Le poids des filiales étrangères en France

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Combien pèsent les filiales étrangères en France ? L’OCDE a sorti un document il y a quelques temps, qui permet de s’en faire une idée plus précise qu’en regardant simplement les IDE entrants en France. Le critère statistique retenu est plutôt strict : sont comptabilisées les filiales dont le capital est détenu à plus de 50% par une société étrangère. Résultats pour quelques pays, pour l’industrie manufacturière seulement :

Tableau 1 : poids des filiales étrangères dans différents pays, en % du total national, 2004

 

nombre d'entreprises

nombre de salariés

chiffre d'affaires

R&D

Allemagne

1,4%

15,4%

26,7%

27,9%

Espagne

0,7%

15,6%

26,4%

nd

France

2,0%

26,2%

31,8%

27,4%

Royaume-Uni

2,6%

26,6%

41,0%

39,4%

Suède

2,8%

32,4%

39,9%

52,0%

Tchéquie

4,0%

37,2%

52,6%

65,0%

Source : OCDE, Mesurer la mondialisation : activités des multinationales, volume I, secteur manufacturier 2000-2004. Les chiffres portent sur l’industrie manufacturière.

On a des données également pour l’ensemble des activités. Pour la France, les chiffres deviennent un peu moins importants, mais ils restent conséquents (14% des salariés, 23% du chiffre d’affaires et 25% de la R&D).

Je reviens aux chiffres « effectifs salariés » de l’industrie manufacturière française travaillant dans des filières étrangères. On apprend dans le document que 99% de ces effectifs travaillent pour des filiales relevant de pays de l’OCDE, dont 66,3% de pays de l’Europe et 26,3% des Etats-Unis. Au sein de l’Europe, ce 66,3% se décompose en un 57,8% UE à 25 et un 57,7% UE à 15. Le premier pays UE à 15 est l’Allemagne, avec 16,6%.

Vous imaginez si les pays d’origine des filiales étrangères implantées en France instaurent, comme le fait le gouvernement français, des primes à la relocalisation, et que ces primes soient réellement efficaces ? Sûr que ça fera du bien à l’économie française…

Publié dans Mondialisation

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fiscalité 28/12/2017 00:41

merci

externalisation 15/04/2010 15:47



Dérrière l'installation des filiales, il y a beaucoup d'études, de paramètres, ... L'objectif étant toujours d'avoir plus de bénéfices. D'ailleurs, c'est aussi l'objectif des externalisations de
tous genres.



Erasme de Metz 06/04/2010 06:49



@Ette @OBO juste une petite analyse locale, une bonne part des implantations allemandes en Alsace-Moselle (qui ont dopé les IDE dans les années 80-90) étaient des "délocalisations" avec une part
importante voire très importante de réexportation vers l'Allemagne. S'il n'y a pas eu de prime à la relocalisation en Allemagne, les évolutions des 10 dernières années (salariales et fiscales)
font que de facto on assiste à une relocalisation rampante (ou à une nouvelle délocalisation vers les pays de l'Est)



Olivier Bouba-Olga 03/04/2010 15:25



@ Ette : voui, vous avez raison... pi c'est pas comme si j'en avais déjà parlé de tout ça...



jmdesp 03/04/2010 15:24



Deux points très intéressant.


- Sauf en Suède et en Tchéquie, leur ratio pour la R&D est très proche du ratio en CA. Donc pour 1€ gagné, elles investissent presque le même % en R&D que les entreprises nationales.
Alors que l'investissement R&D privé varie généralement fortement en fonction des pays. L'endroit où l'entreprise se trouve joue donc un rôle plus important que qui la possède.


- La France et la Suède sont les seuls pays où les entreprises étrangère ne sont pas très fortement plus efficace en CA/employé que les entreprises nationales. +20 et +25% pour ces deux pays,
mais +73% pour l'Allemagne ! Une différence très, très surprenante quand les pays qui la subisse sont parmi les économies les plus performantes au monde. La fiscalité pourrait-elle fausser le
chiffre ? Celle de l'Allemagne est effectivement favorable, mais le taux effectif de l'angletterre est plutôt encore moins bon que la france ( cf
http://www.netpme.fr/fiscalite-entreprise/443-fiscalite-entreprises-france-est-elle-competitive.html )