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Vient de paraître, dans la Revue d'Economie Appliquée, un nouvel article intitulé : "La géographie de l'économie des connaissances : un modèle proximiste". Ce n'est bien sûr pas du grand public, mais les personnes intéressées peuvent me contacter, j'ai à disposition quelques tirés à part que je peux leur transmettre (me donner une adresse postale si intéressé).
Voici le résumé : L'entrée dans l'économie basée sur les connaissances affecte sensiblement l'organisation et la localisation des activités économiques et, par suite, l'évolution des disparités spatiales. L'objectif principal de cet article est de développer un modèle évolutionniste spatialisé permettant de se prononcer sur ses implications. Dans ce modèle, on suppose notamment que la diffusion des connaissances s'inscrit dans des réseaux où coexistent des liens locaux et des liens globaux. Nous montrons alors que le développement régional est plus ou moins inégal selon d'une part le degré d'appropriabilité des connaissances et d'autre part les structures de réseau sous-jacentes. Dans les configurations les plus pertinentes, il s'avère que la compétition entre les entreprises conduit à la formation de grappes technologiques, parfois autonomes (fi-gure du district), parfois interreliées (figure de l'archipel).
[Lien vers la Revue d'Economie Appliquée]
Alain Perez est journaliste aux Echos. Il vient de rédiger une série d’articles formidables autour de la recherche mondiale et de la place de la France dans le domaine. En voici les grandes lignes.S’appuyant sur le Science Citation Index, que l’on appelle aussi l’indice d’impact, et qui mesure le nombre de citations associées à un article, il affirme que « la France affiche de piètres résultats ». Certes, en nombre de citations, elle est à la 5ème place mondiale (il y a beaucoup de chercheurs français). Mais rapporté au nombre de publications, l’indice tombe à 9,91, contre 14,05 pour la Suisse (je ne sais pas si Johnny publie souvent. Si oui, on peut craindre que la France perde encore des places…), 13,36 pour les Etats-Unis, 11,76 pour l’Angleterre et 10,36 pour l’Allemagne.
Alain Perez concède qu’il existe de grandes disparités selon les disciplines : les mathématiques, les sciences de la terre et la physique tiennent leur rang, mais il insiste plutôt sur d’autres disciplines qui « plongent dans les profondeurs ». Il tire ensuite à boulet rouge sur l’Inria (Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique), dont les budgets n’ont cessé de progresser, mais qui a l’indice d’impact le plus faible des vingt premiers centres mondiaux de la discipline.
Et là, apothéose, Alain Perez nous dit : « En fait, seule une minorité de chercheurs tient ce langage radical, qui semble sorti d’un autre âge » !!! Il passe un tiers de l'article à dénoncer les prétendus discours des chercheurs, sans que jamais, j'insiste, il ne produise un seul élément permettant de corroborer ses propos, pour finir par dire que, finalement, une minorité de chercheur tient ce langage radical, langage que, jusqu'à preuve du contraire, il est le seul à avoir tenu!
Mais , ouf !, c’est pour mieux se rattraper ensuite : « mais le discours de ces « ultras » très remuants pèse sur les direction des établissements » et, en gros, empêche toute réforme… Toujours pas de nom, toujours pas de source, de toute façon, si c’est écrit, c’est que c’est vrai...
Bon, je résume les trois premiers épisodes : sur la base du Science Citation Index, la recherche française est médiocre et déclinante. Cela s’explique par le fait que la recherche est noyautée par une minorité agissante qui contrôle les syndicats et empêche toute réforme.
Très bien. Ce ne sont donc pas de méchants patrons voyous, de vilains actionnaires, ni de puissantes minorités contrôlant les syndicats patronaux qui sont désignés comme responsables de la situation. Ca ne serait pourtant pas très difficile de développer une argumentation de cet acabit, je vous le garanti. Avec, idem, des citations sans nom d’auteur et sans indication de source, bien sûr. Et quelques éléments à charge, genre : « le poids croissant des actionnaires favorise le court-termisme, et n’incite pas à investir dans l’innovation », m’a déclaré un patron influant sous couvert d’anonymat. Vous voyez le genre. Bref, non, ce n’est pas ça, le problème résulte d’effets de structure de spécialisation. Et je suis plutôt d’accord avec cette analyse.
Sauf que, là où il y a comme qui dirait un problème, c’est qu’Alain Perez ne s’est qu’à peine interrogé sur l’existence de tels effets de structures côté recherche publique… Or, si on regarde un peu dans cette direction, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup à en dire. En s’appuyant sur les propos de Laurence Ertele, de l’OST, par exemple (ce qui a du sens, puisque c’est un travail de l’OST qui est la source principale des articles du journaliste) :
Alain Perez aurait pu également regarder plus précisément les publications de l’OST, par exemple celle-ci, qui présente des résultats par institution et par domaine plutôt hétérogènes (dans le tableau, les chiffres pour le monde sont par définition égaux à 1. Un indice supérieur à 1 équivaut donc plutôt à un bon positionnement et réciproquement) :
C'est ce qui ressort en tout cas d'un document de travail de Blanchflower et Oswald (NBER, 2007, WP12935, abonnement nécessaire), qui analyse les réponses d'environ 500 000 américains et européens. Aux Etats-Unis, la question posée est :
Pour information, le numéro 72 1/2007 de Pouvoirs Locaux, revue trimestrielle de l'Institut de la Décentralisation, vient de paraître, avec un dossier titré "La "compétitivité des territoires" : vertus et limites d'une politique".
J'ai contribué en 2004 a un ouvrage dirigé par Philippe Norel, intitulé : "l'invention du marché : une histoire économique de la mondialisation" aux éditions du Seuil. Il est bien sûr toujours disponible sur Amazon, et peut être consommé sans modération.
L'instituto Piaget a procédé à la traduction de cet ouvrage en portugais, si certains lecteurs sont intéressés, qu'ils n'hésitent pas (il n'y a pas encore de lien pour une commande en ligne). Ci dessous la quatrième de couverture :
(Le lecteur attentif aura remarqué qu'il s'agit de la quatrième de couverture de l'ouvrage en français...)
Appel à communications
Les trajectoires de délocalisation : état des lieux et perspectives
MSHA, Bordeaux, 8 et 9 novembre 2007
Dans le cadre du programme de recherches « Les Trajectoires de l’Innovation », la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine organise, en partenariat avec le GREThA[1], un workshop consacré aux trajectoires de délocalisations, les 8 et 9 novembre 2007 à Bordeaux.
L’actualité des délocalisations se lit dans la médiatisation croissante du phénomène et de ses effets sociaux présumés ainsi que dans le nombre de travaux de recherche qui leur sont consacrés. Ces analyses sont souvent menées au niveau macroéconomique et restent majoritairement centrées sur les impacts des délocalisations en termes d’emplois quand des études menées au niveau plus microéconomique des firmes et des territoires semblent nécessaires. De la même manière, l’association est trop souvent faite entre emplois peu qualifiés et fonctions délocalisées. Rares sont les analyses qui se penchent sur les délocalisations des emplois qualifiés et des fonctions de conception et de recherche et développement afin d’envisager leurs impacts dans les processus d’innovation des firmes. Pour mieux comprendre et expliquer les dynamiques de transformation des économies mondialisées, trois types de questionnements relativement novateurs peuvent être posés et nourrir ainsi diverses contributions.
1- Les trajectoires de délocalisations : firmes, secteurs et fonctions
Sont d’abord attendus des contributions centrées sur les questions de coordination et d’articulation des stratégies d’acteurs, afin d’interroger la cohérence sectorielle et la diversité intrasectorielle des dynamiques de délocalisations. Plus précisément, les communications peuvent porter sur :
2- Les nouvelles dynamiques de délocalisation
Si la croissance quantitative des délocalisations s’interprète souvent comme une manifestation de la globalisation des économies, c’est son évolution qualitative qui retient aujourd’hui toute l’attention. Depuis quelques années, les délocalisations semblent s’étendre à de nouveaux secteurs (les secteurs dits à forte intensité technologique ; les services…) ainsi qu’à de nouvelles fonctions (conception et R&D ; emplois intensifs en connaissance…). Il convient alors d’interroger, au plan conceptuel et au plan empirique, les dynamiques de délocalisations qui leurs sont associées et leurs impacts sur les trajectoires d’innovation des firmes.
3- Trajectoires des territoires
Enfin, la question des délocalisations est souvent appréhendée du seul point de vue des territoires émetteurs (national ou infra-national). Si le workshop est ouvert aux communications centrées sur l’analyse des trajectoires (du devenir) de ces territoires, il sera particulièrement attentif aux propositions « renversant » le point de vue, c'est-à-dire analysant la constitution et les trajectoires de territoires « récepteurs » des délocalisations. En effet, peu d’attention a jusqu’alors été portée à la capacité pour les firmes et les territoires situés dans les économies émergentes (lieux de destination des délocalisations) de tirer bénéfice des délocalisations afin de pénétrer, à terme, ces marchés dans les économies développées. Or, la question semble d’importance puisqu’in fine, c’est le statut même des pays récepteurs sur la scène internationale qui pourrait se modifier, passant d’un statut de « territoires de sous-traitance » à celui de « territoires d’innovation ».
Questions pratiques
Lieu du workshop :
Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Domaine Universitaire, 10 Esplanade des Antilles, 33607 Pessac.
Envoi des propositions de communication :
Les propositions de communications sont attendues sous le format :
o Titre de la communication
o Coordonnées précises du ou des auteurs
o Mots-clefs
o Résumé (1 page maximum présentant l’originalité du sujet, les objectifs, la méthode et les principaux résultats)
La date limite de réception des propositions est fixée au vendredi 15 juin 2007. Elles devront être adressées par courriel à : marie.coris@u-bordeaux4.fr
Date de réponse et envoi des communications :
L'avis du comité d’organisation sera communiqué aux auteurs des propositions au plus tard le 13 juillet 2007. Le texte complet des communications devra être adressé pour le 15 septembre 2007.
Comité d’organisation :
Bouba-Olga Olivier (CRIEF-TEIR, Université de Poitiers) : obouba@univ-poitiers.fr
Coris Marie (GREThA, Université Bordeaux IV) : marie.coris@u-bordeaux4.fr
Lung Yannick (GREThA, Université Bordeaux IV) : yannick.lung@u-bordeaux4.fr
Oliva Jan, coordinateur du programme LTI (MSHA) : lsi@msha.fr
Talbot Damien (GREThA, Université Bordeaux IV) :damien.talbot@u-bordeaux4.fr
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