Quelques réflexions sur la petite guerre entre les journalistes traditionnels et les blogueurs, suite notamment à cette affirmation de José Bové, interpellé par Nicolas Demorand (France Inter) qui a cité pour appuyer ses propos un billet de Maître Eolas. Propos que José Bové n'a pas apprécié, si bien qu'il a affirmé "sur un blog, on peut dire n'importe quoi".
L'argument que je défendrai est que la différence fondamentale entre blogueurs et journalistes est liée au processus de sélection de ces compétences. Dans les médias traditionnels, on a un processus de sélection ex-ante des producteurs de connaissance : il faut, pour travailler dans ces médias, être passé par les écoles de formation ou les filières considérées comme les mieux adaptées, il faut franchir les tests de sélection et les entretiens d'embauches, faire ses preuves sur le tas pour ensuite accéder aux meilleures places, etc, etc... Ce processus de sélection ex-ante, s'il fonctionne de manière efficace, doit permettre d'éliminer les plus "mauvais" producteurs de connaissance. Ceci explique la position de certains journalistes, tel que décrit par Maître Eolas :
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J\\\'ajouterai cependant une observation.
Si, comme vous le notez, la sélection à l\\\'entrée de la profession journalistique garantit un niveau moyen de production de l\\\'information, elle assure aussi à celui qui se trouve installé une rente de situation.
Les journalistes qui bénéficient de l\\\'assurance de leur diffusion n\\\'ont pas d\\\'incitation à produire une information convenable.
Si tant est que l\\\'on considère que la qualité de l\\\'information justifie le prix qu\\\'on est prêt à la payer, on en déduira qu\\\'il y a là de quoi expliquer l\\\'affadissement de la presse écrite généraliste.
Je veux bien que le micro-trottoir (enfin micro gymnase) dans le Libération du jour soit jugé digne d\\\'intérêt, mais on aura peine à me convaincre qu\\\'il demande autre chose que de solliciter son entourage. Ce qui ne justifie pas de payer si cher.
Par ailleurs, je pense qu\\\'il existe un lien entre le développement des blogs - informatifs et d\\\'analyse - et le discrédit de la presse généraliste.
Si l\\\'information produite par la presse n\\\'a pas une qualité suffisante pour justifier son prix de vente, pourquoi ne pas :
1. - Recourir à la presse gratuite.
2. - Supporter les coûts de transaction liés à la rechercche d\\\'une source d\\\'information plus satisfaisante. Autrement dit, chercher les bons articles sur les bons blogs.
Merci pour ce billet. Je vois une autre différence, à savoir que "journaliste" est un métier alors que "blogueur" n'en est pas, ce qui signifie concrètement que les premiers ont du temps et des ressources (accès à des communiqués et dossiers de presse, accréditations, "entrées" auprès d'organismes ou d'acteurs de premier plan) que les seconds n'en ont pas (ou beaucoup moins).
Mais dans tous les cas, le problème devient alors : comment reconnaître une source d'information et une analyse de qualité sur un blog, là où la sélection n'est justement pas ex ante. Il y a la solution de la réputation (Eolas, Versac et autres "influenceurs"), mais l'exemple de Loïc Le Meur montre que ce n'est pas toujours un gage de qualité ;-) Il y a la solution de la légitimation parce qu'on est expert de quelque chose, ce qui est primordial dans les blogs comme tu le remarques. Mais qui me dit qu'Eolas est vraiment avocat (problème de l'anonymat) ? Et même, son analyse n'en devient pas forcément pertinente. La dernière solution que je vois, à part le recoupement des informations (mais comment recouper sainement alors que la plupart des journaux, mais aussi des blogs, se fournissent auprès des quelques mêmes sources), est celle mise en place par la communauté scientifique : le peer-review. En l'occurrence, on pourrait parler d'open peer-review, qui est permis par les commentaires, les trackbacks, les liens etc. Mais même là, les journaux se transforment en permettant désormais les commentaires des lecteurs (sur Le Monde et Libération par exemple)...
Le seul point sur lesquels les blogs se distinguent sans aucun doute possible est quand ils couvrent des évènements ignorés par la presse nationale, voire régionale. Et ne doutons pas que cette dimension là est amenée à prendre de l'importance avec le blogging de proximité, les nouvelles technologies etc.
Mais il y a une chose que vous oubliez sur votre graphique: la quantite est tres differente entre les millions de blogs et les qq milliers de journalistes.
Je pense que la qualite moyenne des journalistes est bien superieure a la qualite moyenne des blogs (he, ils sont payes pour ca quand meme).
Aussi, si je devais faire le meme graphique, je mettrai la gaussienne "journalistes" plus a droite et beaucoup plus petite.
Mais les conclusions resteraient les memes :-)
La qualité (et la stabilité du système) dépend de la boucle d'autocorrection (et de la rapidité du retour du signal) que l'on réinjecte dans le système.
Plutôt que d'oposer blogueur et journaliste, on pourrait opposer journal (sans commentaire) et blog (avec commentaires), le commentaire servant de boucle d'autocorrection.
http://anouar.canalblog.com/archives/2004/12/10/209414.html
Excellent article ! Je crois en effet que la solution ultime pour la presse sera de recruter des experts car la formation généraliste des écoles de journalisme ne peut permettre de traiter l'actualité de manière suffisamment pointue pour des lecteurs dont les exigences augmentent...
Il me semble que l'incompétence journalistique fait particulièrment surface pendant cette campagne présidentielle. Voir ici : http://egocognito.over-blog.com/article-5300877.html
La disjonction "spécialistes chez les blogueurs / généralistes dans les médias généralistes" (on va enlever la presse spécialiste pour simplifier) n'est donc pas si étanche que cela. On peut voir aussi le mouvement migratoire émergent de blogueurs "reconnus" (par qui ?) qui sont invités à s'exprimer dans des émissions de radio ou de télévision. Le caractère nouveau dans ces invitations n'est pas tant dans le fait que des références extérieures soient invitées par des journalistes, mais par le média à travers lequel ils ont été reconnus comme des références ; ce qui en soit n'est pas très remarquable puisqu'il s'agit d'un mass-media.
Il suffit pourtant de jeter ne serait-ce qu'un oeil négligent à la composition de l'actionnariat de ce microcosme qu'est la presse française francophone pour douter de la liberté rédactionnelle de la presse française.
Du coup, je ne sais pas si on trouve n'importe quoi sur un ou des blogs, mais je sais qu'on ne trouvera jamais certaines choses dans un journal.
Personnellement, je vois plus cela comme une différenciation effectuée entre les différents types de médias/acteurs médiatiques.
Ce que l'on peut trouver dans les médias "traditionnels" n'étant vraiment pas comparable avec ce que l'on peut trouver sur la toile.
Il y a alors différenciation, et la question de "qualité" passe parfois en arrière-plan étant donné que la "qualité" d'une production culturelle, artistique ou parfois au sujet de l'information découle de normes sociales propres à certains milieux. (En gros, on jugera personnellement, ou par groupe social, de la "qualité" d'un média, selon des normes propres, et le jugement de la "qualité objective" d'une production médiatique ou artistique par exemple n'est le fruit que de normes institutionnalisées.)
C'est ainsi que même les blogs pouvant sembler de "qualité inférieure" selon les normes d'un groupe social ou d'un "certain type de consommateur" pourra constituer une source d'information pertinente et accessible pour un autre. :o)
Vous oubliez également qu'il existe, pour ceux le désirant, des médias où des spécialistes s'expriment sur divers sujets. Et pas seulement des revues payantes. Donc les blogs ne sont pas les seuls où le vulgus peut trouver des avis de "spécialistes" : surtout que l'on ne peut apprécier correctement ces avis lorsque l'on est pas soi-même un "spécialiste", une élite institutionnalisée, ce qui fait que la différenciation ne se fait pas sur la qualité, ici, mais sur de pures visions subjectives de la chose. (Les "normes" de qualité des groupes et individus dont je parlais plus haut.)
C'est ainsi que les blogs et la presse ne se font pas concurrence sur des thèmes aussi variés que l'actualité "pure" (Relater des évènements spéciaux se fait également sur des blogs ou sur la toile en général ! Les e-reporters...), l'analyse de cette dernière, la vulgarisation, etc.
Et pourtant, ils traitent parfois, voire souvent, des mêmes (Vastes.) sujets.
'fin bref... personnellement, je trouve trop réducteur et simplificateur ce graphique. Ou alors j'ai complètement rien pigé. (Y'a aussi de grandes chances !)
Respectueusement,
AJC
Je me rappelle que vous nous aviez dit quelque chose comme "est-ce qu'objectivement vous pouvez faire la différence entre les performances de deux voitures...?" (Lorsqu'il fallait illustrer la différenciation horizontale, me semble t'il... arg : c'est bien horizontale ?!)
Bien. Est-ce que selon vous un citoyen ordinaire peut faire la différence entre la qualité d'un article de Piketty, de Lambert, de Marris et enfin d'un article issu de votre blog ?
Peut-être que cela vous paraît clair étant donné que vous êtes économiste, mais vous devez sûrement avoir déjà feuilleté des revues de vulgarisation scientifiques ou dans d'autres domaines "pointus"... et vous avez peut-être ressenti cette impression de manque d'outil pour analyser correctement la qualité relative d'un article. :o)
(Lorsqu'on lit des articles sur les biotechnologies, la physique, etc. et sur les débats internes à ces disciplines, par exemple.)
Pour moi, il s'agit donc plus de différenciation fondée sur autre chose que la qualité, donc... tout en sachant, en plus, que les lecteurs n'auront pas les mêmes normes concernant l'appréciation de ce qui est bon, et ce qui ne l'est pas.
Respectueusement,
AJC
Re-arg. En attendant une éventuelle réponse de votre part, je vais fouiller dans la Bibliothèque de l'Honnête Etudiant ERASMUS, et -peut-être- finalement ouvrir un blog plus tôt que prévu. (Parce qu'un développement risque d'être un peu longuet.)
Respectueusement,
AJC
PS : désolé pour le flood.
Sinon, je crois que la blogosphère n'est pas simplement un lieu de spécialistes, mais un lieu de professionnels. A mon sens, c'est son grand apport (d'ailleurs, les spécialistes ne sont-ils pas des professionnels de leur spécialité universitaire?).
Dans un journal, les analyses obtenues de spécialistes sont en général retraduites par un journaliste, voir confrontées au stock de connaissance du journaliste, qui est généralement pluridisciplinaire.
Dans les blogs, on a des points de vue professionnels. Du coup, ce sont des points de vue souvent un peu fermés, chacun ayant tendance à croire qu'il détient la vérité, alors que le journaliste est sensé multiplier les points de vue. D'un autre côté, on a accès à des informations plus approfondies et à des mondes sociaux que les journalistes laissent passer à la trape (du fait de leur volonté d'avoir un point de vue global).
aux niveaux des subvention agricole c'est bien 80% qui vont à 20% des paysans et non pas l'inverse. Ségo l'a repris à raison .
Concernant le SMIC le cout du travail n'est pas de 2000 euro par moi comme annoncé par la patronne mais plutôt de 1400 0 1500
http://www.lentreprise.com/3/1/2/guide/10993/5680.html
j'ai aussi bien rigolé quand un paneliste a annoncé les royaume unis avec une balance commerciale positive de plusieurs million, en réalité elle est négative de 50Md. Elle aurait dut le savoir et le reprendre.
http://www.laposte-export-solutions.com/observez.php/royaume-uni/indicateurs-economiques.html
Idem pour aubade, elle aurait du passer sur ce blog...
"D'un autre côté, on a accès à des informations plus approfondies et à des mondes sociaux que les journalistes laissent passer à la trape (du fait de leur volonté d'avoir un point de vue global)."
De leur volonté d'avoir un point de vue global...? :oD
T'es bien sûr ?
Me semblerait plutôt que le journalisme ne vise aucunement ce type d'objectif, mais que les médias "traditionnels" sont soumis aux mêmes règles que toute entreprise : recherche d'une maximisation du profit (Vision néoclass'.), ou alors lieu "d'affrontement" entre les interêts personnels de plusieurs acteurs.
Effectivement il doit exister un gros paquet de journalistes désirant, dans un excès d'idéalisme, montrer la Vrai Vérité Véritable, Combattre Les Méchants, etc. (Bref, l'idéalisme à la Tintin ou comme on en voit uniquement dans les films ricains.)
Malheureusement, il existe toute une hierarchie au-dessus d'eux qui fait que ce qui pourrait les intéresser passe à la trappe.
Et à ce sujet, je me demande si, même avec une liberté accrue, ils seraient capables de se lancer dans des projets ambitieux journalistiquement parlant : faudrait voir de quelle manière ils sont éduqués dans les écoles de journalisme...
Cela m'étonne également, Clic, que tu n'ais pas parlé des normes propres aux champs médiatiques... justement j'attendais une intervention de ta part à ce sujet. :oD
Ou même du passage du champ de certaines sciences au champ médiatique traditionnel (A l'époque de Bourdieu.)... qui désormais, pour ceux n'arrivant pas nécessairement à cela, peut se faire de leur champ d'origine à celui de la blogosphère. (Avec passage potentiel de dominé à dominant...)
Ou alors j'ai rien compris du tout à Bourdieu à ce niveau, ce qui est fort possible. :oD
AJC
Côté blogueurs, ils ont les obligations/devoirs qu'ils se donnent. Ca peut être rien, ca peut êtrre beaucoup.
Le premier nombre a dû baisser depuis (par effet mécanique du second ;-), mais je pense que les \\\"journalistes sans école\\\" sont encore majoritaires aujourd\\\'hui.
On peut en tirer tout de même la conclusion que la nécessité d\\\'une formation spécifique pour exercer la profession de journaliste est un phénomène récent.
Le principe traditionnel de recrutement dans la presse n\\\'est pas le diplôme. Il relève bien plus, en réalité, d\\\'un principe de cooptation. Les réseaux familiaux, amicaux et politiques, la \\\"recommandation\\\" en général, y jouent à plein.
Le dernier mot dans ce processus de sélection puis de promotion par affinités est bien entendu parfaitement maîtrisé, etroitement contrôlé par la direction des médias.
Ainsi, le régime des promotions ne relève pas pour l\\\'essentiel d\\\'une logique de la compétence, mais d\\\'un principe d\\\'allégeance et de récompense pour services rendus.
Toutes les caractéristiques sont réunies pour dire que la profession de journalistes fonctionne bel et bien intrinsèquemet sur une logique de caste.
Tout cela marchait très bien, quand la caste monopolisait l\\\'accès aux moyens techniques de diffusion de l\\\'information, dans un temps où ces moyens étaient très couteux, donc rares (créer une chaîne de télévision ou un journal quotiden demande des millions d\\\'euros d\\\'investissement).
Or ce monopole s\\\'effondre avec internet. Pour quelques dizaines d\\\'euros maximum, il est aujourd\\\'hui possible à chacun de créer un média qui peut toucher potientiellement des dizaines de milliers de personnes. Par l\\\'organisation en réseau d\\\'internet, cette audience se démultiplie et peut rapidement toucher des millions de personnes (la vidéo de Ségolène Royal et les profs, par exemple).
Voilà ce qui explique la nervosité des journalistes face aux blogs: ils se retrouvent face à une concurrence qui les attaque sur la qualité du contenu, quand ils avaient basé leur position sur le monopole d\\\'accès à un moyen de diffusion qui n\\\'existe plus.
Le pauvre Alain Duhamel, qui écrit toujours au stylo plume et reconnait qu\\\'il n\\\'a jamais allumé un ordinateur, devait son statut plus à son réseau de connaissances, qu\\\'à sa compétence: que penser de la pertinence des propos de ce monsieur vis à vis d\\\'une campagne électorale où internet joue pour la première fois un rôle non négligeable, alors qu\\\'il avoue lui-même sa totale incompétence sur le sujet?
@ et pourquoi donc les blogs ne s'intéresseraient-ils pas à la vérité? et pourquoi les journalistes ne chercheraient-ils pas leur intérêt?
@ Vulgos: le problème avec "la pensée dominante" c'est qu'on la voit toujours où on veut. Les gauchistes trouvent que "les médias" sont à la solde du capital tandis que les libéraux considèrent qu'ils sont tenus par des socdem étatistes. Les féministes trouvent qu'il n'y a que des représentations du patriarcat et les "masculinistes" trouvent qu'on ne cesse de présenter des hommes maternant.
Les études là dessus ne démontrent au final pas grand chose tant la catégorisation et la mesure sont difficiles: on arrive assez facilement en sélectionnant des exemples à démontrer ce qu'on veut, mais de là à produire un discours objectif sur ce que serait "le discours dominant" bon courage...
* quand j'ai vu votre commentaire, je suis allé sur votre site
* j'ai vu votre qualité de journaliste indépendant
* j'ai lu votre billet (http://artusfromparis.blogspirit.com/archive/2007/02/20/sondages-en-stock.html) sur les sondages et votre surprise en fin de billet ("Alors peut-on m’expliquer comment il peut être au second tour avec 16% au premier ? Mais je dois être nul en statistiques, bien sûr.") et je me suis dit : il ferait bien d'aller faire un petit tour chez Econoclaste pour réviser le paradoxe de Condorcet/Arrow, notre journaliste ! (lien : http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/02/19/773-le-paradoxe-d-arrow-illustre)
Quel type de média peut se dire "de masse", sans faire de distinction entre les différents types d'individus pouvant réceptionner ses informations ?
Cette simplification me paraît justement un peu douteuse... :oS
"Les journalistes sont un média de masse", je trouve cela un peu capilotracté.
Tant que t'y es, tu voudrais pas réagir à ma remarque sur le billet, "chômage des jeunes, le retour" j'ai peut-être dit une connerie, mais je sais pas, et personne d'intelligent pour me répondre, c'est assez frustrant...
Même pour des journaux du type "Le Monde", des chaînes telles que TF1 ou France 3, il existe une "clientèle" propre. Il n'existe pas de "médias de masse", selon moi, si tu considères le terme "masse" comme celui que pourrait par exemple utiliser Arendt. (C'est à dire : sans distinction de classe sociale, l'individu moyen, etc.)
Et en raison de la multiplicité des clientèles visées, et ce malgré la ressemblance des stratégies propres à ces entreprises et aux journalistes, il me semble justement que la vision des "médias de masse" (Ceux que tu appelles ainsi.) comme relativement uniformes, tombe à l'eau.
Concernant ton article je vais chercher cela. Je suis honoré d'une telle demande, merci. ;o)
AJC
PS : cela risque de te plaire, mais je me suis donné un "rythme de lecture", à Varsovie, après un long (et bizarre) voyage dans les pays de l'Est.
En gros, lire du Bourdieu, Foucault, Arendt, Aristote chaque jour qui passe, selon une méthode permettant d'avancer parmi la pile d'ouvrages que j'ai emporté avec moi.
Et l'année prochaine, pour moi, au lieu de viser crimino je pense qu'une fac de philo pourrait m'être plus utile afin de poser les fondements d'une réflexion plus "construite".
Si j'ai certaines difficultés, je m'adresserai peut-être à toi pour certains conseils ou quelques précisions. ;o)
Encore une chose qui me donne envie de ré-ouvrir rapido un blog, avec ma collègue de fac qui s'est exilée également à Varsovie ! :oD
Cela pourrait constituer un bon sujet de réflexion...
Amicalement,
AJC
PS : et j'espère que je n'aurai pas été trop à côté de la plaque.
- Ils sont indépendants de toute pression liée à la ligne éditoriale que peuvent subir les journalistes d'une rédaction;
- ils ne sont pas soumis à certaines contraintes qui résultent de l'importance de certains annonceurs économiques (publicité) pour la vie même des médias traditionnels;
- ils ont le privilège de ne pas être soumis à la loi du "scoop" qui se traduit souvent dans les médias traditionnels par un certain suivisme (les bloggueurs sont libres de traiter des sujets qui ne font l'actualité et ou de les traiter avec recul et distance sans contrainte de temps;
- enfin, beaucoup de journalistes sont des pigistes qui aspirent à plus de stabilité ce qui peut entrainer de la prudence de leur part et un certain conformisme..
A priorice qui distinguerait le journaliste du blogueur c'est un rapport plus direct, moins dépendant, aux sources de l'information. Le blogueur (expert ou non) n'est très souvent qu'un commentateur d'une information parue par ailleurs et qui lui est parvenue. A l'inverse, en théorie, le journaliste dans le mesure où il assume la dimension d'enquête constitutive à son identité professionnelle est censé être à la source de l'information qu'il publie. Du coup, si vous voulez comparez journalistes et blogueurs à partir de la "qualité " de ce qu'ils produisent, il faudrait définir la qualité non seulement à partir de l'axe généraliste/spécialiste mais aussi de l'axe production d'une information inédite / commentaire de cette information.
(Dans le domaine de l'information, c'est un critère de valeur que de publier ce qui est nouveau inédit ou caché. La nouveauté vaut qualité. Ce que ne comprennent pas les universitaires par exemple, pour qui la qualité est avant tout d'ordre herméneutique - apport à la compréhension du monde).
Certes une fois qu'on a dit cela, il faut ajouter que la réalité du journalisme a bien évolué ces 2 dernières décennies avec "l'explosion de la communication" (S Proulx) : la dépendance aux sources s'est dramatiquement accrue chez les journalistes (développement généralisé des services com', des relations presse, etc.) et ce qui faisait leur "avantage concurrentiel" (vis-à-vis des blogeurs) s'amenuisent. La communication a pris la main sur l'information, les communicants l'ont emporté sur les journalistes.
Brefn il serait souhaitable compléter le modèle et passer de 2 acteurs (journalistes, blogueurs) à 3 acteurs (sources-communicantss, journalistes, blogueurs).
C'était ma contribution non à la "polémique" , mais à la réflexion sur le rapport journalistes/blogueurs, je l'espère constructive.
Côté blogueurs, ils ont les obligations/devoirs qu'ils se donnent. Ca peut être rien, ca peut êtrre beaucoup".
Cher monsieur BO, vous avez une telle conscience de votre supériorité qu'il ne vous a pas échappé que certains enseignant sont idiots, incultes, paresseux, etc.
Cela n'empèche en rien que la fonction et la responsabilité des enseignants soit de transmettre un savoir ; de préférence exact, et s'approchant de la vérité.
Cela m'étonne de la part de quelqu'un comme vous que l'on puisse se contenter de l'ironie sur des fonctions sociales qui se définissent plus que d'autres par leur contenu moral.
On a donc tous les cas possibles. Je ne crois pas qu'il y ait de différence "naturelle" en termes de moralité entre blogueurs et journalistes, c'est ce que j'aurais pu dire pour vous répondre.
En passant, ne croyez pas que je me considère comme supérieur à qui que ce soit. Mon billet ne signifie pas cela, simplement que des blogueurs peuvent aller plus loin dans l'analyse que des journalistes parce qu'ils sont plus spécialisés, pas parce qu'ils sont intrinsèquement supérieurs.
Si on considère que la France est le premier pays du monde en terme de presse magazine spécialisée et donc du nombre de niches traitées par un magazine, ça semble idiot de comparer l'expertise des blogueurs au généralisme des reporters. Des toubibs sont journalistes médicaux, des pêcheurs sont chroniqueurs pêche, des windsurfers sont rédac' chefs de magazines de planche... iIl y a des magazines sur les montres, sur les bateaux en bois... Tous édités et réalisés par des spécialistes. N'est-ce pas à cette catégorie-là qu'il faudrait comparer l'expertise des blogs-niche?
En outre, la première info est plus souvent le fait d'une agence ou d'une rédaction. C'est ensuite le commentaire, souvent éclairé, qui sort des blogs. Un commentaire, par définition, c'est souvent plus... informé qu'une info!
Bonne continuation.
J\\\'ai bien aimé l\\\'article ,2 remarque quand même:
Je suis d\\\'accord avec Jean-Philippe. Je ne vois pas ce qui permet d\\\'affirmer que les journalistes sont par definiton généraliste, et les blogueurs des specialises. comme il y a des bons et des mauvais partout, il y a des specialistes et des generalistes partout. Et à specialiste, specialiste et demi...
La courbe m\\\'a fait mourrir de rire... Dans le genre cqfd, ça se pose là. Digne des plus bas procédé journalistique... Disons que l\\\'auteur est blagueur... En ordonnée, c\\\'est le nb d\\\'article? inconnu, mais dessiné... Pourquoi ne pas le multiplier par une autre inconnue, le nb de "hit"? Les abscisse sont evidamment estimées par l\\\'auteur. Bref, ce dessin illustre que l\\\'auteur se place au dessus de tous les journalistes ;-).
Cordialement,
Paul
Et pourquoi ne pas faire une étude d'envergure, en employant une méthode scientifique permettant de prouver cet avis ? À quand des courbes s'appuyant sur des données réelles plutôt que tracées à main levée ?
Bref, un peu d'objectivité ne ferait pas de mal et renforcerait le propos...
en revanche, je ne dirais pas qu'il ne s'agit que d' "un point de vue, étayé par de subjectives pensées fondées sur une unique expérience individuelle". C'est plutôt une hypothèse de travail, qui repose sur deux idées :
* la presse traditionnelle bénéficie de processus de sélection ex ante qui permettent de réduire le "taux de déchets",
* les blogs permettent à des spécialistes de s'exprimer plus que dans les médias traditionnels, d'où des analyses plus pointues.
La première idée pourrait être validée facilement. La deuxième peut faire débat. Je ne m'appuie pas spécialement sur mon expérience, plutôt sur le fait que lorsque je veux une expertise approfondie d'un sujet donné, je vais compléter ma lecture des médias traditionnels par la lecture des blogs. Un seul exemple, la question du droit au logement opposable, j'ai plus appris chez Maître Eolas que dans Le Monde. Idem avec la lecture du blog "Technologies du langage" s'agissant du décryptage du discours des politiques, etc... Je ne dis pas qu'il n'y a pas de spécialiste dans les médias, mais les spécialisations sont moins pointues dans les grands médias généralistes. On devrait pouvoir faire une étude plus précise, en se focalisant sur quelques sujets, pour évaluer ex post la qualité sur chacun des supports.