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Je suis maître de conférences à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Jeudi 16 février 2006 4 16 02 2006 10:47

Vient de paraître, dans la Revue d'Economie Appliquée, un nouvel article intitulé : "La géographie de l'économie des connaissances : un modèle proximiste". Ce n'est bien sûr pas du grand public, mais les personnes intéressées peuvent me contacter, j'ai à disposition quelques tirés à part que je peux leur transmettre (me donner une adresse postale si intéressé).

Voici le résumé : L'entrée dans l'économie basée sur les connaissances affecte sensiblement l'organisation et la localisation des activités économiques et, par suite, l'évolution des disparités spatiales. L'objectif principal de cet article est de développer un modèle évolutionniste spatialisé permettant de se prononcer sur ses implications. Dans ce modèle, on suppose notamment que la diffusion des connaissances s'inscrit dans des réseaux où coexistent des liens locaux et des liens globaux. Nous montrons alors que le développement régional est plus ou moins inégal selon d'une part le degré d'appropriabilité des connaissances et d'autre part les structures de réseau sous-jacentes. Dans les configurations les plus pertinentes, il s'avère que la compétition entre les entreprises conduit à la formation de grappes technologiques, parfois autonomes (fi-gure du district), parfois interreliées (figure de l'archipel).

[Lien vers la Revue d'Economie Appliquée]

 

Par Olivier Bouba-Olga
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Vendredi 9 juin 2006 5 09 06 2006 08:33
Aucun pays, aucune région, ne détient un avantage concurrentiel dans l’ensemble des secteurs d’activité : tous les territoires sont inscrits dans une logique de spécialisation productive souvent évolutive. Implication immédiate de ce constat, la nécessité, pour les acteurs du développement économique, de définir les secteurs clés autour desquels doit s’organiser l’action publique.

Comme je l'explique dans Les nouvelles Géographies du Capitalisme, les collectivités territoriales s'en remettent trop souvent, pour définir ces secteurs, à une analyse des secteurs porteurs : tous veulent un pôle spécialisé dans les biotechnologies, le multimédia, les nouveaux matériaux, etc.

Une stratégie alternative consiste à 
partir des ressources présentes localement et de s’interroger sur les possibilités de valorisation de ces ressources. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de se demander "où l’on va", mais aussi "qui l'on est" et "d’où l’on vient", en repérant les secteurs spécifiques de la région.

Le document lié à ce billet présente une méthode d'identification de ces secteurs. Il a été réalisé en partenariat avec l'Institut Atlantique d'Aménagement du Territoire (IAAT), et se focalise sur les secteurs industriels.

Tout commentaire sera le bienvenu!

Par Olivier Bouba-Olga
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Mardi 27 juin 2006 2 27 06 2006 06:04

Je prends la direction de Bordeaux du 28/06 au 30/06 pour un colloque sur la Proximité. J'y présente un papier co-écrit avec Michel Grossetti, intitulé "socio-économie de proximité".
Par Olivier Bouba-Olga
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Jeudi 6 juillet 2006 4 06 07 2006 11:42
Parution d'un nouvel article de recherche.

Références  : Bouba-Olga O., 2006,  "Les relations entreprises - territoires : un construit institutionnel et social", Economies et Sociétés, Hors-Série n°41, 3-4/2006, p. 477-496.


Une version antérieure (document de travail) est disponible en ligne
ici.

Résumé :
L’économie géographique a permis d’améliorer sensiblement notre compréhension de la dimension spatiale des phénomènes économiques. Elle souffre cependant de certaines insuffisances, que nous proposons de dépasser ici en nous appuyant sur les analyses en termes de proximité.
Ce faisant, nous montrons que la géographie économique est largement déterminée par les géographies (évolutives) des ressources, des réseaux et des institutions. La grille de lecture développée est ensuite appliquée à l’exemple de la sous-traitance turque dans le secteur du textile-habillement.

Si certains sont intéressés, je peux leur transmettre un tiré à part. Envoyez-moi un mail avec vos coordonnées postales. Tout commentaire est bien sûr le bienvenu!
Par Olivier Bouba-Olga
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 01 2007 09:53
Alain Perez est journaliste aux Echos. Il vient de rédiger une série d’articles formidables autour de la recherche mondiale et de la place de la France dans le domaine. En voici les grandes lignes.

Premier article, lundi 8 janvier 2007 : « la science tourne a l’heure américaine ».

S’appuyant sur le Science Citation Index, que l’on appelle aussi l’indice d’impact, et qui mesure le nombre de citations associées à un article, il affirme que « la France affiche de piètres résultats ». Certes, en nombre de citations, elle est à la 5ème place mondiale (il y a beaucoup de chercheurs français). Mais rapporté au nombre de publications, l’indice tombe à 9,91, contre 14,05 pour la Suisse (je ne sais pas si Johnny publie souvent. Si oui, on peut craindre que la France perde encore des places…), 13,36 pour les Etats-Unis, 11,76 pour l’Angleterre et 10,36 pour l’Allemagne.

 Pourquoi de tels résultats ? « pour de nombreux experts (on n’a pas de nom dans son article, ni de référence plus précise…) le système français basé sur l’évaluation endogamique des travaux et la distribution récurrente de crédits publics non incitatifs est responsable de cet assoupissement ». La messe est dite. Pas beaucoup plus d’explications pour lundi.

Mardi, les choses se précisent. L’article est titré « France : la créativité scientifique en panne ». L’article commence par ces propos « un bilan tellement faible qu’on a du mal à le croire ». De qui ce commentaire ? Alain Perez nous dit que « ce commentaire a été arraché sous couvert d’anonymat »… Reprise des chiffres de la veille : avec un ratio de 9,91, la France navigue au-delà de la 20ème place mondiale, loin derrière, la Suisse, les Etats-Unis, etc…

Alain Perez concède qu’il existe de grandes disparités selon les disciplines : les mathématiques, les sciences de la terre et la physique tiennent leur rang, mais il insiste plutôt sur d’autres disciplines qui « plongent dans les profondeurs ». Il tire ensuite à boulet rouge sur l’Inria (Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique), dont les budgets n’ont cessé de progresser, mais qui a l’indice d’impact le plus faible des vingt premiers centres mondiaux de la discipline.

 Il en remet ensuite une couche sur les raisons de ce déclin, en commençant par évacuer sans autre forme de procès d’éventuels opposants : « Selon les tenants de la pensée unique, la recherche publique ne souffre que de deux maux : un manque chronique d’effectifs et des crédits insuffisants ». Toujours pas de nom ni de source. Ce sont ensuite les syndicats qui sont accusés de refuser tout changement. S’ensuivent quelques chiffres montrant que d’autres pays dépensent moins (en pourcentage du Pib) et sont mieux classés, ainsi qu’une reprise des propos de Jean-François Dehecq, président de l’Association nationale de la recherche technique (ANRT), qui considère qu’il y a « trop de monde dans la recherche publique au regard des moyens que l’Etat peut y consacrer ».

 Le pompon, c’est pour mercredi… Alain Perez commence par citer les propos de Sarkozy, qui plaide certes pour un accroissement de l’effort de recherche, mais à condition que cela s’accompagne d’une logique de financement sur projets, et que les chercheurs à fort potentiel puissent voir leurs revenus évoluer plus vite. Bref, un peu de rémunération au mérite. Toujours sans citer personne, Alain Perez nous dit qu’avec de telles déclarations, Nicolas Sarkozy va « ruiner son image dans la communauté scientifique hexagonale », puis qu’il « aggrave son cas en démolissant un autre tabou [la rémunération au mérite] », enfin, en affirmant que « c’est sûr, aucun des syndicats de chercheurs ne votera Sarkozy à la présidentielle ». Il affirme ensuite que la communauté scientifique vit dans la hantise de l’inégalité et de la précarité, que tout ce qui s’éloigne du « système de reconduction automatique et bienveillante de la manne publique » est perçu comme une dérive ultralibérale et une régression sociale, et que, pour les chercheurs français, « seul le doux oreiller de l’argent public serait compatible avec la recherche scientifique ».

Et là, apothéose, Alain Perez nous dit : « En fait, seule une minorité de chercheurs tient ce langage radical, qui semble sorti d’un autre âge » !!! Il passe un tiers de l'article à dénoncer les prétendus discours des chercheurs, sans que jamais, j'insiste, il ne produise un seul élément permettant de corroborer ses propos, pour finir par dire que, finalement, une minorité de chercheur tient ce langage radical, langage que, jusqu'à preuve du contraire, il est le seul à avoir tenu!

Mais , ouf !, c’est pour mieux se rattraper ensuite : « mais le discours de ces « ultras » très remuants pèse sur les direction des établissements » et, en gros, empêche toute réforme… Toujours pas de nom, toujours pas de source, de toute façon, si c’est écrit, c’est que c’est vrai...


Bon, je résume les trois premiers épisodes : sur la base du Science Citation Index, la recherche française est médiocre et déclinante. Cela s’explique par le fait que la recherche est noyautée par une minorité agissante qui contrôle les syndicats et empêche toute réforme.


jeudi 11 janvier. Dernier épisode de la série. Et là, ce n’est plus la recherche publique, mais la recherche des entreprises privées qui est analysée. Même démarche : on commence par présenter des résultats statistiques en s’appuyant sur un ou deux indicateurs permettant de mesurer l’effort de recherche des entreprises privées. On apprend que « dans tous les pays concurrents de la France la part des financements privés (…) est largement supérieure ». Mais cette fois, Alain Perez ne parle pas de "piètres résultats", il ne dit pas "qu’on a du mal à y croire", non : il parle de « résultats honorables » ! Pourquoi ? Parce qu’il a une bonne explication derrière :

Cette densité technologique, variable selon les secteurs, explique en grande partie les écarts. Dans la pharmacie, près de 23 % des effectifs sont affectés à des travaux de R&D. Dans le BTP ou les biens de consommation, ce ratio est inférieur à 2 %. " La dépense privée de R&D d'une économie donnée, qu'elle soit exprimée en volume ou en part de la valeur ajoutée, est fortement conditionnée par sa structure sectorielle ", souligne le rapport Futuris. En France, la production agricole et les industries agroalimentaires qui sont d'importants bassins d'emploi et de gros générateurs de chiffre d'affaires sont de petits acteurs en matière de dépenses de recherche et d'emplois scientifiques.
De même, le rapport entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée et les travaux de développement varient considérablement selon les branches. Alors que la chimie et la pharmacie sont preneurs de percées conceptuelles fondamentales pour ouvrir de nouvelles pistes, l'automobile " se contente " le plus souvent de travaux de développement technologique. Pour toutes ces raisons structurelles et historiques, la recherche industrielle française est donc moins bien placée que ses concurrents directs.

 Très bien. Ce ne sont donc pas de méchants patrons voyous, de vilains actionnaires, ni de puissantes minorités contrôlant les syndicats patronaux qui sont désignés comme responsables de la situation. Ca ne serait pourtant pas très difficile de développer une argumentation de cet acabit, je vous le garanti. Avec, idem, des citations sans nom d’auteur et sans indication de source, bien sûr. Et quelques éléments à charge, genre : « le poids croissant des actionnaires favorise le court-termisme, et n’incite pas à investir dans l’innovation », m’a déclaré un patron influant sous couvert d’anonymat. Vous voyez le genre. Bref, non, ce n’est pas ça, le problème résulte d’effets de structure de spécialisation. Et je suis plutôt d’accord avec cette analyse.

Sauf que, là où il y a comme qui dirait un problème, c’est qu’Alain Perez ne s’est qu’à peine interrogé sur l’existence de tels effets de structures côté recherche publique… Or, si on regarde un peu dans cette direction, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup à en dire. En s’appuyant sur les propos de Laurence Ertele, de l’OST, par exemple (ce qui a du sens, puisque c’est un travail de l’OST qui est la source principale des articles du journaliste) :

Cet indice d'impact est de fait très sensible à l'effet disciplinaire : ainsi les publications dans le domaine des sciences du vivant sont bien plus citées que celles en physique ou en mathématiques. Il convient donc d'être très attentif aux spécialisations d'un pays pour l'interpréter : une moindre spécialisation en biologie fondamentale va mécaniquement diminuer l'indice global (ce qui correspond à la situation française).
Il convient également, là encore, d'examiner, discipline par discipline, les évolutions : en biologie appliquée, l'indice d'impact est devenu très élevé, ceux de la recherche médicale et de la biologie fondamentale sont faibles en France bien que sensiblement égaux à la moyenne européenne. S'il y a un regard à porter en première intention, il serait donc sur les sciences du vivant en France ; leur part baisse légèrement et leur indice d'impact ne progresse guère pour un secteur qui est très visible et porteur. Si on ne peut parler de déclin (les évolutions ne sont pas statistiquement significatives), on peut évoquer leur stagnation. En somme, la France demeure peu spécialisée dans un domaine d'avenir.

 Alain Perez aurait pu également regarder plus précisément les publications de l’OST, par exemple celle-ci, qui présente des résultats par institution et par domaine plutôt hétérogènes (dans le tableau, les chiffres pour le monde sont par définition égaux à 1. Un indice supérieur à 1 équivaut donc plutôt à un bon positionnement et réciproquement) :

Il aurait pu également s'interroger sur la pertinence de l'indicateur (l'Allemagne a un indice d'impact plus faible que le Royaume-Uni, mais elle dépose plus de trois fois plus de brevets), sur des effets linguistiques (il y a pas mal de revues françaises, non incluses dans l'ISI, d'où un biais. Idem pour l'Allemagne, d'ailleurs), sur le pourquoi de la hausse du poids de la France dans les publications mondiales entre 1993 et 1999 avant la baisse entre 1999 et 2004 (le problème semble localisé à la fois dans l'espace des disciplines et dans le temps), etc...

 Pour conclure, que l'on me comprenne bien. je ne dis pas que tout va bien dans la recherche publique et qu'il n'y a pas matière à évolutions. Mais ce n'est certainement pas en délivrant un diagnostic partiel, biaisé idéologiquement et non argumenté, de l'état de la recherche publique et de ses dysfonctionnements que l'on fera avancer les choses. Je me demande dans quelle école de journalisme a été formé Alain Perez... Vu son niveau, sans doute dans une école publique...

PS : le lecteur averti aura remarqué que j'ai "piqué" le titre d'une rubrique récurrente du blog de Brad DeLong (
Why oh why can't we have a better press corps?).

Par Olivier Bouba-Olga
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Mardi 13 février 2007 2 13 02 2007 08:12
Je suis invité par le Ministère de l'Economie et du Commerce Extérieur du Luxembourg pour une journée de l'Economie aujourd'hui 13 février . Thème abordé : "Le défi de la diversification - Le point de vue des CEOs".
Le programme de la journée est ici (fr ou en).

J'y vais non pas en tant que CEO, vous l'aurez deviné, mais en ma qualité "d'expert" des délocalisations. Sans doute l'occasion d'évoquer le cas de l'entreprise Thomson, qui vient de délocaliser son site Luxembourgeois (usine Technicolor spécialisée dans la duplication de CD et de DVD)  vers la Pologne (230 licenciements, dont 80% de frontaliers belges et français) [source : article des Echos (€) du 18/01/2007]. 

L'occasion surtout d'échanger avec des dirigeants, des consultants, des politiques et des responsables d'administration, bref, de faire discuter ensemble un sous-ensemble des parties prenantes de l'entreprise, comme évoqué dans un autre billet.
Par Olivier Bouba-Olga
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 03 2007 05:37
Pas de problème, mon petit, le bonheur, ça ressemble à ça :

C'est ce qui ressort en tout cas d'un document de travail de Blanchflower et Oswald (NBER, 2007, WP12935, abonnement nécessaire), qui analyse les réponses d'environ 500 000 américains et européens. Aux Etats-Unis, la question posée est :
“Taken all together, how would you say things are these days – would you say that you are very happy, pretty happy, or not too happy?”

En Europe :
“On the whole, are you very satisfied, fairly satisfied, not very satisfied, or not at all satisfied with the life you lead?”

Les auteurs montrent que dans tous les cas, le bonheur (en raisonnant toute chose égale par ailleurs) décroît jusqu'à la quarantaine, puis augmente ensuite. les recherches antérieures en psychologie montraient déjà que le bonheur évoluait avec l'âge sous la forme d'une courbe en U. Le problème avec ces études antérieures, c'est qu'un biais pouvait survenir, suite à des effets de cohorte: certaines générations sont nées à des périodes fastes (génération papy-boom), d'autres à des périodes plus difficiles...

L'étude du NBER permet de neutraliser ces effets générationnels. Résultats? La courbe en U est confirmée pour toutes les générations, aux Etats-Unis et en Europe, mais le niveau de bonheur varie selon les générations (la courbe en U est plus ou moins haute dans le plan).

L'étude montre également que le niveau de bonheur décroît aux Etats-Unis en fonction des générations de 1900 à nos jours. En Europe, il décroît jusqu'à la génération 1950, mais il augmente depuis. Si bien que les plus heureux sur terre sont les européens (les hommes plus que les femmes) nés après 1980.
Par Olivier Bouba-Olga
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Samedi 17 mars 2007 6 17 03 2007 06:57
Pour information, le numéro 72 1/2007 de Pouvoirs Locaux, revue trimestrielle de l'Institut de la Décentralisation, vient de paraître, avec un dossier titré "La "compétitivité des territoires" : vertus et limites d'une politique".
Il y a 12 articles, dont un intitulé "Délocalisations et désindustrialisation : que peuvent faire les collectivités?" dont je vous laisse deviner l'auteur...
Résumé : Les citoyens, les politiques et les médias portent une attention quasi-obsessionnelle sur les délocalisations vers les pays en développement, accusées de vider progressivement le territoire national de toute activité industrielle. Le problème est pourtant ailleurs : la France, comme les autres pays de la planète, est affectée par un processus plus général de réorganisation transnationale des activités économiques, au sein duquel les délocalisations pèsent finalement peu.

 

Nous proposons dès lors de présenter les différentes logiques qui sous-tendent ce processus de réorganisation : logique de coût, logique d’innovation et logique financière. A chaque fois, nous montrons le caractère trop réducteur des analyses (et donc des préconisations) qui en sont faites, et nous insistons sur les pistes en termes d’action publique que permet d’ouvrir une analyse approfondie. Nous insistons enfin sur la nécessité de mettre en œuvre de nouvelles méthodes de diagnostic territorial, dont quelques éléments sont présentés, afin de répondre aux nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les acteurs en charge du développement économique local.
PS: la photo de la couverture n'est pas la bonne, j'ai récupéré celle que j'ai mis ici sur le site de l'Institut de la Décentralisation qui, manifestement, n'est pas à jour...
Par Olivier Bouba-Olga
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 04 2007 16:31

J'ai contribué en 2004 a un ouvrage dirigé par Philippe Norel, intitulé : "l'invention du marché : une histoire économique de la mondialisation" aux éditions du Seuil. Il est bien sûr toujours disponible sur Amazon, et peut être consommé sans modération. 

 L'instituto Piaget a procédé à la traduction de cet ouvrage en portugais, si certains lecteurs sont intéressés, qu'ils n'hésitent pas (il n'y a pas encore de lien pour une commande en ligne). Ci dessous la quatrième de couverture :

La mondialisation économique est souvent analysée comme un état nouveau de la planète qui verrait les États abandonner le pouvoir aux forces de marché… De la première mondialisation reconnue (dans la seconde moitié du 19ème siècle) à la réalité contemporaine des firmes transnationales, de la globalisation financière et des régulations supranationales (FMI, OMC, BCE), c'est la lente libéralisation des échanges qui s'imposerait sur le devant de la scène. Pourtant la mondialisation ne saurait s'identifier à la victoire planétaire et programmée du libéralisme…
Ce livre s'attache à montrer que la mondialisation contemporaine est tout sauf une réalité statique opposant deux principes abstraits d'organisation de la vie économique. Elle constitue d'abord l'aboutissement provisoire d'un processus historique de très longue durée. Ce processus non linéaire sanctionne une synergie heurtée entre expansion géographique des échanges (marchands ou non) d'une part, approfondissement de l'économie de marché d'autre part. Ces deux mouvements sont ici étudiés dans leur interaction, non seulement depuis la « révolution industrielle » ou les « grandes découvertes », mais aussi depuis leurs balbutiements dans l'antiquité ou le Moyen Age, européen et asiatique. Il apparaît alors que l'invention du marché, ou plus précisément l'émergence de systèmes de marchés, est longtemps contenue en Europe et ne progresse sensiblement que lorsque le pouvoir politique s'en mêle… Venise au 13ème siècle ou Amsterdam au 17ème, le mercantilisme français ou anglais au 18ème constituent autant de jalons dans la constitution progressive de ces systèmes de marchés.
Au cœur de cette dynamique, l'instrumentalisation du commerce de longue distance par les pouvoirs politiques apparaît centrale. De fait les forces de marché qui préexistent à l'État moderne semblent, par elles-mêmes, impuissantes à construire autre chose qu'un commerce lointain de nature opportuniste, ce dont témoignent brillamment l'océan Indien ou la Route de la Soie, bien avant l'éveil de l'Europe. Il revient à l'État de canaliser ces forces de façon à les faire servir à un dessein plus ambitieux, la création de systèmes de marchés nationaux, laquelle appuie l'émergence du capitalisme dès la seconde moitié du 18ème siècle. À partir de là, ce dernier déploie sa logique et les puissances hégémoniques successives poussent à une libéralisation qui sert immédiatement leurs intérêts.
Il n'est pas sûr pour autant que cette libéralisation soit aujourd'hui irréversible : l'entre-deux guerres a bien montré comment le libéralisme hérité du 19ème siècle a fait long feu et, dans la douleur, cédé la place au « fordisme » des trente glorieuses Le grand mérite de l'histoire reste de montrer combien le marché reste fondamentalement une utopie et de préciser les conditions historiques dans lesquelles sa contestation sociale peut se déployer.

(Le lecteur attentif aura remarqué qu'il s'agit de la quatrième de couverture de l'ouvrage en français...)

Par Olivier Bouba-Olga
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Mardi 10 avril 2007 2 10 04 2007 18:17
Un peu de publicité pour un Workshop sur les délocalisations auquel je participe. Si des chercheurs sont intéressés, ils peuvent envoyer des propositions de communication (infos sur la procédure ci-dessous). Pour les non chercheurs, cet appel à communication leur montrera (j'espère!) que les chercheurs se posent des questions ayant une certaine pertinence...

Appel à communications

 

Les trajectoires de délocalisation : état des lieux et perspectives

MSHA, Bordeaux, 8 et 9 novembre 2007

 

Dans le cadre du programme de recherches « Les Trajectoires de l’Innovation », la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine organise, en partenariat avec le GREThA[1], un workshop consacré aux trajectoires de délocalisations, les 8 et 9 novembre 2007 à Bordeaux.

L’actualité des délocalisations se lit dans la médiatisation croissante du phénomène et de ses effets sociaux présumés ainsi que dans le nombre de travaux de recherche qui leur sont consacrés. Ces analyses sont souvent menées au niveau macroéconomique et restent majoritairement centrées sur les impacts des délocalisations en termes d’emplois quand  des études menées au niveau plus microéconomique des firmes et des territoires semblent nécessaires. De la même manière, l’association est trop souvent faite entre emplois peu qualifiés et fonctions délocalisées. Rares sont les analyses qui se penchent sur les délocalisations des emplois qualifiés et des fonctions de conception et de recherche et développement afin d’envisager leurs impacts dans les processus d’innovation des firmes. Pour mieux comprendre et expliquer les dynamiques de transformation des économies mondialisées, trois types de questionnements relativement novateurs peuvent être posés et nourrir ainsi diverses contributions.

1- Les trajectoires de délocalisations : firmes, secteurs et fonctions

Sont d’abord attendus des contributions centrées sur les questions de coordination et d’articulation des stratégies d’acteurs, afin d’interroger la cohérence sectorielle et la diversité intrasectorielle des dynamiques de délocalisations. Plus précisément, les communications peuvent porter sur :

  • L’inscription des délocalisations-relocalisations dans le processus continu de localisation des firmes ;
  • La diversité des dynamiques de délocalisations intra et inter-sectorielle ;
  • La variété des trajectoires de délocalisations appréhendée selon les fonctions considérées (de production, de services, de conception, de recherche et développement…) et leur coordination (division du travail).

2- Les nouvelles dynamiques de délocalisation

Si la croissance quantitative des délocalisations s’interprète souvent comme une manifestation de la globalisation des économies, c’est son évolution qualitative qui retient aujourd’hui toute l’attention. Depuis quelques années, les délocalisations semblent s’étendre à de nouveaux secteurs (les secteurs dits à forte intensité technologique ; les services…) ainsi qu’à de nouvelles fonctions (conception et R&D ; emplois intensifs en connaissance…). Il convient alors d’interroger, au plan conceptuel et au plan empirique, les dynamiques de délocalisations qui leurs sont associées et leurs impacts sur les trajectoires d’innovation des firmes.

3- Trajectoires des territoires

Enfin, la question des délocalisations est souvent appréhendée du seul point de vue des territoires émetteurs (national ou infra-national). Si le workshop est ouvert aux communications centrées sur l’analyse des trajectoires (du devenir) de ces territoires, il sera particulièrement attentif aux propositions « renversant » le point de vue, c'est-à-dire analysant la constitution et les trajectoires de territoires « récepteurs » des délocalisations. En effet, peu d’attention a jusqu’alors été portée à la capacité pour les firmes et les territoires situés dans les économies émergentes (lieux de destination des délocalisations) de tirer bénéfice des délocalisations afin de pénétrer, à terme, ces marchés dans les économies développées. Or, la question semble d’importance puisqu’in fine, c’est le statut même des pays récepteurs sur la scène internationale qui pourrait se modifier, passant d’un statut de « territoires de sous-traitance » à celui de « territoires d’innovation ».

Le workshop propose de faire le bilan et de dresser les perspectives des travaux de recherche menés et à mener sur ces trois questionnements, au niveau conceptuel et au niveau empirique. Les travaux théoriques comme les études de cas sont les bienvenus, de même que les mises en perspective historique sur le temps long. De la même manière, des propositions plus transversales ou plus macroéconomiques sont encouragées.

Questions pratiques

Lieu du workshop :

Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Domaine Universitaire, 10 Esplanade des Antilles, 33607 Pessac.

Envoi des propositions de communication :

Les propositions de communications sont attendues sous le format :

o   Titre de la communication

o   Coordonnées précises du ou des auteurs

o   Mots-clefs

o  Résumé (1 page maximum présentant l’originalité du sujet, les objectifs, la méthode et les principaux résultats)

La date limite de réception des propositions est fixée au vendredi 15 juin 2007. Elles devront être adressées par courriel à : marie.coris@u-bordeaux4.fr

Date de réponse et envoi des communications :

L'avis du comité d’organisation sera communiqué aux auteurs des propositions au plus tard le 13 juillet 2007. Le texte complet des communications devra être adressé pour le 15 septembre 2007.

Comité d’organisation :

Bouba-Olga Olivier (CRIEF-TEIR, Université de Poitiers) : obouba@univ-poitiers.fr

Coris Marie (GREThA, Université Bordeaux IV) : marie.coris@u-bordeaux4.fr

Lung Yannick (GREThA, Université Bordeaux IV) : yannick.lung@u-bordeaux4.fr

Oliva Jan, coordinateur du programme LTI (MSHA) : lsi@msha.fr

Talbot Damien (GREThA, Université Bordeaux IV) :damien.talbot@u-bordeaux4.fr



[1] Groupe de Recherche en Economie Théorique et Appliquée, UMR CNRS 5113, Université Bordeaux IV.

Par Olivier Bouba-Olga
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