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Je suis Professeur des Universités en Aménagement de l'Espace et Urbanisme à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Entreprise

Mardi 4 janvier 2 04 /01 /Jan 13:36

Vous rappelez-vous de cette note de lecture sur l'ouvrage de Maya Beauvallet? Je vous redonne le fil conducteur : un nombre croissant d’organisations se dotent d’indicateurs de performance, d’une part, et mettent en oeuvre des systèmes d’incitation/contrôle, d’autre part, pour influer sur les comportements des acteurs et s’assurer de l’amélioration desdites performances. Sauf que cette “doxa manageriale” échoue souvent, les stratégies mises en oeuvre conduisant à des résultats absurdes…

Je viens de découvrir un cas (via Maître Eolas sur Twitter) qui pourrait sans conteste figurer dans un éventuel volume 2 de l'ouvrage... Extraits :

Un commandant de gendarmerie de 57 ans a été condamné lundi soir à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Tours pour avoir jeté quelque 90 PV dans une broyeuse à papiers, à Vouvray (Indre-et-Loire), entre 2004 et 2005.

(...) "Concrètement, comme les dossiers ne remontent pas au procureur, ça ne rentre pas dans les statistiques de la délinquance. On dit alors qu'il y a un taux d'élucidation à la brigade de Vouvray meilleur qu'ailleurs. Et on obtient des bonnes notes"

Quelles conséquences ? Celle-ci notamment :

Parmi les procédures disparues, se trouvaient notamment des actes sur un double-meurtre, ainsi que l'enquête concernant l'accident, en 2004 à Chanceau-sur-Choisille (Indre-et-Loire), d'un sous-traitant de la SNCF, poseur de voies ferrées, qui avait eu le pied broyé par une pelleteuse.

L'homme, aujourd'hui âgé de 44 ans, "n'a pas pu établir la faute inexcusable commise par son employeur puisque l'enquête n'a pas été poursuivie", a affirmé son avocat Me Philippe Baron.

 

Ah, ces modes manageriales, ça fait rêver... Vivement que ça se développe à l'Université!

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Samedi 20 novembre 6 20 /11 /Nov 09:02

Petit voyage dans la capitale, hier, pour assurer une petite conférence dans ce très bel endroit. L'après-midi, j'ai pu assister à la conférence de Pierre-Yves Gomez, qui a discuté des problèmes de gouvernance d'entreprise. Avec notamment un recadrage du problème pas inintéressant :


 Il y a en France environ 4 millions d'entreprises. Sur ces 4 millions, une bonne partie sont des entreprises qui vendent des produits au plus à 30 km de leur localisation (artisans, commerçants, etc.). Sur ces 4 millions, surtout, 800 environ sont cotées en bourse. Sur ces 800, la moitié ont un actionnaire principal, souvent familial. Sur les 400 restant, 100 concentrent 95% des financements du marché, les autres se partageant les 5% restant. La dénonciation de la prise de pouvoir des entreprises par les investisseurs institutionnels semble donc devoir être relativisée...

 

PY Gomez a poursuivi en indiquant que ceux qui demandent que des règles de gouvernance soient érigées et imposées aux entreprises conduit les porteurs d'un tel message à être victime du syndrôme de Gulliver : on regarde le géant (Total par exemple) et on fait comme si toutes les entreprises étaient assimilables à ce géant. Or, à l'évidence, ce n'est pas le cas. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas réfléchir à la question de la gouvernance des entreprises, mais plutôt qu'il convient de tenir compte de cette diversité des entreprises.

 

Sur un sujet connexe, l'Insee vient de définir une nouvelle catégorisation des entreprises afin de mieux prendre en compte le rôle des groupes. La définition retenue est la suivante (voir ici) : Une entreprise est la plus petite combinaison d'unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d'une certaine autonomie de décision, notamment pour l'affectation de ses ressources courantes.

 

Sur la base de cette définition et de trois critères (effectifs, chiffre d'affaires, total de bilan), quatre catégories d'entreprises sont définies : micro-entreprises, PME non micro-entreprises, Entreprises de taille intermédiaire, Grandes entreprises.

 

Les grandes entreprises sont au nombre de 242. Elles pèsent moins de 1% du nombre d'entreprises, mais 27% des salariés, 34% de la valeur ajoutée, 53% du chiffre d'affaires à l'export et 62% des dépenses intérieures de R&D des entreprises.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Dimanche 30 mai 7 30 /05 /Mai 09:44

Nouvelle illustration des dégats résultant d'un management centré sur la définition et le suivi d'indicateurs de performance, avec cette interview de Laurent Mucchielli, Directeur de Recherches au CNRS.

Extraits :

Ainsi, si le nombre de morts sur les routes ne baisse plus, on demande de refaire un maximum de contrôles routiers. Mais les infractions routières ne sont pas « rentables », parce que non comptabilisées dans l'état 4001. Donc, on ne peut pas le faire trop longtemps, sinon on risque de se faire réprimander pour ses « mauvais chiffres ». Alors on ira faire des ILS (infractions à la législation sur les stupéfiants) ou des ILE (infractions à la législation sur les étrangers) et on s'occupera davantage de toutes les atteintes aux personnes, même les plus bénignes parce que ça c'est très « rentable » au contraire. Ce sont des faits constatés et surtout des faits élucidés.

(...)

il faut comprendre que les « indicateurs de performance » ne rendent compte que d'une partie des activités des fonctionnaires : l'activité répressive. Or, dans les services non spécialisés (qui sont les plus nombreux), sur le terrain, au quotidien, souvent la moitié voire davantage encore du temps de travail des policiers et gendarmes est un travail d'urgence sociale, de police secours. Mais cette part plus sociale du métier n'est pas reconnue, elle est même souvent dévalorisée. Il n'y a aucun indicateur pour cela et c'est très regrettable. Le temps de patrouille, de discussion, d'aide sociale finiront par être conçus comme du temps perdu. Ce jour là, la coupure entre police et population sera achevée.


Une bonne nouvelle cependant : le nombre de gardes à vue n'est plus un indicateur positif de performance policière. Leur nombre devrait donc rapidement diminuer...


Quelques billets sur le même sujet :

Incitation et contrôle, toujours
Bonus des managers : ca innove en Allemagne
La crise pousse à la fraude
Les stratégies absurdes
Carotte ou bâton?

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Samedi 24 avril 6 24 /04 /Avr 14:51

Excellente initiative de Philippe Moati, qui propose de mettre en ligne progressivement les documents de Recherche du Crédoc qu'il a consacré à l'Analyse de Secteurs. Vous pouvez d'ores et déjà télécharger le premier document : Volume 1 – Partie Introductive + Les conditions de base (1)

 

Les volumes les plus récents sont disponibles sur le site du CREDOC :

 

Volume 5 : Evaluer les performances d'un secteur d'activité

Volume 6 : Les stratégies d'adaptation des entreprises : éléments d'analyse

Volume 7 : Les obstacles aux stratégies d'adaptation des entreprises

Volume 8 : Esquisse d'une méthodologie pour la prospective des secteurs.

 

Je me suis largement appuyé sur ses écrits lorsque je dispensais le cours d'Analyse de Secteurs à l'Université de Poitiers. Je l'utilise encore dans mes cours en Master Développement Economique Local. Un outil indispensable pour tous les développeurs locaux.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Vendredi 5 mars 5 05 /03 /Mars 06:37
Entendu hier sur France Info, un extrait des propos de Nicolas Sarkozy selon qui i) la France a perdu des millions d'emplois industriels, ii) cette perte est particulièrement forte depuis 2000, iii) ce n'est pas un hasard, ça coïncide avec la mise en place des 35 heures, les entreprises préfèrent aller produire ailleurs, iv) en disant cela, affirme-t-il, il ne fait pas de l'idéologie, il ne présente que les faits, la réalité, etc.

Le problème, c'est que les faits présentés sont faux.

i) oui, les emplois industriels ont fortement baissé depuis le début des années 1980, en gros, 2 millions d'emplois en moins,
ii) non, cette perte n'est pas plus forte depuis 2000 : sur l'ensemble de la période 1980-2007, c'est en moyenne 71 000 emplois par an qui ont été détruits dans l'industrie française. Sur la sous-période 2000-2007, on est descendu à 65 000 emplois par an (voir ici, page 5),
iii) dès lors, s'il considère que l'association de deux faits suffit comme démonstration, c'est la proposition inverse qu'il devrait défendre : la mise en place des 35 heures a coïncidé avec un ralentissement de la désindustrialisation. Ce n'est pas de l'idéologie, ce sont des faits,
iv) non, la baisse des emplois industriels n'est pas due pour l'essentiel à un déménagement de l'activité industrielle vers l'étranger, les délocalisations n'expliquant environ que 10% de la baisse. Il y a bien d'autres raisons, résumées dans ce billet.

Sinon, pour rebondir sur le dernier billet des éconoclastes, qui conseillent à juste titre de se méfier du fétichisme industriel, j'ai le regret de leur dire qu'avec not' président, c'est totalement raté (vous pouvez l'entendre ici)...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Mercredi 3 février 3 03 /02 /Fév 22:31
Luc Chatel, Ministre de l'Education, sur les retraites :

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a estimé mercredi que les critiques sur le montant de la retraite chapeau versée par Veolia à son président Henri Proglio, nommé à la tête de l'électricien EDF, relevaient "de l'acharnement". "On a un peu le sentiment que ça tourne à l'acharnement. Que quelqu'un qui a passé près de quarante ans dans son entreprise touche sa retraite, ça ne me choque pas particulièrement", a déclaré M. Chatel en rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres.

[Pour sûr, 40 ans à bosser comme un con, franchement... j'espère qu'ils ont pris en compte la pénibilité du travail...]

(...) Il est en effet prévu que le PDG d'EDF, qui a dû renoncer à ses 450 000 euros de salaire (pov' p'tit bonhomme...), conserve un complément de retraite de l'ordre d'un million d'euros par an, selon les calculs du Parisien. Le groupe Veolia a d'ailleurs récemment indiqué avoir provisionné 13,1 millions d'euros pour la retraite chapeau d'Henri Proglio.


[1 million d'euros par an, soit en un an au titre de sa retraite ce que gagne en 33 ans -une vie professionnelle, quoi!- un enseignant chercheur au titre de ses salaires (on compare à ce qu'on peut, hein?), c'est pas top, quand même... surtout quand on pense à son utilité sociale...]


"Je comprends que le montant puisse paraître élevé pour un certain nombre de nos concitoyens, mais il faut avoir en tête qu'Henri Proglio a consacré sa vie professionnelle à cette entreprise, il en a fait le géant mondial qu'il est aujourd'hui et il a cotisé pendant toutes ces années".


[Ben moi, je trouve que c'est pas cher payé. On pourrait pas lui donner une p'tite médaille, quand même???]


Patrick Ollier, député UMP dans une question de l'Expansion "Que faire face à ces entreprises qui font des bénéfices et qui licencient" :

La politique interventionniste du Président de la République est une bonne chose pour notre pays. Jusqu'à présent, les présidents français n'osaient rien faire de peur de froisser l'ultra-libéralisme de la Commission européenne. Mais désormais nous avons un Président qui tape du poing sur la table et demande des comptes à des industriels parfois peu scrupuleux. C'est une chance.


Henri, c'est pas pareil : il est scrupuleux...


Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Vendredi 29 janvier 5 29 /01 /Jan 11:59
Chez Saint-Gobain, les administrateurs sont tellement compétents que, même quand ils ne siègent pas au conseil d'administration, ils perçoivent 25 600€ par an. Gilles Pélisson, idem : directeur d'Accor, il siège chez Bic et TF1, perçoit 53 500€ l'année pour ces deux mandats, mais explique que "les réunions du Conseil d'administration de TF1 demandent peu de préparation et durent deux heures en moyenne". Plein d'autres exemples aussi croustillants dans cet article de l'expansion... Il est beau, le petit monde des dirigeants des grandes entreprises françaises...
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Dimanche 24 janvier 7 24 /01 /Jan 10:15
Quelques remarques sur l'affaire Proglio :

"Proglio est très bien payé parce qu'il dispose de compétences rares" (Copé sur France Inter)  : faux. Même si l'on s'en tient à la ligne de défense la plus robuste du niveau de rémunération des dirigeants, développée par Landier et Gabaix, les fortes rémunérations ne traduisent pas de forts écarts de compétences, mais plutôt de fortes capitalisations boursières. Dès lors que la capitalisation d'une entreprise est très élevée, un écart minime de compétence se traduit par des gains/pertes importants, d'où la nécessité de rémunérer fortement ces faibles écarts. Il serait donc plus correct de dire : "Proglio est très bien payé parce qu'il dispose de compétences un tout petit peu plus élevées que les autres candidats potentiels". Et encore... L'argumentation de Landier/Gabaix a un peu de plomb dans l'aile (voir ici et ) : i) la relation qu'ils établissent marche pour certaines périodes, pas pour d'autres, ii) elle est robuste pour certaines variables de taille, pas pour d'autres, iii) elle repose sur l'idée q'un dirigeant d'entreprise change tout, alors qu'on sait bien que la performance d'une entreprise dépend avant tout de l'investissement que chaque salarié y met, et de la qualité des interactions entre ces salariés, plutôt que du pedigree du PDG.

"que voulez-vous, c'est la concurrence, c'est le marché qui veut ça" (Copé, même source, Lagarde à l'Assemblée) : faux.  Croire que le marché des dirigeants est un marché qui fonctionne bien est vraiment risible, surtout si on s'intéresse au cas de la France... Premier point : le marché des dirigeants, contrairement à ce que disent nos politiques ou le Medef, n'est pas un marché global, il est encore très marqué géographiquement, avec une surreprésentation de dirigeants français en France, de dirigeants américains aux Etats-Unis, etc. Croire qu'il faut rémunérer nos dirigeants français comme leurs concurrents étrangers pour éviter qu'ils ne s'expatrient est donc erroné : on peut toujours les payer moins qu'à l'étranger, ils auront bien du mal à s'expatrier, personne n'en veut de toute façon... Deuxième point : dans certains pays (Royaume-Uni par exemple), on fait appel à des chasseurs de tête pour recruter les meilleurs dirigeants ou membres des conseils d'administration. En France, on préfère la cooptation. C'est le règne des réseaux sociaux, avec comme effet induit des performances plutôt médiocres des entreprises (cf. cet article de Kramarz et Thesmar). Le marché des dirigeants d'entreprise est encastré socialement, pour reprendre les termes de Granovetter (1985), et même surencastré, d'où ses performances médiocres. Ce qui n'est pas sans lien avec la sous-représentation des femmes, soit dit en passant : plutôt que d'imposer des quotas histoire de faire joli, il conviendrait plutôt de mettre fin à ce système de cooptation. Le petit monde de l'élite économique française se retrouve dans les différents conseils d'administration des grandes entreprises et, en l'absence de contre-pouvoirs, les administrateurs/dirigeants s'octroient des rémunérations de plus en plus délirantes (voir ce billet). Troisième point : même sans ce jeu des réseaux sociaux, le marché des dirigeants reste, dans tous les pays, un marché très étroit. On préfère piocher les dirigeants soit dans le marché des dirigeants déjà en place, soit, très souvent, via de la promotion interne. Ceci afin de réduire le risque de l'erreur de casting. Ceci confère aux candidats un pouvoir de marché important, qui explique pour partie le niveau de leur rémunération.

Quelle solution? Franchement, la plus simple et la moins coûteuse est sans doute celle proposée par Askenazy : plafonner la rémunération des dirigeants. Et encore une fois, la géographie du marché des dirigeants permet de l'instaurer dans un pays, même si les autres pays ne le font pas immédiatement.

Dernier point, sur le cumul des fonctions de Proglio. Il traduit selon moi la cohérence de Sarkozy qui, je l'ai déjà signalé, est obsédé par la taille : il veut de grandes universités, un grand Paris, de grandes entreprises. Dans cette affaire, il cherche à constituer un champion national de l'énergie avec, à terme, une fusion Véolia, EDF, Areva. Bon, bien sûr, laisser Proglio à cheval sur Véolia et EDF, ça fait des conflits d'intérêts et ça réduit la concurrence dans le secteur. Mais bon, la concurrence, on s'en moque, non? Et puis si c'est pour disposer d'un mastodonte de l'énergie à l'échellle mondiale, ca vaut le coup, n'est-ce pas?

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Mercredi 13 janvier 3 13 /01 /Jan 08:46
Compte rendu sur La vie des idées d'une table ronde sur la rémunération des dirigeants. On y trouve notamment une vidéo de l'interview d'Augustin Landier.



A lire aussi, la tribune d'Askenazy qui plaide pour l'instauration d'un salaire plafond. Extrait : Que peut faire la puissance publique ? Interdire dans les conseils d'administration la présence de dirigeants d'autres grandes sociétés casserait l'inflation, sans changer le mécanisme. D'où, l'idée d'établir un salaire maximum. Ce dernier peut être national car le "marché" des dirigeants reste étonnamment local : les firmes américaines ne cherchent pas de managers français et, inversement, les sociétés de l'Hexagone sont presque exclusivement dirigées par des nationaux.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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Lundi 21 décembre 1 21 /12 /Déc 10:49
Tribune intéressante d'Yves Clot (psychologue) et Philippe Zarifian (sociologue) dans Le Monde du 18 décembre dernier, sur l'évaluation des performances dans l'entreprise.

Extrait : Il existe un grand absent, un point aveugle : le travail lui-même, sa qualité et les conditions de son exercice. Cet aveuglement se construit dans les dispositifs de contrôle et d'évaluation des performances. La généralisation à l'ensemble des salariés de la démarche "fixation d'objectifs/ contrôle de résultats" commence à produire des effets catastrophiques : les objectifs, dits de "performance", sont peu discutés et peuvent, à tout moment, être modifiés, sans lien explicite avec des enjeux qualitatifs et durables. Les résultats, chiffrés, induisent une pression permanente.

L'évaluation est individualisée, niant ainsi les sources collectives de l'efficacité du travail. Enfin et surtout, ces dispositifs ignorent le travail réel : entre les objectifs d'un côté, les résultats de l'autre, on organise la mise en disparition de l'essentiel : du travail. Les salariés doivent se débrouiller pour parvenir aux résultats, sous tension des chiffres, et la connaissance de l'effort qu'ils accomplissent en travaillant disparaît de fait.


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Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Entreprise
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