L'AERES et le Ministère se réveillent

Publié le par Olivier Bouba-Olga

* l’AERES décide de ne plus accorder de note globale aux laboratoires : « Principale évolution : la note globale d’une unité de recherche (ou d’une équipe de recherche) est remplacée par une appréciation textuelle courte bâtie sur les notes multicritères. »

Les non initiés se demanderont sans doute quelle est l’importance d’une telle évolution, les initiés sûrement pas. Toute personne normalement constituée ne peut que considérer ce système de note globale comme absurde.

Le problème est que la plupart des personnes normalement constituées répondent aux incitations : si on leur dit que tout dépend d’une note globale, ils feront tout pour obtenir la "bonne" note globale. En prenant le cas échéant des décisions absurdes.

* Le Ministère vient d'annoncer officiellement le report à une date non encore déterminée de la campagne d'évaluation des enseignants - chercheurs. Evaluer, individuellement, sur la base d’un dossier, de manière centralisée, l’ensemble des enseignants-chercheurs des Universités françaises… Staline, réveille-toi, ils sont devenus fous (musique).

Publié dans Recherche

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Bokken 22/12/2011 17:22


Je n'y crois pas une seconde, on m'a bien décrit comment cela fonctionne. Sauf que ce critère sert à exclure certains dossiers, irréprochables en termes de recherche mais qui n'ont clairement
aucune motivation pour l'enseignement.


Mon argument est que si on estime que cette évaluation est méthodologiquement (et pas seulement pratiquement) infaisable, alors il faut songer à réformer profondément la qualification.

Bokken 22/12/2011 17:10


Pourtant, dans les grilles d'évaluation pour la qualification, il est bien spécifié que celle-ci accorde un poids égal à l'activité d'enseignement ainsi qu'aux activités administratives du
postulant. 

OBO 22/12/2011 17:17



vous y croyez? Gizmo pourra donner son sentiment, je pense que l'activité de recherche compte pour 80%... Et évaluer l'activité d'enseignement ou
d'activités administratives du postulant sur la base de la liste des cours effectués, franchement...



julien 22/12/2011 15:39


J'ai du mal à comprendre cette attitude de l'AERES. Va-t-elle continuer à noter les établissements et les formations ? Pourquoi se revirement soudain ? Je dois bien avouer que je comprends pas la
réticences de nombreux collègues à l'évaluation externe. D'abord, cela a commencé avec le classement des revues (qu'il vienne du CNRS ou de l'AERES). Que nous apprennent ces classements : L'AER
et Econometrica sont de meilleures revues que la Tadjikistan Review of Economics ... Franchement, ca etonne qui ? Ensuite, nous sommes déjà évalués de tous bords : par nos pairs pour les publis,
par nos pairs et les institutions pour les réponses aux appels d'offre, par nos pairs pour être membre d'une UMR, pour une promotion (CNU), par les étudiants pour les cours, ... j'arrête là la
liste mais je peux la rendre très longue en réfléchissant 5 minutes ! Finalement, l'AERES c'était l'assurance d'avoir une évaluation sur des critère objectifs qui ne soit pas le seule fait des
syndiqués des CNU. C'était aussi l'occasion d'un bilan et d'une réflexion stratégique au sein des UMR les moins prestigieuses ... Pour ma part, je regrette que l'AERES ne continue pas dans sa
stratégie.

OBO 22/12/2011 17:11



le problème n'est pas être pour ou contre l'évaluation, mais de s'interroger sur les modalités de l'évaluation. Que ce soit pour les labos ou pour la
Prime d'Excellence Scientifique, par exemple, on ne ne focalise que sur la note globale, avec des problèmes de notations hétérogènes par discipline par exemple qui ne sont pas sans poser
problème. Voir aussi ma réponse à un commmentaire plus haut sur le pb de l'évaluation de l'enseignement, responsabilité etc faites par un organe extérieur centralisé, qui ne rencontre jamais
l'enseignant chercheur en question.


bon, il y aurait des millions de choses à dire, encore une fois ce n'est pas le problème de l'évaluation en tant que telle qui me pose pb, mais les
modalités. Je pense qu'on pourrait faire beaucoup mieux, mais le coût serait élevé. Idem pour les qualifs, promotions, etc.



Gizmo 21/12/2011 23:05


Si l'AERES supprime la note globale, je me demande comment le Ministère calculera les moyens financiers alloués aux universités pour la recherche : le modèle SYMPA 2 d'allocation des moyens est
largement fondé sur la note globale des unités évaluées... Belle pagaille en perspective, selon les vagues d'évaluation...

OBO 22/12/2011 17:07



voui, belle pagaille en perspective...



Bokken 21/12/2011 20:54


« Evaluer, individuellement, sur la base d’un dossier, de manière centralisée, l’ensemble des
enseignants-chercheurs des Universités françaises »


Est-ce vraiment si absurde ? C'est ce qui se fait pour la qualification CNU, et qui ne semble pas choquer
grand'monde.

OBO 22/12/2011 17:06



* coûts d'organisation de l'évaluation énormes, jamais quantifiés d'ailleurs, qu'il faudrait mettre en rapport du gain espéré de
l'évaluation


* juger de la recherche (c'est l'essentiel pour la qualif) est une chose, juger de l'enseignement, de l'implication en termes de responsabilité et de
l'encadrement doctoral par exemple en est une autre quand on ne dispose que de dossiers papiers