprise (on passe alors à une vision qualifiée de stakeholder de la gouvernance d'entreprise) : le collectif des salariés (autres que les dirigeants), d'abord et le collectif des clients-fournisseurs, ensuite  (voire l'ensemble des acteurs, potentiellement lésés par les externalités négatives que génèrent les entreprises ou au contraire bénéficiaires des externalités positives dont elles sont à l'orgine). On aboutit dès lors à une représentation plus complexe de l'entreprise, où quatre grands collectifs d'acteurs sont en interaction, les relations entre ces collectifs pouvant être qualifiées de rapports sociaux fondamentaux : rapport financier entre actionnaires et dirigeants, rapport salarial entre dirigeants et autres salariés, rapport marchand entre l'entreprise et ses clients-fournisseurs :
Selon ce schéma, l'entreprise est vue comme un système de coopération entre des acteurs porteurs de ressources, chacune des parties prenantes cospécialisant progressivement une partie de ses ressources lors du développement de l'activité. Qui, dès lors, doit parler de l'entreprise ? Qu'il s'agisse de parler d'un point particulier (rôle et place du salarié, du dirigeant, de l'actionnaire, etc...) ou qu'il s'agisse de parler de l'entreprise dans son ensemble, on se doit d'interroger, en toute logique, l'ensemble des parties prenantes.

Ajoutons que même un tel exercice (qu'on pourrait qualifier d'exercice de démocratie participative) n'est pas pleinement satisfaisant : on comprend bien que chacun des acteurs interrogés a une vision partielle et biaisée de l'entreprise, qu'il cherchera à défendre ses intérêts particuliers, au détriment, parfois, de l'intérêt général. Par exemple, demander à un dirigeant ce qu'il pense  de la légitimité du niveau de rémunération des dirigeants est quelque peu sujet à caution. Pour faire image (image politiquement incorrecte, je le concède, je vois d'ici les commentaires), faut-il attendre de Pétain une analyse objective du régime de Vichy?

Thesmar et Landier tiennent des propos approchants dans leur dernier ouvrage :
Comment comprendre (...) que de grands capitaines d'industrie, a priori bien placés pour nous informer sur le sujet, se plaignent de manière aussi récurrente de la tyrannie des marchés? Il serait en fait aussi absurde de s'en étonner que d'être surpris d'entendre un automobiliste récriminer contre les limites de vitesse ou des étudiants de se plaindre de la dureté, de l'inutilité ou de l'aléa des examens qu'on leur impose. (p. 21-22, souligné par moi).

D'où la nécessité d'interroger de manière complémentaire des experts, non partie prenante de l'entreprise. Je pense bien sûr à des économistes, gestionnaires, sociologues, historiens, juristes... spécialistes de la question. Curieusement, on les entends assez peu. Et lorsqu'on interroge un économiste, on se tourne plutôt vers des macro-économistes, rarement vers des spécialistes de l'économie de l'entreprise...

D'où la nécessité, également, que les politiques, porteurs théoriquement de l'intérêt général, se saisissent de la question, en proposant aux électeurs leur vision du monde et en son sein, compte tenu de l'importance des entreprises dans le processus de création de richesses et d'emplois, leur vision de l'entreprise. Dans cette perspective, on ne peut que déplorer la méconnaissance que la plupart des politiques ont de l'entité entreprise (méconnaissance particulièrement forte en France, ce que j'attribuerai notamment à un problème de formation économique quelque peu monolithique de nos élites).

Les dirigeants d'entreprises sont-ils bien placés pour parler d'économie?

Les dirigeants ne parlent pas seulement de l'entreprise, ils se risquent souvent à parler de l'économie en général. Là encore, que chacun participe au débat, rien de plus naturel. La mode est, on le sait, aux citoyens experts. Qu'une partie de la population, en l'occurrence les dirigeants, soit considérée comme plus légitime, et soit donc plus souvent interrogée qu'à son tour, sur ce que devrait être une bonne politique économique, cela me semble moins naturel. Bien sûr, là encore, leur responsabilité n'est que très partielle : elle résulte plutôt de la tendance des médias à s'en référer trop exclusivement à leur analyse, et à la tendance des politiques à déserter le terrain (Cf. par exemple cet article des Echos). Que les dirigeants occupent l'espace qu'on leur laisse est parfaitement rationnel.

On peut cependant parfois s'interroger sur la pertinence de leurs propos...  Focalisons-nous d'abord sur la leçon d'économie de Laurence Parisot. Elle commence par nous montrer que le taux de croissance de la France, par rapport à celui des Etats-Unis et du Royaume-Uni, était significativement supérieur pendant les années soixante-soixante dix, l'écart s'étant ensuite réduit, puis la relation s'étant inversée, sur les périodes plus récentes. Elle dresse donc un constat, mais un constat d'emblée biaisé : pourquoi comparer la France au Royaume-Uni et aux Etats-Unis? Pourquoi pas à l'Allemagne, au Japon, ou d'autres pays encore? Passons.

Deuxième temps, un graphique montrant la croissance du poids des prélèvements obligatoires dans l'économie française sur la même période. Pourquoi cet indicateur? On ne le saura pas. Laurence Parisot fait un lien implicite, qui visiblement n'a plus à être démontré, entre la "dégradation" (il y aurait beaucoup à en dire, mais là n'est pas le propos) des performances françaises et la montée de ces prélèvements. Exercice plutôt curieux, puisque n'importe quelle courbe d'allure croissante pourrait faire l'affaire. La montée de la part des travailleurs pauvres par exemple. Le nombre d'automobiles par habitant. L'évolution de l'activité solaire, pourquoi pas...

Plus loin elle récidive avec un exercice du même genre, en comparant le nombre d'heures travaillées de quelques pays. Elle montre notamment que ce nombre est supérieur en Suède, en insistant sur le fait que la Suède est prise comme modèle par les politiques. Mais là encore, pourquoi ces pays et pas d'autres?
Si elle avait retenu le Danemark dans son échantillon (autre pays souvent pris en exemple, plus souvent que la Suède, peut-être), elle aurait constaté que le nombre d'heures travaillées y est inférieur à ce que l'on observe en France (cf. ce billet, deuxième tableau)... De plus : quelle lien peut-on faire entre le nombre d'heures travaillées et la croissance? Rien sur le sujet.

Des biais évidents de sélection, donc ; des tentatives très approximatives de corrélation sans aucune réflexion sur les liens de causalité, également : rien qui ressemble de près ou de loin à un exercice de pédagogie économique. A moins de considérer que la pédagogie consiste à montrer ce qu'il convient de ne pas faire...

On peut se dire que les dirigeants français ne sont peut-être pas de bons exemples. On peut alors s'en remettre au meilleur d'entre les meilleurs : Bill Gates. Celui-ci déclara lors d'une
conférence à Hanoï "with the internet having connected the world together, someone's opportunity is not determined by geography" (trouvé via Econoclaste). Proposition qui semble frappée du coin du bon sens... mais qui est largement démentie par tous les économistes s'intéressant à la géographie des activités (voir par exemple ce document (en), ou ce que j'avais dit, sur une thématique approchante, de l'effet TGV) : la géographie n'est pas morte avec l'internet, elle semble au contraire compter de plus en plus, mais sous des formes renouvelées...

Conclusion? Les dirigeants (certains d'entre eux, en tout cas, et pas les moins influents) sont parfois de mauvais économistes. Mais qu'ils se rassurent : la réciproque est au moins aussi vraie.

Publié dans Entreprise

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testing omnitech support 08/12/2014 10:16

I don’t think that the business leaders in the best position to talk about business and economics. The business strategies will change all the time. Only an experienced person can provide expert advice. The media also plays a vital role.

jacky DEVAUX 27/02/2007 09:49

IMPORTANT : il est à noter, que copie de la présente, ainsi que de votre éventuelle réponse, seront adressées aux médias, seront accessible au public à partir d’un blog… Bien entendu je solliciterai le quotidien le PARISIEN en premier, afin qu’il publie le contenu de cet écrit, mais il ne sera pas le seul… Il y a toutefois une forme de presse, celle qui encense le patronat, valorise la politique de la droite, mais ne permet pas aux légitimes contestations de s’exprimer, que je ne contacterai pas (voir documents en annexe)…
 

 
 
                                                                   
 

 
 
                                                                                                                   …… le 01/02/07
 

 
 
                                                                                                     
 

 
 
Jacky DEVAUX
GSM: 06 21 20 04 11
 

 
 
MAIL : jacky.devaux067@orange.fr
 

 
 
               
 

 
 
                                                                                                       MEDEF
 

 
 
                                                                                                       55 av Bosquet
                                                                                                       75330 PARIS Cedex 07
 
 
 
A l’attention de Madame Laurence PARISOT 
Présidente du MEDEF
 

 
 
                
Madame,
 
 
 
Dans le quotidien le PARISIEN du 22/01/07, suivant vos termes, vous entrez dans la mêlée de la présidentielle, ce qui de mon analyse, consiste à faire de la propagande pour le gentil patronat, pour la droite en général, et implicitement à appeler à voter pour son candidat…
 
 
 
Que vous fassiez « patte blanche » dans un grand quotidien populaire comme le PARISIEN est assurément habile pour servir le dessein que je vous prête (je ne suis pas le seul !!!). En lisant le résumé des commentaires des lecteurs qui vous ont « auditionné », on peut en déduire que vous les avez séduit, peut être serez vous intéressé par l’avis d’un citoyen lecteur supplémentaire…   
 
 
 
Avant de répondre aux arguments que vous avancez en réponse aux questions des lecteurs, je vous prie de prendre connaissance des documents joints...En particulier de la lettre datée 05/12/2006, envoyée à Monsieur Martin BOUYGUES, qui démontre, que le patronat (certains patrons, heureusement pas tous !!!) que vous présentez, et représentez, n’est pas le même que celui que les salariés subissent…
 
 
 
Questions / commentaires de vos réponses :
 
 
 
Question :
 

 
 
De quel candidat vous sentez vous le plus proche ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
Votre réponse manque de franchise, votre personnalité, vos déclarations antérieures,  cadrent mal avec ces pseudos patrons de gauche (à gauche pour le social, à droite pour le portefeuille !!!), il est facile de deviner pour qui vous chassez, il y a d’ailleurs des indices significatifs dans votre livre blanc.
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
On ne parle que du duo Ségo-Sarko. Et les autres ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
Je partage totalement votre avis, rien ne dit que le champion que je pense que vous soutenez sera au second tour…Je suis un exemple des déçus de la droite gouvernementale, j’ai toujours voté pour cette droite, ce ne sera pas le cas cette fois ci…Il m’a fallu longtemps pour le comprendre, mais avoir des convictions, est un luxe que l’on ne peut se payer quand on a rien dans son assiette, pas assez pour vivre, nécessité fait loi, ce n’est pas une question de préférence mais d’intérêt minimum…Quand on est socialement petit ou moyen, on a rien à espérer de cette droite, l’argument de poids pour ce camp, l’insécurité, a fait long feu, hormis quelques coups médiatiques, ce gouvernement n’a pas été capable plus que le précédent, d’imposer la loi à certains populations marginales…
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Est on riche avec 4000 € ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
Vous ne savez pas fixer la barre de la richesse, certains s’en chargent, votre place dans le gratin des fortunes professionnelles a été fixée dernièrement au 276 ème rang…Vous reconnaissez que le pouvoir d’achat n’a pas augmenté ces dernières années, et vous avez l’aplomb de vous absoudre de cette responsabilité…Tout le monde sait pourquoi il en est ainsi, parce que les gros employeurs, gardent tout pour leurs actionnaires, pour leurs dirigeants, exploitent de plus en plus les salariés des classes basses et moyennes…
 
 
 
 
 
 
Questions :
 

 
 
- En attendant, faut il, selon vous, réformer l’ISF, le supprimer ou le durcir ?
- Payez vous l’ISF ?
 
 
 
Mes commentaires à vos réponses :
Quand bon nombre de citoyens sont dans le dénuement, ont tout juste de quoi vivre ou survivre, faire une priorité d’une réforme de l’ISF, montre votre véritable nature…Vous qui déclarez ne payer qu’un petit ISF, bataillez ferme pour ne plus rien payer du tout, au motif que cet impôt fait fuir les investisseurs…Nous sommes quand même en droit de nous demander à quoi sert l’Europe, à part de servir de refuge à certains nantis de la République, pourquoi des pays comme la BELGIQUE  par exemple, ont-ils une fiscalité différente de la notre? A l’occasion de cette campagne présidentielle on apprend des choses, que cet impôt qui vous insupporte tant, n’est pas si contraignant que cela, si on en juge par les sommes minimes payées à ce titre par les vedettes de cette campagne présidentielle…  
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Il y a eu des scandales sur la rémunération des grands patrons. Allez vous y mettre de l’ordre ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
Cette paix sociale que vous mettez en avant, pour justifier qu’en matière de rémunération, les salariés ne sont pas si mal traités que cela, priez pour quelle dure…Votre comparaison entre les revenus des patrons et les multimillionnaires de certains sports, est intéressante…Ces privilégiés d’un point de vue financier, qui curieusement bénéficient des protections du Code du Travail, sont les seuls « travailleurs » à toucher intégralement  leurs « salaires », qu’ils travaillent (jouent !!!) mal ou qu’ils ne travaillent pas du tout (sur le banc !!!)…Il y a bien entendu des patrons très performant, qui font prospérer leurs groupes, qui méritent des émoluments conséquents…Toutefois ceux qui partent avec des malles de dollars, après une gestion calamiteuse, qui entraîne des restructuration, laissant sans emploi des pères de famille, ne manquent pas non plus…Sauf erreur de ma part les résultats du groupe PSA ont été catastrophiques, des suppressions d’emplois sont à craindre…Un commercial qui enregistrerait un tel recul sur son Chiffre d’Affaires, serait immédiatement renvoyé pour incompétence…La direction de PSA a certes été remaniée, mais pas de critiques fermes de la gestion (pourquoi TOYOTA progresse t’il alors que PSA s’écroule, ce n’est pas seulement la conjoncture ?), je serais curieux de connaître les indemnités qu’a perçu le prédécesseur de Monsieur STREIFF…On ne prête qu’aux riches dit on, il faut croire que dans votre camp on ne donne également qu’aux riches…Vous guerroyez pour obtenir un ISF adoucit pour vos amis, Monsieur de VILLEPIN, d’après ce que j’ai relevé dans les médias, a comme projet immédiat, d’obtenir quelques douceurs aux sportifs en fin de carrière, pour faciliter leurs reconversions…Les pauvres, avec ce qu’ils perçoivent en club, ce qu’ils touchent quand ils sont en équipe de FRANCE (comme ce sont nos impôts qui règlent cette note, nous serions en droit d’obtenir des comptes, mais pour cela, comme pour les centaines de millions d’euros donnés chaque année par l’état à vos entreprises, les choses ne sont pas claires et honnêtes comme vous dites, on ne sait rien…), les contrats de publicités faramineux, les emplois de consultants, les produits dérivés, etc, ils ne peuvent pas s’en sortir, leurs cas précaires, motivent plus ce gouvernement, que celui des intermittents du spectacle smicards…
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Et vous combien gagnez vous ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
Certes, comme beaucoup, je me contenterais bien de 240 000 euros de salaire annuel…Toutefois, puisque vous aimez la précision, allant jusqu’à indiquer que votre salaire mensuel est à multiplier par 12 (ce pourrait être par 13, par 14…), je me permets de m’étonner… Il est surprenant, qu’une personnalité de votre stature, ne soit pas dans moult comités de direction, ne perçoive pas des « jetons » par çi et par là…De même, vous êtes semble t’il propriétaire de la société OPTIMUM SA, société fort bien gérée, en plein épanouissement d’après les médias, il est étonnant que cette dernière ne vous rapporte pas de revenus…Les gens comme vous, pour le moins aisés, volontairement, ou parce qu’ils ont tellement, que quelques dizaines de milliers d’euros en plus passent inaperçus, ont l’habitude de minimiser leurs confortables rentrées pécuniaires …A n’en pas douter, la lectrice du PARISIEN, à l’origine de cette question, voulait connaître la somme de tous vos revenus professionnels (le lecteur du PARISIEN qui perçoit le SMIC, ne perçoit que le SMIC lui…).Dans le même ordre d’idées, quand la question a été posée à Monsieur SARKOZY, sur TF1, je suppose que l’intéressé, voulait connaître tous les revenus du candidat SARKOZY, au lieu de faire pleurer dans les chaumières, en arguant que 11 000 euros mensuel ce n’était pas volé, il aurait dû nous dévoiler le traitement (lui aussi pas volé !!!) perçu en tant que Président du Conseil Général des Hauts de SEINE, d’autres revenus éventuels…
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Les bénéfices des entreprises du CAC 40 explosent, et dans le même temps les salaires stagnent. Comment voulez vous que les français croient encore dans les vertus du travail ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
A vous entendre seuls les groupes du CAC 40 vont bien, en se documentant sur votre compte sur Internet, on constate que votre société OPTIMUM SA, échappe apparemment au marasme que vous dépeignez…Vous n’avez probablement pas tort en affirmant que la fiscalité et les charges inhérentes aux salaires sont trop élevés…Toutefois, me basant sur une longue expérience professionnelle, de longues années à apprécier les méthodes des employeurs, je suis convaincu que même si demain il n’y avait plus de charge sur les salaires, ceux-ci n’augmenteraient pas de façon significative, à moins que vous n’y soyez contraint par la loi…Vous prétendez que les entreprises n’ont pas la trésorerie pour augmenter les salaires, les fonds ne manquent pourtant jamais, quand il s’agit de donner des montagnes d’argent, à des dirigeants en partance, qu’ils laissent derrière eux un bilan positif ou la ruine.  
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Pensez vous que les entreprises vont embaucher en 2007 ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse :
On vous voit venir avec vos gros sabots, sans l’afficher clairement, vous faites campagne pour le camp libéral, qui si il est élu se souviendra de votre engagement, accédera à vos souhaits, vous fera des « cadeaux », et peut être, seulement peut être, après, bien après, il y aura une hypothétique embellie sur les embauches…
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Cela suffira t’il pour redynamiser l’emploi ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse : 
Si vos chefs d’entreprises, qui trouvent incroyable, que les emplois qu’ils proposent n’aient pas de succès, rémunéraient de manière attractive, au minimum convenablement, il y à fort à parier qu’il y aurait des candidats…
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Et les 35 heures, voulez vous leur mort ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse : 
On se demande bien pourquoi le patronat se plaint des effets pervers des 35 heures, alors qu’en fait c’est surtout aux employeurs que cette loi a profité…Ces dispositions ont permis aux employeurs de geler les revenus des salariés, dont les heures réelles de travail n’ont pas diminué pour atteindre 35 heures, les pressions  dans ce but n’ont pas manqué, au final le travail a été réalisé sans personnel supplémentaire, à moindre coût…La encore votre position me semble de la plus grande hypocrisie, si la diminution du temps de travail n’a pas créé d’emplois, c’est parce que les patrons ont manœuvré pour détourner la loi (sauf à croire que les salariés font de bonne grâce des heures supplémentaires gratos !!!), si les personnels ne faisaient que le nombre d’heures payées, l’embauche serait  mathématiquement nécessaire…  
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Et le contrat de travail faut il aussi le revoir ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse : 
Il faut distinguer le licenciement individuel, des licenciements de masse, qui relèvent le plus souvent des effets d’une mauvaise gestion, ou d’un « confort économique » qui vise à engraisser encore plus les actionnaires. En ce qui concerne les licenciements individuels, je suis bien placé pour savoir, c’est ce qui motive la véritable croisade dans laquelle je me suis engagé, qui me fait vous interpeller aujourd’hui, que les employeurs voyous, n’ont nul besoin de plus de souplesse pour licencier, le Code du Travail, ils s’en soucient comme d’une guigne…
 
 
 
 
 
 
Questions :
 

 
 
- Faut il supprimer la retraite à 60 ans et instaurer un système à la carte ?
- Est-ce que cela signifie que je vais être obligé de travailler jusqu’à 70 ans parce que j’ai fais des études ?
 
 
 
Mes commentaires à vos réponses : 
Dans ce registre, vous dépassez me semble t’il vos prérogatives, pourquoi vous contenter de monter au créneau pour soutenir un candidat, vous auriez dû vous aussi y aller…C’est bien beau de vouloir que les gens travaillent au-delà de 60 ans, il ne suffit pas que vous affirmiez que désormais les entreprises ont des moyens pour maintenir les plus âgés au travail, la réalité est  toute autre, en particulier pour les seniors qui sont sans travail…Aujourd’hui il n’y a pas d’offres d’emplois pour eux, pour décrocher un job, ces derniers doivent non seulement être d’une détermination extrême, mais en plus accepter des conditions financières de juniors…
 
 
 
 
 
 
Question :
 

 
 
Et les régimes spéciaux de retraite ?
 
 
 
Mon commentaire à votre réponse : 
Bien entendu, comme la majorité des français qui n’en bénéficient pas, je trouve anormal que des gens qui ont déjà la garantie de l’emploi, partent à la retraite à 50 ans (plus ou moins), alors que l’on prépare les autres à travailler, jusqu’à 65, 70 ans, peut être jusqu’à ce que mort s’en suive…Monsieur SARKOZY, n’a évidemment pas tort, de mettre en avant, que le cheminot qui aujourd’hui conduit un TGV, n’exerce plus un travail aussi pénible, que son ancêtre qui chargeait de charbon la locomotive à vapeur, de sous entendre, que les avantages d’antan devraient être supprimés…Toutefois, Monsieur SARKOZY oublie en l’espèce quelque chose de fondamental, on ne peut pas demander aux gens ordinaires de renoncer à des avantages acquis, alors que les élites se « gavent » sur les deniers publics… La FRANCE en réalité n’est pas une démocratie, nous ne savons rien des innombrables prébendes, que les puissants, leurs amis, dont à n’en pas douter Madame PARISOT vous intégrez le cercle, profitent, le peu qui transpire est néanmoins suffisamment éloquent…Je ne suis pas cheminot, si tel était le cas, en entendant Monsieur SARKOZY, vouloir rogner mes avantages contractuels, je m’interrogerais sur la décence de cette intention…Où se trouve la légitimité d’un privilégié, qui poussé dans ses derniers retranchements, a reconnu avoir bénéficié d’un prêt important de 150 000 € sur les deniers publics à taux  zéro , pour demander au nom de la solidarité nationale, que des citoyens ordinaires, renoncent à des avantages, qui somme toute, ne représentent qu’une goutte d’eau dans la mer de la gabegie…A la vérité, la FRANCE n’est pas une démocratie, plutôt une monarchie, ou une royauté…La preuve, au moment ou la candidate Ségolène ROYAL généreusement, propose que les jeunes à leur majorité disposent d’un capital de 10 000 €, qui serait garanti par l’état, un autre candidat confesse que quand on est député on a droit à un prêt d’un montant 15 fois supérieur sans intérêt, effectivement il y a deux poids deux mesures…
 
 
 
Conclusion :
 

 
 
Sans complexe, sans fierté, contre nature, certain en appelle à JAURES et à BLUM, vous patronne des patrons, délaissant vos supports préférés (le FIGARO, etc.) vous venez vous « encanailler » au contact des prolétaires, personne n’est dupe sur le but recherché, donner provisoirement au renard l’apparence de la poule (définition appropriée empruntée à Monsieur François BAYROU)…Votre livre blanc, dont le contenu n’a pas eu beaucoup d’écho, alors que de mon point de vue, cet ouvrage de propagande, est un condensé de contrevérités et d’hypocrisie, qui méritent d’être dénoncées, est le fruit de votre réflexion dites vous…Pour ma part, j’ambitionne d’écrire     un livre noir de révélations, qui serait une autobiographie de plus de 25 ans de carrière dans les « marchés publics », au service de groupes, qui probablement sont des adhérents du MEDEF…Le titre pourrait être : « Ces patrons qui nous exploitent, pour le profit de qui nous enfreignons les lois, qui nous virent…». Je ne sais pas si certains ont des comptes au JAPON ou ailleurs, ce que je sais, c’est que la FRANCE est un pays où les magouilles, les cadeaux, la corruption ordinaire, dans les marchés d’état sont la règle…Si in fine, je me résous à prendre la plume en ce sens, je détiens à la disposition des bien-pensants, qui auraient au nom du respectable patronat l’intention de m’attaquer en diffamation, des preuves de cela …
 
 
 
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
 

 
 

 

 
 

 

 
 
                                                                                                  Jacky DEVAUX
 

 
 

 

 
 

 

 
 
PS: Cette correspondance vous est adressée en courrier distingo, ce qui en cas de besoin, permettra d’attester, que cette dernière vous a bien été distribuée…
 

 
 

Stephane 15/02/2007 13:18

@ Olivier« La compétitivité/attractivité est le premier ressort de la croissance économique, donc du progrès de l’emploi et du pouvoir d’achat. »Cette phrase est très intéressante, on doit l’interpréter, par son côté péremptoire, de la façon suivante :C’EST la compétitivité/attractivité QUI est le premier ressort de la croissance économique DONC premier ressort du progrès de l’emploi DONC premier ressort du pouvoir d’achat.C’est un missile à plusieurs étages :A — La compétitivité est assimilée à l’attractivitéB — La compétitivité entraîne la croissance économique (laquelle ?)C — La croissance économique entraîne l’emploi.D — L’emploi entraîne le pouvoir d’achat.A : La compétitivité est assimilée à l’attractivitéJ’ai 100 000 euros à investir.Si je les investis dans l’entreprise de mon voisin producteur de cornichons, moins compétitive qu’une exploitation indienne, j’aurais un rendement moins important. Mais ai-je plus intérêt à avoir un rendement important, ou à avoir un tissu économique fonctionnel à côté de chez moi (pour maintenir mes activités, mes infrastructures, des salariés donc des consommateurs etc.) ?B : La compétitivité entraîne la croissance économiqueJ’investis mes 100 000 euros dans la grande distribution, plus compétitive que le marché du jeudi sur la place du village.Cette grande distribution, pour me rapporter plus, va faire fabriquer les cornichons en inde et les importer en masse.Il va y avoir croissance économique parce que le PIB va augmenter (n’est ce pas ?) avec les échanges commerciaux.L’augmentation du PIB est-elle un signe de croissance économique ?C : La croissance économique entraîne l’emploi.1 — Le volume du commerce de produits importés (en terme de PIB), vs2 — Le volume de production et d’échanges locaux (en terme de PIB)Sont-ils comparables pour « qualifier » le terme de croissance ?En d’autres termes :Si 1 l’emporte au détriment de 2, on peut parler de « croissance économique » en obtenant une curée au niveau de l’emploi.Donc une baisse du pouvoir d’achat de la majorité.On a pourtant eu un système de commerce/distribution attractif et compétitif, non ?D : L’emploi entraîne le pouvoir d’achat.Les caissier (e) s des grandes surfaces compétitives vont avoir des emplois d’autant plus précaires que la grande surface sera compétitive…La précarité de l’emploi et l’augmentation du nombre d’emplois précaires vont-ils entraîner une augmentation des achats ?Contrairement au ton sur lequel est exposée (et reprise par tous les médias « sérieux »), cette phrase, elle ne se suffit pas à elle même : c’est un sophisme (un raisonnement fallacieux si vous préférez).Bon, je sais, j’ai simplifié à outrance, mais finalement, pas plus que la phrase de départ.

Olivier Bouba-Olga 15/02/2007 12:16


@Olivier
 

Ne vous en déplaise, Laurence Parisot s’est livrée à une analyse économique méthodologiquement biaisée, en effectuant des comparaisons avec quelques pays (biais de sélection) et en déduisant de quelques corrélations des relations de causalité (et encore n’y a-t-il pas à proprement parler d’exercice de corrélation, juste la juxtaposition de quelques données statistiques).
 


 

Sur le premier biais de sélection, juste pour vous montrer sa portée. Vous répondez à la question « pourquoi se comparer au Royaume Uni et aux Etats-Unis? Parce qu'on se compare en général aux meilleurs, non aux moins bons. »
 

On peut considérer que les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont de bons candidats pour des comparaisons, mais il y en a d’autres, a priori l’ensemble des pays développés. Réduire le choix à ces deux pays biaise l’analyse.  D’autre part, la croissance supérieure de la France sur les Etats-Unis dans les années 60-70 ne s’explique pas par un plus faible poids de l’Etat à l’époque, comme le laisse penser la démonstration, mais par le fait que la France (comme d’autres pays d’Europe occidentale) était dans une « ère du rattrapage » vis-à-vis du leader américain : l’imitation des produits, techniques et organisations US (période du fordisme) a permis de croître plus vite (cf. l’article de Guellec (aux dernières nouvelles économiste à l’OCDE) dans la revue Française d’économie de 1999 « à la recherche du tant perdu » ; ainsi que les travaux d’Abramovitz par exemple). Les pays d’Europe occidentale étant arrivés à la frontière ils doivent passer à une ère de l’innovation. Et là, il y a des choses à dire et à faire.
 


 

Sur le deuxième problème, plus précisément la causalité supposée entre nombre d’heures travaillées par salarié par an et croissance. Je ne dis pas que l’indicateur n’est pas pertinent, mais qu’il n’est pas pertinent seul. Il faut immédiatement prendre en compte les différentiels de productivité. De la même façon que dire qu’un salarié chinois coûte 30 fois moins cher qu’un salarié français n’a pas de sens d’un point de vue économique : tout dépend de l’efficacité de l’heure travaillée (des écarts importants subsistent bien sûr après la prise en compte des différentiels de productivité, j’insiste ici sur les problèmes de méthode).
 

De plus, et c’est essentiel : comme vous le soulignez vous-même, le problème est moins un problème de nombre d’heures travaillées par salarié que le volume de travail par habitant. Ce n’est plus la même histoire, puisqu’alors entre dans le débat les questions de l’entrée tardive, en France, sur le marché du travail et surtout la sortie précoce de ce même marché. En occultant ces éléments essentiels, on risque de prôner des politiques dont on s’apercevra dans quelques temps qu’elles sont innefficaces.
 


 

Plus généralement, si on réfléchit un peu plus loin et de manière non naïve, il est évident que Laurence Parisot, en tant que responsable du Medef, a en tête des objectifs spécifiques de politique économique. Aucune objection à cela, c’est tout à fait légitime. Qu’elle dise se livrer à un exercice de pédagogie économique, en en appelant à la Science Economique, ça pose un vrai problème. En fait, si elle est un peu futée, ce dont je ne doute absolument pas, je suppose qu’elle est partie de ses conclusions pour bâtir à rebours le raisonnement permettant d’y arriver. Exercice aussi intellectuellement stimulant que déontologiquement condamnable, auquel on peut se livrer, si cela vous intéresse, avec la conclusion de votre choix. Par exemple : i) les problèmes de croissance sont dus à l’immigration, ii) les problèmes de croissance sont dus aux patrons voyous, iii) les problèmes de croissance sont dus aux délocalisations, etc, etc, … Je vous garantis pouvoir aligner quelques graphiques bien pensés pour démontrer tout cela en quelques diapositives…

Jean-Louis PIERA 13/02/2007 14:50

Les dirigeants d\\\'entreprises sont-ils les mieux placés pour parler d\\\'économie et d\\\'entreprise ? Cette question étonne de prime abord, puis elle fait sourire parce qu\\\'au fond la réponse, quelle qu\\\'elle soit,  importe bien moins que les pseudo-argumentations , nécessaires à sa justification.Un premier niveau de lecture pourrait être celui du Malade Imaginaire, pas parce que l\\\'entreprise serait une maladie mais parce que le "discours" des experts souffre souvent du "complexe de Trissotin" : on reproche à l\\\'expert de parler latin (aujourd\\\'hui on dirait chinois), d\\\'enfiler la réthorique comme des perles, bref de parler sciences en croyant dans la seule magie du verbe. Le malade serait un objet passif et grotesque à qui le médecin refuse de parler de sa maladie sous prétexte qu\\\'il n\\\'a pas fait les études nécessaires et le médecin un bavard inactif et verbeux, précisément incapable de soigner parce qu\\\'il ne connait la maladie que dans les livres : autant dire que le public rigole. Le complexe de Trissotin n\\\'est pas neuf, il relève du registre de la farce.Un deuxième niveau de lecture pourrait être celui du Cocher de Poste, pas parce que la métaphore du voyage de poste sied tellement à l\\\'aventure entrepreneuriale mais parce que le "discours" des experts souffre souvent du "complexe de la Mouche du Coche": on reproche à l\\\'expert de vibrionner (on dirait aujourd\\\'hui plus d\\\'air!), de changer d\\\'avis sans raison ni rime, bref de croire que parler beaucoup c\\\'est beaucoup agir. Le cocher serait un acteur muet et absent à qui la mouche refuse de penser puisqu\\\'il ne parle pas et la mouche un insecte inutile et irritant qui pourrait se faire aussi grosse qu\\\'un boeuf si elle était une grenouille ... : autant dire que le lecteur sourit. Le complexe de la mouche du Coche n\\\'est pas neuf, il relève du registre de la fable. Un troisième niveau de lecture pourrait être celui de César ( ... Birotteau ), pas parce que l\\\'entrepreneur du XXIème siècle ressemble tellement au boutiquier de Balzac mais parce que le "discours" des patrons, petits ou grands, souffre souvent du "complexe du Bourgeois" : on reproche à l\\\'entrepreneur de compter plus que de penser et de ne pas penser plus loin que le bout de son comptoir, bref de croire que son cas est le mitan du marché. L\\\'entrepreneur serait un penseur disqualifié dont l\\\'expérience ne vaudrait pas tripette et dont la seule ambition serait de s\\\'acheter un statut social au travers de sa réussite commerçante au mépris de l\\\'intérêt des autres parties prenantes ... : autant dire que le lecteur ricane. Le complexe du Bourgeois n\\\'est pas neuf ( plus ça devient vieux ...), il relève du registre de la satire sociale.Eh oui, ces discours ne sont pas neufs ! Pire, ils relèvent de genre totalement étrangers à l\\\'économie. Alors ? Plutôt que de gratter régulièrement le complexe de l\\\'autre en rigolant, souriant ou ricanant, les différentes parties prenantes devraient essayer de se comprendre ... et peut-être de se compléter en n\\\'hésitant plus à confronter leurs analyses. Que vaut l\\\'analyse d\\\'un brillant économiste si elle ne sort pas de son laboratoire, si sa réflexion ne s\\\'appuie pas sur un minimum d\\\'expérience ? Que vaut la décision d\\\'un brillant dirigeant si elle ne naît que d\\\'une intuition plus ou moins frelâtée ? Que valent l\\\'avis des autres parties prenantes (salariés, fournisseurs, clients, Etat ...) s\\\'ils ne sont que le catalogues d\\\'intérêts étrangers à l\\\'entreprise ? L\\\'entreprise est un ectoplasme, une chimère. Le droit l\\\'invente comme personne de droit à défaut de lui donner une personnalité, le dirigeant l\\\'incarne à défaut de la représenter, l\\\'expert la conseille ou l\\\'analyse à défaut de la comprendre, le destin des autres acteurs la croise à défaut de s\\\'y intéresser. La gouvernance d\\\'entreprise ne peut-être que de la seule autorité du dirigeant, elle ne peut-être que de sa seule responsabilité. Même si comme toute production humaine, elle peut être critiquée par toutes les parties prenantes ou tous les parties ... passantes. Aucun discours ne pourra jamais remplacer l\\\'action et les interactions, ni les enfermer, ni les censurer. En fait la gouvernance d\\\'entreprise qui est une prérogative de chef d\\\'entreprise ne peut-être son domaine réservé. En fait l\\\'économie d\\\'entreprise qui est un espace ouvert où vivent des acteurs contractuellement liés ne peut vivre sans régle et autorité. Le chef d\\\'entreprise est aussi qualifié que quiconque pour parler de l\\\'entreprise ... pour en parler justement et même pour se tromper.