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Je suis Professeur des Universités en Aménagement de l'Espace et Urbanisme à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Emploi

Dimanche 12 février 7 12 /02 /Fév 20:17
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Vendredi 20 janvier 5 20 /01 /Jan 21:31

J'avais parlé il y a quelques temps des erreurs et approximations d'une étude de Coe-Rexecode comparant les performances de la France et de l'Allemagne.

Ils viennent de récidiver en publiant une autre étude où ils comparent les durées de travail en Europe et de laquelle ils pensent pouvoir conclure que i) la durée du travail en France est une des plus faibles d'Europe, ii) non content de cela, c'est le pays où on a le plus réduit la durée du travail (35 heures, le retour), iii) que ceci a plombé la croissance française et donc l'élévation du niveau de vie des populations.

Eric Heyer et Mathieu Plane expliquent fort heureusement en 7 pages claires et précises les nombreuses erreurs et approximations de cette nouvelle étude.

Ils sont payés chers les économistes de Coe-Rexecode?

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Jeudi 29 décembre 4 29 /12 /Déc 15:38

Via Xavier Molénat, je découvre cet article de Christiane Marty sur le chômage des femmes, dans lequel elle déplore l'absence de traitement politique du sujet : on s'intéresse au chômage des jeunes, des seniors, voire des minorités, mais pas à celui des femmes, pourtant supérieur systématiquement à celui des hommes (à l'exception de 2009).

Comme pour le taux de chômage des jeunes, on peut cependant aller plus loin dans l'identification du problème en brassant quelques statistiques, que l'on peut trouver ici. L'idée est toujours la même : le taux de chômage est le rapport entre chômeurs et population active, il est d'autant plus élevé que le numérateur est élevé et/ou le dénominateur est faible. Identifier ce qui joue le plus dans les écarts de taux de chômage homme/femme est donc important : le problème est-il qu'elle participe moins (taux d'activité plus faible), où que, quand elles participent, elles souffrent plus du chômage? Voici les chiffres (source Insee, chiffres provisoires du 3ème trimestre 2011) :


 
hommes femmes ratio total
taux de chômage 8.8% 9.8% 1.11 9.3%
part au chômage 6.6% 6.5% 0.98 6.6%
taux d'activité 74.8% 66.1% 0.88 70.4%

 

Résultat : le taux de chômage des femmes est plus élevé que celui des hommes, mais ceci est dû à un taux d'activité beaucoup plus faible. Si l'on regarde la part des personnes au chômage plutôt que le taux de chômage, on observe même qu'elle est plus faible pour les femmes.

Implication : la réduction de l'écart de taux de chômage entre hommes et femmes passe sans doute plutôt par des actions pour faire monter leur taux d'activité.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Mardi 27 décembre 2 27 /12 /Déc 10:23

Interview de notre Ministre du travail sur RTL : "Le chômage n'est pas un problème franco-français. Il n'y a que l'Allemagne aujourd'hui qui voit son chômage reculer parce qu'ils ont fait des réformes de fond sur le marché du travail depuis dix ans et pendant dix ans".

Petit tour sur Eurostat :

chomage.jpg

Bon, c'est pas un problème franco-français, mais y'a pas que l'Allemagne qui s'en sort mieux : y'a aussi l'Autriche, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède, le Danemark, la Finlande, le Royaume-Uni, l'Italie, ...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Dimanche 30 octobre 7 30 /10 /Oct 09:27

Dans « La machine à trier », Cahuc et al. s’inquiètent, dans le premier chapitre, du taux de chômage des jeunes français :

« fin 2010, le taux de chômage des 15-24 ans atteignait 24% contre 8,5% pour les 25-49 ans. Le rapport est donc d’un à trois. (…) Certes, les jeunes rencontrent des difficultés d’insertion dans l’emploi dans de nombreux pays (…) [mais] en 2009, le taux de chômage des jeunes n’était « que » d’une fois et demie celui des adultes en Allemagne, deux fois au Danemark, aux Pays-Bas, en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis, et même en Espagne, et non trois fois comme en France » (p. 15-16).

J’ai été plutôt surpris en lisant ce passage, qui semble indiquer une vraie spécificité française. Je me suis donc empressé de collecter des données complémentaires sur Eurostat, de faire quelques calculs, qui conduisent non pas à infirmer ce qui est dit par les auteurs, mais à préciser le diagnostic dans un sens cohérent, d’ailleurs, avec ce qu’ils développent dans les autres chapitres.

Premier point, j’ai collecté des données pour un ensemble plus large de pays européens, en calculant d’une part le taux de chômage des 15-24 ans et d’autre part ce taux rapporté au taux des 25-64 ans.

Pays

taux jeunes

jeunes/25-64 ans

Belgique

22.4

3.20

Danemark

13.8

2.23

Allemagne

9.9

1.48

Irlande

27.8

2.34

Grèce

32.9

2.96

Espagne

41.6

2.31

France

23.7

2.89

Italie

27.8

3.97

Luxembourg

15.8

4.16

Pays-Bas

8.7

2.35

Autriche

8.8

2.38

Suède

25.2

4.27

Royaume-Uni

19.6

3.38

Union européenne à 15

20.4

2.46

 

On retrouve le ratio d’environ 3 pour 1 pour la France et de 1,5 pour 1 pour l’Allemagne. Mais on observe que d’autres pays souffrent de rapports équivalents, voire supérieurs, à celui de la France : la Belgique, le Royaume-Uni, le Luxembourg et la Suède. On remarque ensuite qu’un ratio élevé peut s’accompagner d’un taux de chômage des jeunes inférieur à la moyenne européenne (cas du Royaume-Uni) et que, symétriquement, un ratio plus faible peut s’accompagner d’un taux de chômage beaucoup plus fort (cas de l’Espagne). La simple présentation du ratio peut donc être trompeuse, car la situation Espagnole, notamment, peut être considérée comme moins préférable à celle de la France, alors que le ratio espagnol est inférieur au ratio français.

Deuxième complément, plus important sans doute. Le taux de chômage des jeunes est toujours à prendre avec précaution, car la part des jeunes actifs est beaucoup plus faible que la part des actifs dans la population d’ensemble, ceci pour tous les pays, pour une raison évidente : nombre de jeunes sont en étude (les étudiants ne sont pas considérés comme actifs). Plutôt que de calculer le taux de chômage des jeunes, on préfère donc souvent calculer la part des jeunes au chômage.

Ces différents indicateurs peuvent être mis en évidence grâce à une décomposition comptable du taux de chômage. Notons u le taux de chômage, a le taux d’activité (rapport de la population active sur la population totale) et p la part des personnes au chômage (rapport du nombre de chômeurs sur la population totale). On montre facilement que u=p/a. En procédant comme Cahuc et al., on peut rapporter les indicateurs des 15-24 ans aux indicateurs de la classe d’âge supérieure (25-64 ans), pour travailler sur des ratios et effectuer des comparaisons entre pays. En notant x(j) l’indicateur jeunes et x(v) l’indicateur « vieux », on obtient : u(j)/u(v)=(p(j)/p(v))*(a(v)/a(j)).

Dans le cadre de comparaison entre pays, on peut donc voir, dans les écarts entre ratios globaux (u(j)/u(v)), ce qui relève d’une problématique essentiellement « marché du travail » (côté p(j)/p(v)) et ce qui relève d’une problématique essentiellement « formation/éducation » (côté a(v)/a(j)). Voici ce qu’on obtient pour les pays de mon échantillon :

Pays

u(j)

u(j)/u(v)

a(j)/a(v)

p(j)/p(v)

Belgique

22.4

3.20

0.45

1.43

Danemark

13.8

2.23

0.75

1.66

Allemagne

9.9

1.48

0.62

0.92

Irlande

27.8

2.34

0.67

1.57

Grèce

32.9

2.96

0.60

1.79

Espagne

41.6

2.31

0.72

1.66

France

23.7

2.89

0.54

1.57

Italie

27.8

3.97

0.63

2.52

Luxembourg

15.8

4.16

0.29

1.23

Pays-Bas

8.7

2.35

0.64

1.51

Autriche

8.8

2.38

0.60

1.44

Suède

25.2

4.27

0.65

2.77

Royaume-Uni

19.6

3.38

0.72

2.42

Union européenne à 15

20.4

2.46

0.65

1.60

 

On observe alors que la part des jeunes au chômage relativement à la part de la tranche d’âge supérieure, est, en France, inférieure à la moyenne des pays de l’Union à 15. Elle est notamment inférieure au ratio de l’Espagne ou du Danemark pris en exemple dans l’ouvrage. En revanche, le ratio « taux d’activité » de la France est l’un des plus faibles de mon échantillon, seuls la Belgique et le Luxembourg ayant des ratios plus faibles. C’est donc plutôt de ce côté-là qu’il convient de s’interroger. A ce titre, on peut penser que l’organisation du système éducatif français n’est pas étrangère à ce résultat : survalorisation de la voie générale, dévalorisation des filières d’apprentissage, objectif d’amener un maximum de jeunes au bac, etc. Pas sûr que cette organisation soit la plus efficace qui soit…

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Samedi 22 octobre 6 22 /10 /Oct 12:42

La campagne présidentielle 2012 s’amorce. L’occasion de parler de sujets importants, des réformes structurelles dont la France a besoin.

Dans cette perspective, une première lecture incontournable, dont j’ai déjà parlé ici, est l’ouvrage de Landais, Piketty et Saez. La France souffre d’un système fiscal injuste, réformer ce système permettrait d’une part de tendre vers plus de justice sociale et d’autre part de se doter de marges de manœuvre pour financer des dépenses publiques utiles.

Un deuxième ouvrage, qui aborde une autre thématique essentielle, vient d’être publié : « la Machine à trier », co-écrit par Cahuc, Carcillo, Galland et Zylberberg. Il pose la question de la jeunesse française, coupée en deux, avec, d’un côté, des jeunes diplômés qui s’en sortent bien et, de l’autre, des jeunes non ou faiblement diplômés, condamnés à vie.

Dans ce petit ouvrage d’environ 140 pages, les auteurs commencent par montrer que le problème ne réside pas dans une opposition jeunes/vieux. Ceux qui souffrent sont les jeunes non diplômés, le diplôme étant en France le sésame incontournable et définitif pour accéder à un emploi stable de qualité. Ils démontrent ensuite que ce problème des jeunes non diplômés n’est pas lié à leurs caractéristiques intrinsèques (ils sont fainéants, asociaux, etc.) mais à la conjugaison de dysfonctionnements dans les familles, à l’école, sur le marché du travail et dans le système de protection sociale.

Le système éducatif français est un système qui « fait émerger une petite élite sans se soucier vraiment de ceux qui restent sur le bord de la route » (p. 85) (…). « En France, le diplôme n’est pas conçu comme un investissement en capital humain qui permet de mieux se vendre sur le marché du travail (…) c’est un titre, l’équivalent d’un titre de noblesse, qui confère des droits et ouvre l’accès à une place donnée dans la hiérarchie sociale » (p. 94). Le marché du travail ne permet pas de corriger ces inégalités premières : les jeunes sans diplômes sont notamment ceux qui profitent le moins de la formation professionnelle et de dispositifs d’accompagnement.  Le système de protection sociale français les laisse également de côté, puisque, contrairement à de nombreux pays, ils ne peuvent bénéficier de l’assistance sociale (pas de Rmi ni de RSA avant 25 ans dans la plupart des cas).

Le diagnostic dressé par les auteurs, c’est une des forces de cet ouvrage, est abondamment documenté par un ensemble de statistiques et de comparaisons internationales. Du diagnostic dressé, ils déduisent logiquement un ensemble de préconisations en termes d’action publique, en insistant sur les réformes à introduire sur le marché du travail et dans le système éducatif.

Réformes qui coûteront chers et que la situation des finances publiques pourrait contrarier. Sauf que, comme ils le précisent en conclusion, « on trouve chaque année 5 milliard d’euros pour défiscaliser les heures supplémentaires sans effet sensible sur la durée du travail, et trois autres milliards pour baisser la TVA dans la restauration sans effet démontré sur l’emploi. Investir dans l’avenir de notre jeunesse semble bien plus prioritaire ». Au-delà de ces deux points, on est en fait renvoyé à la lecture du premier ouvrage indiqué dans ce billet : une réforme fiscale rapidement mise en œuvre permettra de se donner des marges de manœuvre pour traiter des problèmes essentiels. Le problème traité dans cet ouvrage est à l’évidence l’un de ceux-là.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Dimanche 4 septembre 7 04 /09 /Sep 16:59

 

Pas sûr du tout vu l'évaluation menée par Pôle Emploi...

Résumé (graissé par moi) :

L’évaluation de l’expérimentation du CV anonyme a été conduite et pilotée par Pôle emploi entre novembre 2009 et novembre 2010. Les résultats indiquent que le CV anonyme n’améliore pas, en moyenne, les chances d’accéder à un entretien d’embauche pour les publics susceptibles d’être discriminés. Son impact est même négatif sur les taux d’accès aux entretiens des candidats issus de l'immigration ou résidant en Zus/Cucs . L’absence d’effets moyens pour certaines catégories masque toutefois des différences importantes en fonction de certaines caractéristiques des recruteurs. Ainsi, le recours au CV anonyme agit contre la tendance des recruteurs à privilégier des candidats du même genre qu’eux-mêmes.

L’effet défavorable du CV anonyme sur les chances d’accès à l’entretien des candidats immigrés et/ou résidant Zus/Cucs peut s’expliquer par le profil particulier des entreprises qui ont été volontaires pour participer à l’expérimentation.

 Dans certaines configurations, l’usage du CV anonyme a eu pour effet de modifier les pratiques des recrutements et de réduire les risques de discrimination dans l’accès aux entretiens d’embauche, voire à l’emploi. Si l’obligation de recourir au CV anonyme parait peu envisageable, le CV anonyme constitue un outil qui reste pertinent parmi d’autres moyens complémentaires de lutte contre les discriminations.

 

Le résultat le plus surprenant est l'impact négatif sur les candidats issus de l'immigration ou résidant en Zus / Cucs, ce que montre ce graphique tiré de l'étude :

cvanonyme.jpg

 

Comment expliquer ce résultat? Les auteurs de l'étude avancent plusieurs explications :

* les entreprises ayant participé à l'expérimentation auraient un profil spécifique. Là, j'avoue ne pas comprendre l'argument, car la méthodologie repose sur de l'expérience contrôlée, donc a priori pas de différences de caractéristiques entre le groupe des entreprises "cv nominatif" et celui "cv anonyme". Puisque la participation à l'expérimentation a été fait sur la base du volontariat des entreprises, on a certes une spécificité des résultats (on ne peut pas généraliser à l'ensemble des entreprises), mais on ne doit pas avoir de spécificité entre les deux groupes,

* les cv anonymes pénalisent les entreprises ayant une approche volontariste en matière de lutte contre les discriminations,

* dernière raison, la plus convaincante selon moi: L’anonymisation des CV empêcherait les recruteurs de relativiser des signaux jugés défavorables dans les CV de candidats potentiellement discriminés, par exemple des diplômes ou des expériences moins prestigieuses. En focalisant l’attention uniquement sur le contenu du CV, le CV anonyme pourrait ainsi générer des désavantages spécifiques pour certains candidats.

 

Résultat pas si intuitif que cela je trouve. D'où l'intérêt des démarches d'évaluation!

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Jeudi 23 décembre 4 23 /12 /Déc 10:36

La deuxième édition du festival Filmer le travail aura lieu sur Poitiers entre le 28 janvier et le 6 février 2011. Toute l'information se trouve ici. La première édition était vraiment très bien, la deuxième s'annonce également excellente! A noter, entre autres : i) une journée sur l'évolution du travail dans les services publics (01/02), ii) une soirée police au travail (04/02), iii) un documentaire sur les profs de collège et lycée le 03/02 à 14h30, iv) la séance d'ouverture sur le passage en SCOP de l'entreprise Merceron (28/01 à 18h30).

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Mardi 30 novembre 2 30 /11 /Nov 06:00

 Deux études empiriques complémentaires sur la question de la discrimination à l'embauche.

La première s'intitule "Are Good Looking People More Employable?". En voici le résumé en Anglais, suivi de ma traduction.

Abstract : Job applicants in Europe and in Israel increasingly imbed a headshot of themselves in the top corner of their CVs. We sent 5312 CVs in pairs to 2656 advertised job openings. In each pair, one CV was without a picture while the second, otherwise almost identical CV contained a picture of either an attractive male/female or a plain-looking male/female. Employer callbacks to attractive men are significantly higher than to men with no picture and to plain-looking men, nearly doubling the latter group. Strikingly, attractive women do not enjoy the same beauty premium. In fact, women with no picture have a significantly higher rate of callbacks than attractive or plain-looking women. We explore a number of explanations and provide evidence that female jealousy of attractive women in the workplace is a primary reason for the punishment of attractive women.

 

Résumé : Les réponses aux offres d'emploi en Europe et en Israël incluent de plus en plus souvent des photos d'identité dans les CV. Nous avons envoyé 5312 CV par paire à 2656 offres d'emploi. Dans chaque paire, un CV n'incluait pas de photo tandis que l'autre contenait soit d'une femme ou d'un homme attirant, soit d'une femme ou d'un homme laid. Les réponses positives des entreprises sont significativement supérieures pour les hommes attirants, comparé aux CV sans photo ou aux CV comprenant des photos d'hommes laids (environ deux fois plus de réponses positives dans ce dernier cas). De manière surprenante, les femmes attirantes ne bénéficient pas d'une telle prime de beauté. En fait, les CV de femmes sans photo ont un taux de retour positif supérieur aux CV de femmes attirantes et aux CV de femmes laides. Nous envisageons plusieurs explications et nous montrons que la jalousie féminie vis-à-vis des femmes attirantes sur le lieu de travail est la première raison qui conduit à les punir. 

 

La deuxième étude (via Une heure de peine) s'intitule "Identifying barriers to Muslim integration in France". Voici un extrait du résumé (ma traduction).

Les musulmans souffrent-ils d'un désavantage en termes d'intégration économique de la deuxième génération d'immigrants en Europe? Des recherches antérieures n'ont pas réussi à isoler l'effet que la religion pouvait avoir sur les opportunités d'emploi des familles d'immigrants car d'autres facteurs, tels que le pays d'origine ou la race, brouillaient les résultats. Ce papier utilise un test réalisé sur le marché du travail français permettant d'identifier et de mesurer cette effet religion. Les résultats confirment que sur le marché Français, une discrimination anti-musulmans existe : un candidat musulman a 2,5 fois moins de chance de décrocher un entretien que son homologue chrétien.

 

La méthodologie est plutôt astucieuse : les auteurs ont envoyé des CV par paire, qui différaient sur quelques points : i) sur le premier groupe de CV, la personne s'appelait Khadija Diouf, elle avait notamment travaillé au secours islamique, ii) pour le deuxième groupe de CV, la personne s'appelait Marie Diouf, elle avait notamment travaillé au secours catholique, iii) pour le troisième groupe, il s'agissait d'Aurélie Ménard, sans expérience religieuse. Les autres éléments du CV étaient les mêmes (âge, niveau d'études, etc.).

 

Voici les différences de taux de réponse positive :

Khadija.jpg

J'espère au moins pour elle que Khadidja Diouf n'est pas une femme attirante...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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Mercredi 10 novembre 3 10 /11 /Nov 06:53

Raymond Domenech devrait toucher 5600€ net mensuel d'indemnité chômage, nous promet Sud Ouest (repris par le Figaro ici). Je sens que ça va se déchaîner dans les médias et dans les chaumières. Salaud de Domenech, va.

Personnellement, ce que je trouve effrayant, ce n'est pas qu'il touche une telle somme, mais plutôt que le montant maximal d'indemnité chômage en France soit si élevé : 5642,90€. Plus du double de l'allocation maximum allemande (2166€), bien plus que tous les pays de cet échantillon.

Comme expliqué brillamment chez les Ecopublix, de tels montants incitent très fortement leurs bénéficiaires à attendre le dernier moment pour revenir à l'emploi. Ce qui coûte bien sûr très très cher à l'assurance chômage (2,75 milliards d'euros par an estime-t-on dans ce rapport). Somme que l'on pourrait utiliser, au hasard, pour accompagner les personnes les moins qualifiées et les ramener à l'emploi.

Bon, d'un autre côté, s'il adopte cette stratégie d'attente, on n'est pas près de le revoir sur un banc de touche not'Raymond (il devrait bénéficier de cette allocation pendant 36 mois). Cest le bon côté de la chose...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Emploi
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