Chômage et territoires

Publié le par Olivier Bouba-Olga

L'Insee a publié récemment les taux de chômage par zone d'emploi, pour la période 1999-2008 (vous trouverez une carte et les noms des 348 zones d'emploi qui composent le territoire français ici).

Petites analyses statistiques.

J'ai commencé par calculer la moyenne simple des taux de chômage en début de période (1999-2001) et en fin de période (2006-2008), histoire de lisser quelque peu les évolutions. J'ai ensuite calculé quelques indicateurs statistiques de base :


1999-2001 2006-2008
Minimum 3.1 3.9
Q1 6.7 6.4
Médiane 7.9 7.5
Moyenne 8.3 7.8
Q3 9.6 8.9
Maximum 17.0 14.3

 

 

La moyenne et la médiane ont reculé, le minimum a augmenté, le maximum a diminué, bref, légère réduction du taux de chômage et léger tassement des écarts entre zones d'emploi. Résultat que l'on retrouve si on représente les courbes de densité des taux de chômage pour ces deux périodes.

Choze

J'ai ensuite construit 4 classes de zones d'emploi, 25% de zones d'emploi par classe, de la classe "--" pour les 25% ayant les plus forts taux de chômage à la classe "++" pour celles ayant les plus faibles taux. Et ce aux deux dates. Ce qui permet de construire la matrice de passage suivante :


-- - + ++
-- 65 22 0 0
- 19 48 19 1
+ 4 13 51 19
++ 1 2 19 65

 

Avec en ligne les classes sur la période 1999-2001 et en colonne les classes sur la période 2006-2008.

 

A partir de cette matrice, on peut calculer :

* un taux d'inertie, égal à la proportion de zones d'emploi appartenant à la même classe aux deux dates. On obtient un taux de 66%

* un taux de mobilité ascendante, égal à la proportion de zones passant vers une classe plus favorable (classe ""-" à la classe "+" par exemple). On obtient un taux de 18%

* un taux de mobilité descendante, symétrique du précédent. Le taux obtenu est de 17%

 

En résumé : l'inertie domine, mais elle s'accompagne malgré tout d'un peu de mouvement, vers du plus favorable pour certaines zones, vers du moins favorable pour d'autres.

 

On peut enfin regarder dans le détail les zones qui ont le plus bougé dans la matrice (celles ayant fait des sauts de plus de deux catégories) :

* 1 zone est passée de la classe "-" à la classe "++", il s'agit de la zone d'emploi de Chambéry

* 4 zones sont passées de la classe "+" à la classe "--" : Commercy, Montbéliard, Le Sud-Ouest Champenois, Belfort

* 2 zones sont passées de la classe ""++" à la classe "-" : Oyonnax et Strasbourg

* enfin, le pompon pour la zone qui est passée de la classe "++" (elle était parmi les 25% de zones d'emploi ayant le taux de chômage le plus faible) à la classe "--" (elle est parmi les 25% présentant le chômage le plus fort) : il s'agit de ... Mulhouse.

 

Il fait pas bon vivre dans l'Est de la France...

Publié dans Territoires

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jimbee 24/10/2010 08:55



Tout ça pour constater que dans l'est, c'est difficile ! Désolé mais même si votre travail a le mérite d'exister, les conclusions avaient déjà été faites depuis bien longtemps par... les
demandeurs d'emploi eux-mêmes. L'est a été ravagé par les crises successives de la fermeture des bassins miniers puis par les délocalistaions dans la sidérurgie et maintenant par la récession due
à la crise monétaire... c'est beaucoup pour une région qui était forte de sa main d'oeuvre spécialisée et du brassage social créé par les trente glorieuses et l'arrivée d'immigrés espagnols et
polonais.



manuel jacquinet 20/10/2010 14:41



je suis producteur d'une comédie sur les centres d'appels ,sujet sur lequel vous avez écrit;nous faisons une avant première du film dans votre région bientot;merci de m'appeler au 06 85 43 27
11  car le point de vue d'un économiste m'intéresse sur le sujet des délocalisations de call center etc;



cdg 15/10/2010 10:55



pour les zones de strasbourg et Mulhouse et leur evolution negative, l explication veint peut etre des frontaliers


En effet, si a une certaine epoque il etait facile de trouver du travail en RFA (ou en suisse pour mulhouse), il est logique que le taux de chomage soit bas. Si cette possibilite de travail a l
exterieur s est tarrie, le chomage augmente


 


Autre explication: ces zones etaient dynamique et ont attirees des personnes cherchant du travail de zones classées --


Et une partie de cuex ci n ont pas trouve de travail


Il serait interessant de correler l evolution du chomage avec l evolution de la population active dans ses zones. On peut avoir de bon resultat au niveau chomage si il ne reste plus que des
retraités (ce qui est en general le cas dans les zones rurales)


 


 



Pierre 12/10/2010 09:49



Il serait intéressant de mettre en rapport ces évolutions avec la spécialisation sectorielle des zones d'emploi, et l'évolution de l'emploi dans ces secteurs au cours du temps. Mais c'est sans
doute plus de travail...



YMB 11/10/2010 18:36



Il doit y avoir une petite erreur sur la fin : les zones qui passent de "++" à "-" sont mentionnées 2 fois.



OBO 12/10/2010 09:16



idem, merci, c'est corrigé!