Quel Master choisir?

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Vous êtes en Licence d'Economie, d'AES, de Géographie, de Droit, de Gestion, LEA, etc.? Vous vous demandez s'il vous faut continuer en Master? Si oui, dans quel Master? Voici (gratuitement) quelques réponses à vos questions!

Premier temps : un petit diaporama pour insister sur l'importance de poursuivre ses études jusqu'en Master. Démonstration en trois temps : i) toutes les statistiques convergent pour montrer que poursuivre en Master (plus généralement à bac+5) permet d'une part de réduire fortement l'exposition au chômage et, d'autre part, d'accéder à des emplois de qualité, ii) les analyses de l'économie et de la sociologie expliquent bien pourquoi : poursuivre jusqu'en Master permet d'accumuler du capital humain (Becker), du capital social (Granovetter) et de se doter d'un signal positif (Spence), iii) la question, pour des étudiants de Licence, est moins de savoir s'ils seront pris en Master (rassurez-vous, vous serez pris dans un Master) que de savoir s'ils seront pris dans un bon Master... (cliquez sur l'onglet "full" pour bien voir les graphiques.tableaux du diaporama).

Deuxième temps, où je précise le troisième point. Pourquoi les étudiants ne doivent pas avoir peur de trouver une place en Master? Car l'offre de Master a littéralement explosée! Pourquoi? Car le système universitaire marche sur la tête... Petit enchaînement : i) la baisse démographique et l'image plutôt calamiteuse de l'Université dans notre beau pays, où le must du must, dans la tête de nos élites et de nombre de citoyens, ce sont les grandes écoles, conduit à une baisse des effectifs dans les Universités, ii) la réponse apportée par les Universités pour enrayer cette baisse consiste à augmenter l'offre de diplômes, notamment de Masters, iii) cette offre de Master est portée par des enseignants-chercheurs, que la direction des UFR n'ose pas contester, car le fonctionnement ultra-démocratique des UFR conduit à éviter coûte que coûte de se fâcher (l'échelon supérieur n'aura qu'à trancher!) iv) l'offre de Masters proposée par les UFR remonte à la direction des Universités qui n'ose pas non plus la contester, compte-tenu là encore du fonctionnement ultra-démocratique de nos institutions, histoire de ne pas se fâcher avec les UFR (l'échelon supérieur n'aura qu'à trancher!), v) l'offre de Masters des Universités remonte au Ministère... qui ne peut pas s'en remettre à l'échelon supérieur, car il n'y en a plus... mais qui peut avancer un argument de choc : ouvrez autant de Masters que vous voulez, de toute façon, vous fonctionnerez à budget constant!

Implication n°1 pour les universitaires : l'offre de Masters a explosé, les Masters tournent à 15 étudiants environ (et encore...), il devient de plus en plus difficile de discriminer entre les bons masters et les mauvais masters, avec un problème à terme selon moi : le "signal" que constitue la détention d'un master risque de se dégrader...

Implication n°2 pour les étudiants : il ne faut pas craindre de ne pas être pris en Master, il y en a tellement, et tous sont tellement à la recherche d'étudiants, que vous serez pris quelque part. Tout l'enjeu pour vous est d'être pris dans un bon master.

Implication n°3 pour moi, responsable scientifique du Master Développement Economique Local de Poitiers : un brin énervé par cette dérive ridicule du système (qui est en train de se résorber malgré tout, compte tenu de l'autonomie croissante des universités, qui conduit les présidences d'Universités à prendre des décisions plus fermes qu'auparavant), l'équipe du Master a décidé de réagir en apportant aux futurs étudiants de nos promotions tout un ensemble d'informations utiles (c'est le bon côté d'une intensification de la concurrence!). L'idée pour nous n'est pas de jouer les commerciaux en faisant de la pub séduisante (nous ne sommes pas des écoles de commerce ;)), mais de réduire l'imperfection de l'information, que les étudiants de Licence puissent faire des choix éclairés.

Première étape : donner un maximum d'information sur le site internet de notre laboratoire (le CRIEF), auquel le Master Développement Economique Local est adossé. Plus précisément, vous y trouverez, dans l'onglet Master Développement Economique Local,  les rubriques suivantes :

  • Contacts et Candidatures (notamment le dossier de candidature 2010-2011 à télécharger, remplir et nous renvoyer)
  • Débouchés (des éléments sur les débouchés du Master et des statistiques sur l'insertion des étudiants)
  • Intervenants (la liste des intervenants du Master, des compléments sont à venir)
  • Organisation et Contenu (des exemples de travaux réalisés lors des ateliers, idem, compléments à venir)
  • Partenaires (la liste des partenaires institutionnels avec lesquels nous travaillons : ils interviennent en cours et/ou proposent des stages et/ou sont nos partenaires dans le cadre de la réalisation de différentes études)
  • Stages (liste des stages réalisés par les dernières promotions)
  • Témoignages d’anciens (quelques témoignages audio d'anciens étudiants et d'étudiants actuels. D'autres sont à venir, ainsi que des témoignages de professionnels recruteurs de notre Master, qui expliqueront pourquoi ils recrutent de tels profils).
  • Temps forts du Master (liste des "temps fort" du Master, pour l'année 2009-2010 et, en cours de construction, la liste pour 2010-2011).
N'hésitez pas non plus à consulter l'onglet Ressources Diagnostic Territorial, dans lequel nous avons mis pour l'instant quelques éléments sur des études que nous réalisons pour différentes institutions (feu le Haut Commissariat aux Solidarités Actives, la Direction Régionale de l'Equipement, d'autres à suivre). Nous allons compléter bientôt avec des éléments de méthodologie du diagnostic territorial, à disposition de l'ensemble des acteurs des territoires. Idem avec l'onglet Programmes de Recherche du laboratoire (dans le cadre de différentes ANR, pour le Conseil Régional Poitou-Charentes, pour le Conseil Régional d'Aquitaine, d'autres à venir là aussi). Dans la plupart des cas, des étudiants du Master 2 nous accompagnent sur ces recherches/études, au cours de leur stage de fin d'études, où dans le cadre des ateliers dispensés au cours de leur formation.

J'insiste : il ne s'agit pas pour moi de faire de la publicité  aguichante pour notre Master, juste de donner un peu plus d'informations. J'invite vraiment les étudiants de Licence à prendre un maximum d'informations sur les Masters qui retiennent leur attention. En ne se limitant pas à l'intitulé du Master où à la liste des cours. Mais en demandant surtout des informations sur les débouchés, en réclamant la liste des anciens étudiants, en en contactant quelques-uns, pour qu'ils vous disent quels métiers ils exercent, quelle perception ils ont de leur ancienne formation, etc. Si vous estimez qu'il manque des informations importantes sur notre site, n'hésitez pas à me le dire, nous essaierons de compléter au plus vite ! (obouba(at)univ-poitiers.fr). Je sais que la formule est plutôt ringarde, mais elle résume vraiment mon sentiment : il y a de vrais savoir-faire dans nos universités, bien meilleurs que dans nombres d'écoles qui attirent comme des mouches les étudiants. Notre problème est que nous sommes très mauvais en termes de faire-savoir. Alors, on essaye de s'améliorer...

Publié dans Université

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YK 13/05/2013 22:32


Cher Olivier,


Article extrêmement intéressant, qui pose à mon sens les bonnes questions. IL y a plein de bénéfices à l'idée de faire un Master! J'ai moi-même traiter du sujet dans un article qui pourrait vous
intéresser : http://www.jetdencre.ch/choisir-son-master-savoir-ce-quon-veut-avant-tout-3026

Mes meilleurs salutations! 

pushoumup 10/04/2010 14:56



J'ai fait le master poitevin, il y a plusieurs années. En réponse à Monsieur AJC, je dirai que dans mon cas, le master a répondu à mes attentes :


- formation au métier de développeur local,


- gain en autonomie,


- capacité à assumer des responsabilités.


Maintenant, je ne suis pas dans l'optique de l'assistanat comme semble l'être M. AJC (volonté d'acquérir un réseau pour s'appuyer dessus, besoin qu'on lui donne des offres de stages,...
). Pour mon stage, je me suis débrouillé tout seul car je souhaitais me placer dans les conditions d'une recherche d'emplois. Cela a payé. Puis après le master, je n'ai pas cherché à trouver les
personnes qui pourraient m'appuyer... j'ai fais valoir mes compétences (parfois n'hésitant pas à y aller au culot en faisant valoir que le recruteur avait besoin de moi et non l'inverse
(différence avec la volonté d'accroitre son réseau)) et je me suis pris en main.


Si j'avais seulement compté sur mes diplômes, M. AJC, je n'aurais jamais le CV que j'ai aujourd'hui. Les formations vous apportent la boite à outils comme le dit M. Bouba-Olga. Ensuite à vous
d'en faire bonne usage et de savoir la valoriser.


Bon courage pour la suite de votre parcours professionnel.


 


 



Pierre Arnoux 03/04/2010 12:18



Juste une remarque: la baisse des effectifs universitaires N'EST PAS DUE A UNE BAISSE DEMOGRAPHIQUE.


Pour le voir, il suffit de prendre les données de l'INED. L'effectif de la classe d'âge du baccalauéat fluctue depuis 1964 autour de 800 000, avec un maximum de 893 000 en 1989, et un minimum de
730 000 en 1994. Le plus fort effectif au bac a été atteint en 1994, ainsi que les plus fortes entrées en fac, à l'époque du minimum démographique; depuis, la démographie s'est relevée, le nombre
de reçus au bac a stagné, et le nombre d'entrées en fac a baissé.


 


Cependant, il va effectivement y avoir une chute démographique de la classe d'âge au bac dans les prochaines années, jusqu'en 2017 (arrivée au bac du "mini-boom" de 1999); cette baisse va
aggraver les effets de la chute actuelle, qui n'est pas démographique. Elle est probablement due essentiellement à des réformes ratées et mal gérées de l'enseignement secondaire et supérieur.



Olivier 29/03/2010 15:28


Oui, bien sûr, il faut faire des études.
D'abord parce que les soirées étudiantes c'est quand même beaucoup plus sympa que les pauses café autour de la machine à jus de chaussette de l'entreprise.
Ensuite, plus sérieusement, parce que faire des études cela permet de se rendre plus employable en remplissant sa boite à outils, celle que l'on doit ouvrir pour répondre aux questions que pose le
patron ou le chef de service ; la boite à outils dans laquelle on trouve un peu de tout et que l'on met tellement de temps à remplir.


AJC 28/03/2010 20:05


Bien entendu : il s'agissait uniquement d'une approche individuelle et non scientifique, de ma toute petite expérience personnelle.

Au regard des statistiques récentes (promotion 2008), cela va dans ce sens :
- salaire relativement bas (200€ de plus que le SMIC en moyenne),
- localisation au niveau du Poitou-Charentes et des régions limitrophes (majoritairement, et cela se retrouve de 2002 à 2007).

Deux des ingénieurs d'étude font parti de la faculté de Poitiers (c'est le cas, ou je me trompe...?) : cela n'est pas explicitement signalé me semble t'il, mais il faut faire remarquer. Après, à
six mois, un ancien étudiant sur trois au chômage est peut-être à souligner...

...sans compter l'énorme proportion de CDD.

Il faudrait éventuellement apporter des informations (afin de réduire l'asymétrie dont vous parlez) sur l'origine des candidats : peut-être trouverait-on des choses intéressantes si l'on se
penchait sur leurs origines universitaires ou professionnelles ? (Des choses perceptibles à une échelle individuelle : le cumul de diplômes, des formations complémentaires comme nous en avons connu
cette année, ou même des origines professionnelles diverses -donc insertion sur le marché de l'emploi déjà effectuée-)
C'est peut-être un réflexe d'économiste ou non, mais vous m'avez également appris (ainsi que d'autres professeurs) à me méfier des statistiques trop simplistes ou écartant certains facteurs
déterminants d'un point de vue socioéconomique, comme par exemple l'acquisition préalable de capitaux symboliques ou sociaux.

Après, je désirai uniquement fournir des informations "qualitatives" sur un parcours précis, et j'y vais avec des pincettes en soulignant qu'il ne s'agit que du cas où l'on désire travailler :
- dans le privé (où les étudiants de M2 DEL sont en concurrence avec Science Po et les écoles de commerce),
- en région parisienne (pour un "bon début de carrière", de créer sa carte de visite, et donc d'acquérir un bon signalement dans le sens économique du terme).
Avec des impressions strictement personnelles.

Il s'agit uniquement d'un témoignage comme ceux que vous apportez sur votre site.

Une comparaison avec les statistiques des facultés parisiennes (ou plus professionnalisantes, comme celle de l'ICOMTEC) ou même d'école de commerce serait peut-être plus honnête dans le but de
réduire l'asymétrie d'information ?...

A ce sujet, il serait intéressant de signaler (sans statistique aucune, mais justement, ce n'est pas quantifiable) la capacité de réponse aux exigences du marché de l'emploi du M2 DEL.
Selon mon expérience très récente, il était impossible d'obtenir une convention de stage hors-formation. C'est louable, dans une volonté pour les étudiants de ne pas enchaîner les stages.
Mais cela peut être problématique dans le cas où un ancien étudiant doit alors laisser de côté une opportunité (et oui, parfois, cela doit passer par un stage).
Et ce n'est bien entendu pas le cas dans d'autres types de formations privilégiant l'insertion professionnelle (c'est plus le cas de l'ICOMTEC m'ayant fourni ma convention actuelle, et sans
laquelle je serai sûrement au chômage).

Mais je me trompe sûrement, n'ayant pas fait le tour des autres formations. Il me semblait néanmoins que c'était le cas dans certaines écoles de commerce ou à l'ICOMTEC en s'inscrivant à un DU,
voire même dans certaines facultés.