Papotages


S'abonner

  • Flux RSS des articles

Recherche

Je suis maître de conférences à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

Pour être informé de la parution d'un nouveau billet, abonnez-vous à un flux ou entrez votre mail dans la rubrique Newsletter.

Chroniques Picto-charentaises

Samedi 17 mars 2007 6 17 03 2007 10:19

Inauguration d'une nouvelle rubrique, pour vous faire part de temps en temps de l'actualité économique, sociale ou politique de Poitou-Charentes. Je commence avec les petites phrases de certains politiques.

Lundi dernier, d'abord, commission permanente du Conseil Régionale. Ségolène Royal, absente, laisse la présidence de séance à Jean-François Fountaine, premier vice-président. Débat autour d'un pôle de compétitivité non labellisé intitulé "West Eating Sustainable Territory" (WEST). Réaction d'Henri de Richemont, chef de file de l'opposition, apparemment anglophobe :

"Est-ce que vous avez vocation à être colonisé? (...) C'est affligeant qu'un pays comme le nôtre ne soit pas capable de défendre ses valeurs" (Source : Nouvelle République, mardi 13 mars 2007, p. 3, c'est moi qui souligne)

Lundi, toujours, Jean-Yves Chamard (j'en avais parlé ici), député UMP, Balladurien en 1995, Sarkozyste aujourd’hui, réagit à l’intervention de Chirac :

"je le verrais bien à la tête d’une organisation mondiale de l’environnement avec des gens comme Al Gore", car "c’est un domaine dans lequel il s’est déjà impliqué fortement" (Source : Nouvelle République, lundi 12 mars 2007, p. 2)

 

Comme vous pouvez le constater, les politiques picto-charentais ont parfois un grand sens de l'humour...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 14 mai 2007 1 14 05 2007 21:35

Dans ma boîte aux lettres, aujourd'hui, j'ai reçu le prospectus de Jean-Yves Chamard, candidat UMP aux élections législatives sur la circonscription de Poitiers-Sud. Petit encart intitulé Immigration et développement, qui commence par ce texte : "la France ne peut accueillir toute la misère du monde" disait Michel Rocard.

Je signale donc à Jean-Yves Chamard qu'il y a eu un bug dans son copier-coller, la phrase exacte étant : "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part."

Rocard est revenu en 1996 sur l'oubli récurrent et bien sûr tout à fait involontaire de la deuxième partie de sa phrase dans un article du Monde.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Dimanche 17 juin 2007 7 17 06 2007 08:07
Dominique Clément est l'actuel maire de Saint-Benoît, dans la Vienne (accessoirement la ville où je réside).  Il s'est présenté  pour la première fois  aux dernières élections en se déclarant sans étiquette (en dépit  d'une proximité évidente avec Jean-Pierre Raffarin) se justifiant dans la presse avec cette formule "un trottoir est-il de gauche ou de droite?". 

Formule intéressante, qui peut convaincre plus d'un électeur, mais que j'avais trouvé particulièrement pénible :  le budget d'une municipalité est limité,  le maire et ses conseillers font des choix,  ces choix se traduisent par des investissement dans des trottoirs, le fleurissement de la ville, ou l'embauche de différentes personnes, et le non-investissement dans d'autres domaines (en l'occurrence, la municipalité a embauché deux gardes urbains pour assurer la sécurité de notre paisible bourgade de 7000 habitants, étant entendu que l'objectif était d'en embaucher trois, mais, 35 heures oblige, les finances ne le permirent pas, dixit l'adjoint aux finances). Si un trottoir n'est pas nécessairement de droite, il peut donc être la matérialisation d'une politique de droite (ou de gauche, là n'est pas le problème).

Du moins était-ce mon sentiment, jusqu'à ce soir, où j'ai pu voir qu'à Saint-Benoît, dans la Vienne, les trottoirs étaient foncièrement de droite (
Jean-Yves Chamard est le candidat UMP de la circonscription, il est opposé à Catherine Coutelle, candidate PS) :
:
stbenoit.gif


Allez, bon vote, et regardez bien à droite et à gauche avant de changer de trottoir, vous pourriez vous faire écraser...
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Mardi 19 juin 2007 2 19 06 2007 10:19
futuroscope-copie-1.jpg Centre Presse publie un cahier spécial d’une quarantaine de pages sur le Futuroscope. Philippe Bonnet m’avait interviewé il y a un peu plus d’un mois sur l’impact économique du Futuroscope, l’interview figure page 21 du dossier. En fait, il s’agissait de commenter une étude réalisée par le cabinet Caudron Consultant pour le compte du Conseil Général. Voici les principaux éléments que j’avais mentionnés (certains sont repris dans l’interview, d’autres non).

 1. l’Etat au sens large pratique très rarement des exercices d’évaluation. Le fait qu’une collectivité se lance dans un tel exercice est donc une bonne chose, il serait bon que ce type d’exercice se généralise,

 2. dans l’étude, le cabinet tente d’évaluer les effets en chaîne de l’investissement public, ce qui me semble également une bonne chose : on sort ainsi de l’idée que les impôts ne servent qu’à embêter les gens, ils sont dépensés, ces dépenses génèrent des richesses, ces richesses sont distribuées sous forme de revenus, ces revenus sont pour partie dépensés localement, etc… Méthodologiquement, il s’agit de s’appuyer sur une analyse renouvelée genre « théorie de la base » dont j’avais donné les grandes lignes dans ce document,
 
Ceci dit, les exercices d’évaluation sont difficiles, et il y a quelques problèmes avec celle réalisée par le Conseil Général :
 
1. La première limite : le Conseil Général s’est lancé dans l’exercice d’évaluation en faisant appel à un consultant qui travaillait auparavant pour … le Conseil Général. Pour l’avoir rencontré et discuté à plusieurs reprises avec lui, je ne doute pas qu’il a tenté de faire un travail impartial. Cependant, il est clair que le Conseil Général prête le flanc à la critique en confiant l’étude à quelqu’un qui n’est pas totalement extérieur à l’institution. A l’avenir, il faudrait que les collectivités fassent appel à des experts totalement extérieurs, même si, en faisant cela, on prend le risque d’une évaluation moins favorable.

 2. La deuxième limite porte sur la méthodologie employée. L’étude se décompose en 3 parties : i) étude du Chiffre d’Affaires du parc et des autres activités de la zone, ii) étude des revenus générés dans la zone, iii) impact en termes de création d’emplois. La première partie n’est pas satisfaisante d’un point de vue économique, car le chiffre d’affaires mesure simplement les recettes générées par une entité, sans comptabiliser les coûts. Si on en reste à ce type d’analyse, on en vient à l’idée que le meilleur investissement est un gros investissement (big is beautiful) alors qu’il me semble qu’un bon investissement est un investissement qui rapporte plus que ce qu’il coûte… La deuxième et la troisième partie sont plus satisfaisantes. Elles sont conformes aux exercices d’évaluation faits par les économistes. Elles montrent notamment qu’environ 2 milliards d’euros de revenus ont été générés, pour un investissement initial de 500 millions d’euros, soit un taux de rentabilité de 8% par an, ce qui n’est déjà pas si mal… disons que si le Conseil Général avait placé cet argent auprès d’intermédiaires financiers, il n’aurait pas fait mieux.

 3. troisième limite : il y a cependant un problème, qui tient à la nécessité de distinguer entre le Parc de loisir et la zone d’activité. Si le Parc a eu des effets indéniables en termes d’image, il est devenu au fur et à mesure des années un vrai « boulet ». Pourquoi ? Car il fait supporter au département des coûts fixes très importants. Or, si la fréquentation permet de couvrir les coûts variables, elle ne permet que rarement de couvrir les coûts fixes l'ensemble des coûts fixes, qu’il faut renouveler régulièrement pour que les spectateurs reviennent au Parc. On est donc dans la situation suivante : on a du mal à rentabiliser l’activité, mais arrêter l’activité coûterait encore plus cher (situation que l’on rencontre dès lors que les recettes permettent de couvrir les coûts variables mais pas l'ensemble des coûts fixes). Cette barrière à la sortie est d’autant plus haute que les actifs dans lesquels le département investit sont des actifs spécifiques (qui font supporter des coûts non seulement fixes, mais de plus irrécupérables).  La zone d’activité qui s’est développée autour fonctionne en revanche plutôt bien, avec de nombreuses créations d’emplois. Une bonne part de ces emplois, cependant, correspond à des centres d’appels, ce qui n’est pas sans soulever de questions en termes de pérennité des emplois occupés, de conditions de travail et de niveaux de rémunération. Je ne dis pas qu’il faille condamner automatiquement ce type d’implantation, loin de là, car les premières analyses que j’ai pu mener sur le sujet montrent que le secteur « centres d’appel » est très hétérogène, que ce soit en termes d’ancrage territorial ou en termes de conditions de travail. Il est clair cependant qu’un travail d’évaluation complémentaire permettant d’évaluer le poids des activités pérennes et des activités éventuellement menacées serait plus que bienvenu…

Pour finir, je prêche pour ma "paroisse" :  on insiste beaucoup en ce moment sur la nécessité de renforcer les relations entre entreprises et Université pour favoriser l'innovation. Dans la tête des politiques, cependant, il s'agit plutôt de faire appel, côté université, aux laboratoires de sciences "dures" (ou "inhumaines"), rarement aux laboratoires de sciences "molles" (ou "humaines"). Il me semble pourtant que des collaborations efficaces pourraient être nouées entre les collectivités et les laboratoires d'économie, de géographie, de sociologie, etc..., par exemple sur cette thématique de l'évaluation des politiques publiques. Cela devrait permettre aux collectivités d'être, elles-aussi, plus innovantes...
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 25 octobre 2007 4 25 10 2007 09:17
Le Conseil Régional de Poitou-Charentes organise  une semaine de l'économie, qui a  débuté lundi dernier et qui s'achève demain, avec une synthèse de 10h à 13h, comprenant notamment  un panorama de l’économie régionale réalisé et présenté par l’Institut atlantique d'aménagement des territoires (IAAT), puis une  intervention de ma part, intitulée « Poitou-Charentes dans la mondialisation, enjeux et perspectives d’action », avec à suivre un temps de discussion.
L'occasion de rappeler quelques éléments généraux sur la réorganisation des activités économiques, pour en tirer des implications sur des problématiques régionales. J'insisterai notamment sur l'industrie sur Châtellerault et/ou Rochefort, le développement des centres d'appels sur la zone du Futuroscope, et le problème des conflits d'usage autour de l'eau sur le littoral Picto-Charentais.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 30 janvier 2008 3 30 01 2008 10:09

Les élections municipales approchent, dans la Vienne comme ailleurs. Premier billet d'une série plus ou moins longue, non pas pour prendre parti pour l'un ou l'autre des candidats, simplement pour évoquer quelques enjeux qui seront évoqués, ou pas, par les candidats, en me focalisant sur les aspects "développement économique".

 Les deux principales villes de la Vienne sont Poitiers, d'une part, et Châtellerault, d'autre part. Sur Poitiers, trois principaux candidats briguent la succession de Jacques Santrot, maire sortant PS  (ordre alphabétique) : Stéphane Braconnier, UMP, Alain Claeys, PS, Philippe Mahou, Modem. Sur Châtellerault, 4 candidats : Jean-Pierre Abelin, UMP, Gilles Michaud, divers gauche, Philippe Rabit (je n'ai pas trouvé de blog ou de site), ex-UMP, Joël Tondusson, PS (maire sortant). Je parlerai essentiellement des élections dans ces deux villes.
 
On peut penser que les candidats sur Poitiers vont parler essentiellement de Poitiers, les candidats sur Châtellerault vont parler essentiellement de Châtellerault. Logique me direz-vous. Et bien non, pas tant que ça en fait : du point de vue du développement économique, le territoire "pertinent" ne se limite pas à chaque ville, il s'agirait plutôt de l'axe Poitiers - Châtellerault. Avec, d'un côté, Poitiers, ville dominé par le tertiaire, notamment le tertiaire public (les principaux employeurs de la Communauté d'Aggglomération de Poitiers sont le CHU, l'Université et la Ville), de l'autre Châtellerault, ville industrielle, et entre les deux la zone du Futuroscope, avec son Parc de loisirs, dont j'avais parlé ici, et une zone d'activité où sont localisés de nombreuses entreprises de service, notamment des centres d'appels. C'est aussi le lieu d'implantation du seul pôle de compétitivité labellisé de Poitou-Charentes, le pôle MTA (Mobilité et Transports Avancés).
 
Les problématiques en termes de développement économique de ces trois zones sont très différentes. Je me contente ici de quelques éléments de cadrage, pour faire ressortir quelques problématiques importantes, je développerai dans des billets à suivre.

Pour Poitiers, certains candidats dénoncent l'absence d'une politique ambitieuse d'attractivité vis-à-vis des entreprises privées, à l'heure où la mondialisation met tous les territoires en concurrence. C'est oublier que le développement des territoires peut se faire hors mondialisation, pour reprendre la formule de Davezies : il peut reposer sur une logique d'économie résidentielle, plus que sur une logique d'économie productive et, compte tenu des caractéristiques de Poitiers, la première logique apparaît comme plus pertinente. Je ne développe pas pour l'instant, je renvoie simplement à la lecture de l'ouvrage de Davezies, avec à suivre une note de lecture de cet ouvrage (avec des éléments de critique qui me semblent intéressants de mettre au débat), et un papier sur l'impact en termes de développement local de quelques grandes institutions publiques poitevines.

Pour Châtellerault, le coeur du problème tient aux transformations de l'industrie. Le problème est que certains ont un peu trop présent à l'esprit l'enchaînement Déclin de la France car Désindustrialisation car Délocalisations. Les travaux menés au sein de mon laboratoire (une thèse en cours sur les échelles spatiales de l'innovation a comme terrain d'étude le territoire de Châtellerault) montrent que les choses sont un peu plus complexes que cela... Le deuxième problème est que sur ce territoire comme sur de nombreux autres (ah, le mimétisme des institutions...), la réponse qui semble émerger consiste à mettre en place un cluster, afin que les entreprises locales travaillent plus souvent ensemble. Là encore, je ne développe pas outre mesure, mais je doute de la pertinence d'une telle réponse, pour tout un ensemble de raisons. Je renvoie pour l'heure à l'étude du Cepremap sur les Pôles de compétitivité, qui comprend une partie très intéressante consacrée à l'évaluation des SPL, avec à suivre, là aussi, une note de lecture sur cette étude (si la partie étude empirique est remarquable, je ne partage pas toutes les implications qu'en tirent les auteurs, j'y reviendrai pour alimenter le débat). 
 
Pour la zone du Futuroscope, plusieurs problématiques : Celle du Parc du Futuroscope, d'abord, dont j'ai déjà parlé ici. Celle des centres d'appels, ensuite. Je signale que leur poids dans l'ensemble des effectifs est, en région Poitou-Charentes, près de 4 fois plus important que la moyenne France entière, c'est la région leader en la matière. Analyser précisément ce secteur est donc tout à fait essentiel. Or, la peur d'une délocalisation massive de cette activité paralyse de nombreux acteurs ("de toute façon, tout va partir"). Pour avoir commencé à travailler sur le sujet dans notre labo, il s'avère que ce n'est sans doute pas le problème essentiel à court ou moyen terme. Il y a en revanche de vrais enjeux en termes de marché local du travail : difficultés de recrutement pour certains établissements, problèmes de conditions de travail pour d'autres (pas toujours les mêmes, et pas dans tous les établissements), ... Autre question sur ce site : la pertinence du pôle de compétitivité MTA. Je renvoie de nouveau à l'étude du Cepremap, les premières parties cette fois, sur les Pôles de compétitivité. Petit extrait :
 
M. Porter affirme clairement qu’« il devrait y avoir certaines semences d’un cluster qui aient réussi à passer le test du marché avec succès avant que les efforts visant à développer les clusters ne soient justifiés». (...) De nombreuses initiatives de clusters ne sont pas aussi prudentes et proposent souvent d’en développer de nouveaux à partir de rien. (...) Sur le plan empirique, la prudence de M. Porter semble la bienvenue. La difficulté pour reproduire des clusters réside dans le fait que, dans la plupart des activités, les connaissances de pointe à la frontière de la technologie sont tacites et disséminées à un vaste ensemble d’employés. Cette immobilité des connaissances de pointe (au moins à court terme) a été prouvée à de nombreuses reprises. Par ailleurs, C. van der Linde ne trouve qu’un seul cas où la création d’un cluster a été réussie grâce à une politique de soutien (Hinshu à Taiwan) dans une étude de plus de 700 clusters. (Etude Cepremap, p. 37-38, c'est moi qui souligne).
Approfondir la réflexion dans ces différentes directions me semble donc nécessaire, histoire d'en tirer des implications en termes de politique publique, et d'éviter de taper à côté des problèmes. Il conviendrait également de réfléchir aux moyens de coordonner l'action publique sur l'axe Poitiers-Châtellerault, afin d'éviter des problèmes de concurrence - rivalité - conflit entre  les différentes institutions. La région Poitou-Charentes disposerait des atouts de la Silicon Valley, la mise en oeuvre de politiques non coordonnées ne serait pas trop grave, ce ne serait qu'un peu de gaspillage d'argent public. Mais je ne crois pas que ce soit le cas...
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 2 février 2008 6 02 02 2008 13:54
Un peu énervé,  ce matin,  à la lecture de la Nouvelle République du Centre Ouest : en Une, un encart "enseignement" titré "Portes Ouvertes ce week-end dans les classes prépas de la Vienne". En page intérieure, un grand article avec photos à l'appui, titré "Pour Louise et Etienne, la prépa est une formation d'excellence" et un autre "journée portes ouvertes ce samedi". Adresse et numéro de téléphone indiqués.

Même page, un petit article "L'Université ouvre ses portes aujourd'hui". Aucune coordonnée.

Les prépas à Camille Guérin accueille environ 700 étudiants. Je n'ai pas trouvé les chiffres pour les prépas sur Aliénor d'Aquitaine, ils sont a priori nettement inférieurs. Disons qu'au total, ces prépas accueillent autour de 1000 à 1 500 élèves, toutes années confondues. L'Université de Poitiers accueille de son côté 25 000 étudiants au total, soit plus d'un quart de la population de l'Agglomération. Quelque chose comme 4 à 6 000 en première année, sans doute autour de 15 000 en Licence. Bref, aucune commune mesure avec les prépas.

Premier énervement, donc, lié au traitement biaisé de l'information, avec focalisation sur les prépas, et quasiment pas d'information sur les journées Portes Ouvertes de l'Université, qui concernent pourtant beaucoup plus de monde. On  peut faire l'hypothèse que la stratégie de communication de l'Université est moins bonne, mais franchement, dans le cas présent, je doute.

La lecture de l'interview des deux élèves de prépas a ajouté à mon énervement, notamment lorsqu'Etienne Arrivé déclare "je n'étais pas prêt à aller en fac. Les étudiants y sont livrés à eux-mêmes. Le cadre de travail est plus rigoureux ici" et, plus loin, "on est très loin des cours magistraux". Bref, les poncifs habituels sur l'Université, développé par quelqu'un qui n'y est jamais allé, et repris par un journaliste ne prenant pas la peine de valider ou d'invalider ses propos...

Pour information, les Universités ont beaucoup évolué depuis 20 ans. Pour ne prendre que l'exemple de notre fac de Sciences Economiques, nous accueillons entre 150 et 200 étudiants en première année, 50% des enseignements se font sous forme de TD d'une trentaine d'étudiants ; nous avons instauré depuis plusieurs années du tutorat et des cours de soutien ; les deux sessions d'examen ont été rapprochées et nous avons mis en place des cours de rattrapage en intersession afin de réduire le taux d'échec en deuxième session (et ça marche). Dès ce semestre, via le Plan Licence, des TD supplémentaires sont mis en place pour les élèves en difficulté et, à partir de la rentrée prochaine, chaque étudiant se verra attribué un "enseignant référent" pour mieux l'accompagner. Toutes les UFR ne sont pas allées aussi loin dans l'accompagnement des étudiants, mais l'image véhiculée par les médias est franchement décalée.

Qu'on ne se méprenne pas : je ne dis pas qu'il faut communiquer uniquement sur l'Université, pas sur les prépas ; je ne dis pas qu'à l'Université, tout est merveilleux , et que dans les prépas, c'est l'horreur ; je dis juste qu'un traitement plus équilibré de l'information serait bienvenu, et qu'il conviendrait également d'éviter la diffusion d'idées reçues.

Fin de l'énervement.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 16 février 2008 6 16 02 2008 08:05
Dans mon premier billet consacré aux élections municipales, j'ai expliqué que les problématiques en termes de développement économique sur Poitiers, Châtellerault et la zone du Futuroscope étaient nettement différenciées. Sur Châtellerault, le coeur du problème tient aux transformations de l'industrie. J'ai montré à ce sujet, dans un deuxième billet, que la question était moins celle de la disparition de l'industrie sur la zone que celles des transformations de l'industrie (recours croissant à l'intérim) et de la difficulté de faire émerger du tertiaire industriel.

Suite avec ce billet, qui se focalise sur  Poitiers. Comme déjà mentionné,
certains candidats dénoncent l'absence d'une politique ambitieuse d'attractivité vis-à-vis des entreprises privées, à l'heure où la mondialisation met tous les territoires en concurrence. C'est oublier que le développement des territoires peut se faire hors mondialisation, pour reprendre la formule de Davezies : il peut reposer sur une logique d'économie résidentielle, plus que sur une logique d'économie productive et, compte tenu des caractéristiques de Poitiers, la première logique apparaît comme plus pertinente (même si les deux logiques sont plus complémentaires que substituables).

Pour avancer dans la réflexion, voici le résultat d'un petit travail, permettant d'évaluer l'impact économique local de deux institutions, la Communauté d'Agglomération de Poitiers et le CHU de Poitiers (quelques chiffres également pour l'Université). Résumé introductif :

Cette note s’appuie sur les principaux résultats d’un travail de stage UEP mené par Rachel Bouchet, étudiante en Master « Aménagement du Territoire et Développement Economique Local » de Poitiers, au sein du Service Recherche et Développement de la Communauté d’Agglomération de Poitiers, sous la direction de Dominique Royoux (Directeur du Service R&D de la CAP et Professeur Associé à l’UFR SHA, département de Géographie) et d’Olivier Bouba-Olga (Maître de Conférences, UFR de Sciences Economiques de Poitiers).

Nous montrons que le CHU et la CAP génèrent, en 2006, 303 millions d’euros de revenus : 280,8 millions d’euros de salaires versés par les deux institutions, 22,2 millions d’euros de salaires versés par les sous-traitants locaux. Une part importante de ces salaires est dépensée localement, ce qui conduit à verser de nouveaux salaires à des personnes du territoire, qui seront eux-mêmes dépensés, et ainsi de suite. L’intégration de ces effets multiplicateurs permet d’estimer les richesses apportées par ces deux institutions au territoire à près de 485 millions d’euros pour 2006. Quelques implications en termes de politique publique sont esquissées en conclusion.
Vous pouvez télécharger la note de recherche, toute remarque est bienvenue.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 19 février 2008 2 19 02 2008 10:16
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 27 février 2008 3 27 02 2008 06:29
Je participe  aujourd'hui, entre 18h05 et 18h30, à une émission en direct de France Bleu Poitou  consacrée aux élections sur Châtellerault.  Première partie avec interview de  de Dominique Breillat, professeur de droit public,  deuxième partie, pour laquelle je suis sollicité, consacrée à l'avenir de l'économie sur Châtellerault.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Chroniques Picto-charentaises
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Actuellement...

Il y a  18  personne(s) sur ce blog

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés