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Je suis Professeur des Universités en Aménagement de l'Espace et Urbanisme à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Territoires

Samedi 31 décembre 6 31 /12 /Déc 14:00

L’Insee vient de publier des données sur les populations légales par commune pour 2009. Cela m’a donné l’idée de récupérer les données disponibles par commune, zone d’emploi, département et région du recensement de 1962 à cette dernière livraison.

La question est la suivante : assiste-t-on à une concentration croissante de la population ? Si oui, à quelle échelle spatiale ?

Afin de répondre à ces questions, j’ai construit pour chaque année et chaque échelle un indicateur de concentration, l’inverse de l’indice d’Herfindahl. Pour un ensemble de n entités, l’indice prend la valeur 1 en cas de concentration maximale (tout se passe comme si tout était concentré dans une seule entité) et la valeur n en cas de répartition parfaitement homogène. Pour les régions, par exemple, on aura la valeur 1 en cas de concentration maximale et la valeur 22 en cas de concentration minimale. Pour les départements, entre 1 et 96, pour les zones d’emploi entre 1 et 348 et pour les communes entre 1 et 36 568.

Voici le tableau de résultats :


1962

1968

1975

1982

1990

1999

2009

REG

13.7

13.4

13.3

13.4

13.1

13.1

13.0

DEP

55.7

57.3

59.1

60.3

60.7

60.8

61.1

ZE

103.0

108.0

115.1

119.8

121.0

121.4

120.4

COM

214.5

261.6

339.9

399.3

444.8

475.2

490.4

 

La valeur de l’indice augmente aux échelles des départements, des zones d’emploi et des communes (on a donc déconcentration spatiale à ces échelles) et diminue au niveau des régions (concentration spatiale). Les évolutions sont cependant très faibles à l’échelle régionale et à l’échelle départementale, un peu plus forte à l’échelle des zones d’emploi et surtout très forte à l’échelle des communes. Ce que l’on voit mieux graphiquement (axe de droite pour l’échelle communale, axe de gauche pour les trois autres échelles) :

  geo_pop.jpg

Que peut-on dire alors de l’évolution de la géographie de la population française sur ces 50 dernières années ? Sur la base de ces chiffres, je dirais forte inertie aux échelles régionales et départementales, déconcentration spatiale jusqu’aux années 1980 puis inertie à l’échelle des zones d’emploi et déconcentration spatiale continue à l’échelle des communes. Signe de la tendance à la périurbanisation/étalement urbain.

A noter également, en statique, les valeurs des indices, par exemple pour 2009 : en France, tout se passe comme si la population était répartie de manière homogène entre 13 régions. Soit environ 60% du nombre de régions. A l'échelle des départements, un peu plus : indice de 61 pour 96 départements, soit environ 64%. A l'échelle des ZE, on tombe à 35%. A l'échelle des communes, enfin, on est à 1,3%. Effet pour partie mécanique, bien sûr (plus on réduit la focale, plus la concentration est forte), mais le chiffre à l'échelle communale est révélateur de l'émiettement administratif français : 36 000 communes dans les faits, mais tout se passe comme si la population était répartie entre un peu moins de 500 communes...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Dimanche 27 novembre 7 27 /11 /Nov 07:00

Ce qui est bien avec les statistiques, c'est qu'on peut toujours montrer qu'une région est meilleure que toutes les autres dans au moins un domaine. Pour Poitou-Charentes, je viens de trouver l'indicateur adéquat : le rapport entre le taux de chômage des femmes et le taux de chômage des hommes. Ce rapport est de 0,7, ce qui signifie que le taux de chômage des femmes est égal à 70% du taux de chômage des hommes (6,8% contre 9,2%). Ce rapport est le plus faible de France (sur 21 régions = 22 régions métroplitaines moins la Corse). 4 régions seulement ont un ratio inférieur à 1 (Centre, Limousin, Languedoc-Roussillon et, donc, Poitou-Charentes). A l'autre extrème, on trouve la Bretagne (1,4), l'Aquitaine (1,3) et les Pays de la Loire (1,3).

choPC.jpg

 

Côté jeunes, elle n'est pas trop mal classée non plus : le ratio taux de chômage des jeunes sur taux de chômage total est de 2,3, ce qui classe la région au 16ème rang (vous avez compris : plus on est loin dans le classement, mieux c'est). La Bretagne est encore une fois la "pire", avec un ratio de 3,2. Mais la Lorraine fait mieux que Poitou-Charentes : ratio de 2,1, meilleure région française (y'a peut-être plus beaucoup de jeunes en Lorraine, faut dire...).

 

Côté chômeurs de longue durée, en revanche, c'est moins bien : 41,7% de l'ensemble des chômeurs, soit le 9ème rang français. La Bretagne a en revanche le taux le plus faible (26,2%). La Bretagne ne prend pas soin des femmes ni des jeunes, seulement de ses chômeurs de longue durée.

 

Au niveau de l'UE à 27, les ratios sont respectivement de 1 (taux de chômage femmes/taux de chômage hommes), 2,3 (taux de chômage jeunes/taux de chômage total) et 40,1% (part des chômeurs de longue durée).

 

source.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Samedi 15 octobre 6 15 /10 /Oct 07:19

Propositions entendues à diverses reprises : « L’effort de recherche est inférieur en France à ce qu’il est au Japon, aux Etats-Unis ou en Suède, il faut inciter les entreprises à investir plus en R&D ». « Les entreprises de Poitou-Charentes (remplacez par la région de votre choix) n’exportent pas assez, il faut les inciter à le faire davantage ». « L’Université de Poitiers (remplacez par l’Université de votre choix) forme de nombreux étudiants qui partent ensuite travailler dans d’autres régions, il faut les informer sur l’activité des entreprises picto-charentaises, leur proposer des stages, pour qu’ils aient envie de rester ». « Le taux d’encadrement dans les entreprises de Poitou-Charentes (remplacez etc…) est inférieur au taux national, il faut les inciter à embaucher plus de cadres ».

Je pourrais multiplier les exemples. Dans tous les cas, on compare des indicateurs nationaux ou régionaux, on observe une valeur inférieure à la moyenne pour notre pays/région, on en déduit que les acteurs ne se comportent pas comme ils le devraient, on propose donc de mettre en place des systèmes d’information et/ou d’incitation pour qu’ils révisent leurs comportements. Ce qui coûte en termes d’argent public. Les rares fois où les politiques incitatives mises en place sont évaluées, on se désespère de la faiblesse des effets. Quelques années après, on propose donc de mettre en place une nouvelle politique dans le même but. Etc.

Où est l’erreur ? Dans l’absence de prise en compte, dans les écarts à la moyenne observés, de ce qui résulte d’effets de structures et de ce qui résulte de comportements « individuels ». J’avais déjà parlé de la première proposition : une intensité technologique (rapport des dépenses de R&D au PIB) plus faible en France que dans d’autres pays. Cette plus faible intensité peut s’expliquer : i) par des effets de structure, en l’occurrence une spécialisation plus forte dans des secteurs ayant une intensité technologique intrinsèquement plus faible, ii) par des effets comportements « individuels », autrement dit par une propension plus faible à investir dans la R&D à composition sectorielle identique. L’étude mentionnée montrait que les écarts d’intensité technologique s’expliquaient pour  tous les pays par des effets structurels, sauf deux pays : la Suède, dont l’intensité était plus forte que ce que prédisait sa spécialisation, et l’Espagne, dans la situation inverse.

Quid des autres questions ? Quelques intuitions : les entreprises de Poitou-Charentes exportent moins que la moyenne car ce sont pour une part supérieure à la moyenne des PME sous-traitantes. Elles vendent donc à des entreprises qui exportent. Vous pouvez mettre des systèmes d’incitation sur elles, cela n’y changera rien. Si vous voulez qu’elles exportent plus, il faut faire bouger les structures (les inciter à passer du statut de sous-traitant à celui de donneur d’ordre). Les étudiants poitevins partent, diplôme en poche, travailler dans d’autres régions ? Ce n’est pas parce qu’ils ne connaissent pas/n’aiment pas les entreprises de notre région, c’est parce que les emplois sont, pour une large part, ailleurs. Ils vont là où sont les emplois. Vous voulez qu’ils restent ? N’agissez pas sur eux, réfléchissez à la dynamique de création d’emplois en Région. Les entreprises picto-charentaises ont un taux d’encadrement inférieur à la moyenne ? Effet de structure, encore : il s’agit de PME indépendantes, toujours, qui ont structurellement une propension plus faible à engager des cadres.

Ce qui me désole, dans cette histoire, c’est que l’on sait depuis longtemps isoler statistiquement ce qui relève des effets de structure des effets hors structure. Il est donc très facile, pour chaque problème donné, de voir si les effets de structure expliquent l’ensemble du problème, ou une partie seulement. Si les effets de structure expliquent tout, et qu’on veut faire bouger le taux moyen, il faut faire bouger les structures. Si les effets de structure n’expliquent rien, il faut faire bouger les comportements individuels. Dans le cas général, on se trouve entre ces deux extrêmes. Autant savoir précisément où avant de prendre des décisions…

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Samedi 17 septembre 6 17 /09 /Sep 09:12

J’ai été invité hier à participer à une table ronde du Colloque « Développement durable, Territoires et Localisation des entreprises : Vers une attractivité durable ? » organisé par Jean-Marie Cardebat du LAREFI de l’Université de Bordeaux IV. Table ronde intitulée « la mise en œuvre de l’attractivité des territoires ». J’étais chargé d’ouvrir la séance et de donner un cadrage général sur la question. Histoire de susciter le débat, j’ai développé quelques idées critiques sur le sujet, dont je viens vous faire part.

1. Sur l’attractivité de la France

Première idée, à une échelle macroéconomique, la France est un pays attractif. On peut se référer par exemple aux données d’Ernst et Young sur l’implantation de projets en Europe, la France est systématiquement au deuxième rang derrière le Royaume-Uni, avec une part des projets accueillis qui tourne autour de 15%. Toujours sur la base de ces données, deuxième idée, la part des pays est relativement stable dans le temps.

2. Attractivité vs. développement endogène

Mon sentiment général est que les politiques, sur la plupart des territoires, se focalisent trop sur la question de l’attractivité. On pense que le développement du territoire passera par l’arrivée d’entreprises extérieures. D’où, dans un premier temps, le développement un peu partout de zones d’activité dont la plupart sont restées désespérément vides… D’où, dans un deuxième temps, le développement un peu partout de politiques de Marketing Territorial pour vanter les mérites et l’unicité de son territoire… Quand ce ne sont pas les entreprises que l’on veut attirer, ce sont les personnes, mais pas n’importe lesquelles : les créatifs, au cœur du processus d’innovation.

Une autre stratégie de base me semble pourtant plus pertinente, surtout au regard des déterminants de la mobilité des entreprises et des personnes, qui montrent que les marges de manœuvre des politiques en la matière sont plutôt faibles (voir ici s’agissant de la mobilité des créatifs) : travailler à l’accompagnement des entreprises déjà présentes. Une stratégie de développement endogène plutôt que d’attractivité, donc. Avec des besoins évidents en matière de formation des personnes, de reprise d’entreprises, d’innovation, etc.

On m’objectera que ces deux stratégies de base ne sont pas exclusives. Certes. Mais dans un contexte où les ressources des collectivités sont limitées, l’enjeu est de savoir quelles sommes sont allouées à chacune de ces stratégies et quel est, à chaque fois, le retour sur investissement. Il faudrait un peu d’évaluation des politiques publiques, donc, mais je pressens que le retour sur investissement des politiques d’attractivité est plutôt faible (cf. le dernier point de ce billet).

3. Des effets de mode

En matière d’attractivité, on observe également des effets mimétiques assez calamiteux, qui exacerbent la concurrence territoriale. Il fut un temps où tout le monde voulait attirer des entreprises de la nouvelle économie, vous vous rappelez ? Aujourd’hui, cette mode est passée, on préfère tout ce qui relève de la croissance verte… Certes, dans un domaine et dans l’autre, on sait qu’il y a des foyers de création de richesse et d’emplois importants. Mais on ne sait pas sur quels créneaux précis. Conformément au processus évolutionniste d’émergence de nouvelles activités, on est donc face à une première phase correspondant à un jeu d’essais/erreurs, avec beaucoup de projets développés, nombre d’entre eux vont échouer, quelques uns vont aboutir. Que tous les territoires injectent des sommes importantes sur des projets proches et très risqués peut donc laisser perplexe en matière de bonne utilisation de l’argent public…

4. La guerre des territoires

Parler d’attractivité des territoires, ou parler d’attractivité des villes, des Universités ou que sais-je encore, c’est d’emblée considérer que l’on est dans une espèce de guerre économique ou de compétition sportive, quelque chose qui ressemble en tout cas à un jeu (à somme nulle) entre entités plus ou moins autonome.

On oublie ce faisant que l’économie n’est pas un jeu à somme nulle, que les entités dont on parle sont fortement interdépendantes, qu’elles s’inscrivent dans une hiérarchie ou un système urbain ou territorial, qu’il existe des processus de division du travail et des systèmes de production et d’innovation qui tous traversent les territoires. Bref, qu’il faut plus se penser comme un élément d’un système plus vaste et réfléchir à la façon dont on s’organise avec les autres, sur les possibilités de coopération, de division du travail et des fonctions à assurer. On en est loin…

5. La course aux armements

Dernier point, les politiques d’attractivité des territoires font penser à une course aux armements. Les territoires financent de plus en plus de services aux entreprises pour les attirer, mais comme tous les territoires font de même, on n’observe pas de modifications significatives en termes d’attractivité (cf. le premier point). Les territoires sont donc enfermés dans un jeu plutôt malsain : soit elles n’effectuent pas ces dépenses et elles risquent de perdre en matière d’attractivité, soit elles effectuent ces dépenses pour ne pas perdre, mais elles ne gagnent rien pour autant. L’effet essentiel est que des dépenses préalablement effectuées par des entreprises privées sont maintenant effectuées par les territoires.

Petit jeu pour bien faire comprendre l’idée. Raisonnons sur deux territoires A et B qui effectuent ou non des dépenses pour attirer un nombre N d’entreprises. On suppose que ces deux territoires ont des caractéristiques intrinsèques qui font que, en dehors de toute dépense territoriale, le territoire A attirerait disons 1/3 des entreprises et le territoire B 2/3. On suppose également que les dépenses territoriales sont parfaitement efficaces : si un territoire développe une politique de marketing territorial et que l’autre ne le fait pas, il attirera toutes les entreprises (on pourrait compliquer en considérant que seule une fraction des entreprises change de décision, il faudrait aussi intégrer le montant des dépenses, mais je simplifie, ça ne change rien aux résultats). On arrive à cette configuration :

 

B

pas de dépense

dépense

A

pas de dépense

N/3 ; 2N/3

0 ; N

dépense

N ; 0

N/3 ;2N/3

 

Il s’agit d’un jeu non coopératif symétrique. Plaçons nous du point de vue de A : si B n’effectue pas de dépense, A a intérêt à en effectuer (N>N/3). Si B effectue des dépenses, il a aussi intérêt à en effectuer (N/3>0). Il a donc toujours intérêt à en effectuer. Idem pour B. On est donc dans la même situation, en matière d’attractivité, que si aucun n’effectuait de dépense…

Comment sortir de cette situation ? Il conviendrait que les territoires sortent de cette situation de jeu non coopératif. On en revient donc à l’idée développée à la fin du point précédent. Mais comme je l'ai dit, on en est loin...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Mercredi 14 septembre 3 14 /09 /Sep 22:11

A ne pas rater, cette conférence à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers, puis le livre afférent, bien sûr. 

 

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Dimanche 31 juillet 7 31 /07 /Juil 10:55

J'ai participé début juillet à un programme intensif Erasmus à Padoue. J'ai notamment pu entendre Maria Castiglioni, qui a présenté quelques statistiques intéressantes sur la localisation des personnes.

 

Question posée lors d'une enquête réalisée en 2005 à des personnes de plus de 15 ans mariés ou vivant en couple : à quelle distance de la maison de votre mère vivez-vous aujourd'hui? (si votre mère est décédée, précisez la distance qui vous séparait de son domicile au moment de son décès).

Tableau de résultats :

 

(% cumulés) ITA  FRA  GER  HUN  CZE 
Je vis avec elle 35.6 24.4 17.9 29.8 25.5
Au même endroit mais dans un appartement/maison différent 43.4 30.6 26.2 32.5 31.3
à moins d'un kilomètre 57.2 35.9 33.8 46.7 44.4
1-10 kilomètres  78.6 53.9 52.9 71.4 68.7
10-50 kilomètres 89.4 69.5 73.6 86.9 86.5
50-100 kilomètres  92.6 75.4 85.7 90.8 93.5
plus de 100 kilomètres  100 100 100 100 100
Nombre de personnes interrogées 900 902 901 1240 964

 

On observe certes des différences selon les pays, mais dans tous les cas, les chiffres sont particulièrement forts. Plus de 75% des français interrogés vivent à moins de 100 kilomètres de leur mère, proportion qui dépasse les 90% pour l'Italie, la Hongrie et la République Tchèque. Un bon tiers des français et bien plus de la moitié des italiens vivent à moins d'un kilomètre de leur mère.

J'aime bien ce genre de statistiques : la mondialisation, la nécessaire mobilité des personnes, tout ça semble tout à coup très loin...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Dimanche 27 février 7 27 /02 /Fév 18:19

Eurostat vient de publier les PIB régionaux par habitant de l'UE27 (en standards de pouvoir d'achat) pour l'année 2008. J'ai récupéré les chiffres pour l'ensemble des pays de l'UE, pour l'ensemble des régions françaises, puis je me suis "amusé" à construire ce graphique (sous le logiciel R), qui permet de situer les régions françaises les unes par rapport aux autres mais aussi, exercice moins souvent pratiqué, par rapport aux autres pays de l'UE.

L'axe à droite du graphique reprend les valeurs du PIB par habitant par rapport à la moyenne de l'UE27 : une valeur de 100 signifie donc que le pays/région en question a un PIB par habitant égal à a moyenne de l'UE27.

 

PibReg.jpg

L'Ile de France est au-dessus du plus "riche" des pays de mon échantillon (j'ai en fait enlevé un pays, le Luwembourg, indice de 279), Rhônes-Alpes et la France sont pile dans la moyenne de l'UE, entre la Belgique et l'Italie. 7 régions sont situées entre l'Espagne et la Grèce, 3 entre la Grèce et la Slovénie, 10 (dont Poitou-Charentes) entre la Slovénie et la République Tchèque. Viennent ensuite les DOM/TOM, la Guyane fermant la marche.

Attention, ne pas déduire de ce graphique que, par exemple, les habitants de Poitou-Charentes ont un niveau de vie compris entre les slovènes et les tchèques : il s'agit de données sur le PIB par habitant, le niveau de vie dépend beaucoup plus du revenu par habitant, or si les différences entre ces deux agrégats sont faibles à l'échelle des pays, elles sont fortes entre les régions d'un même pays, en raison notamment de la redistribution des richesses par les Etats.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Lundi 7 février 1 07 /02 /Fév 09:25

A noter sur vos tablettes : l'UFR de Sciences Economiques de Poitiers organise une table ronde/débat sur le développement économique de la région Poitou-Charentes, le jeudi 17 mars 2011, à partir de 18h. Entrée libre et gratuite.

La Direction Régionale de la Banque de France, la Direction Régionale de l'Insee et le CRIEF (Centre de Recherche sur l'Intégration Economique et Financière) présenteront des analyses complémentaires du sujet. Tout n'est pas totalement calé, mais en gros, l'idée serait que la Banque de France présente son analyse des tendances régionales, que l'Insee présente son analyse récente de l'attractivité de la Région Poitou-Charentes et que le CRIEF présente les principaux résultats des études menées récemment (sur le Nord Deux-Sèvres et/ou sur Cognac par exemple, analyses pour l'instant non diffusées). Présentations suivies d'un débat entre les participants et avec la salle sur les méthodes mobilisées, leur intérêt/limites, sur la complémentarité des études, les points qui font débat, etc.

L'ensemble sera animé par les étudiants du Master Développement Economique Local.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Vendredi 3 décembre 5 03 /12 /Déc 21:11

Ceux qui suivent un peu mes propos sur les clusters, grappes, pôles de compétitivité et autres SPL savent que je suis plutôt critique envers ce que beaucoup érigent en nouveau modèle de développement économique (voir par exemple ici, ou encore ). Mais cela n'empêche pas que certains territoires ont assuré et assurent encore leur développement en s'inscrivant dans une telle configuration. La preuve, j'en ai rencontré un : le territoire de Cognac.

Cognac-copie-2.jpg

Joli schéma, n'est-ce pas ? (Il vaut largement ceux de Porter je trouve ;) (voir diapos 7 et 8 de ce diaporama). Il a été réalisé dans le cadre d'une étude pour la DREAL Poitou-Charentes et la DDT de Charente (rapport non encore disponible) par Benjamin Guimond (ingénieur d'études du CRIEF) et Baptiste Perrier (dans le cadre de son stage de Master Développement Economique Local de Poitiers).

Je posterai l'étude complète quand elle sera disponible. L'histoire de ce territoire est en tout cas passionnante. J'en dirai quelques mots la semaine prochaine dans le cadre d'un colloque sur Tours (article co-écrit avec Marie Ferru). J'en ai déjà dit quelques mots à Sud-Ouest récemment.

Bon, bien sûr, cette grappe n'est pas labellisée. Mais elle existe. Ca compense pour toutes celles qui n'existent pas, mais qui sont labellisées...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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Lundi 11 octobre 1 11 /10 /Oct 14:52

L'Insee a publié récemment les taux de chômage par zone d'emploi, pour la période 1999-2008 (vous trouverez une carte et les noms des 348 zones d'emploi qui composent le territoire français ici).

Petites analyses statistiques.

J'ai commencé par calculer la moyenne simple des taux de chômage en début de période (1999-2001) et en fin de période (2006-2008), histoire de lisser quelque peu les évolutions. J'ai ensuite calculé quelques indicateurs statistiques de base :


1999-2001 2006-2008
Minimum 3.1 3.9
Q1 6.7 6.4
Médiane 7.9 7.5
Moyenne 8.3 7.8
Q3 9.6 8.9
Maximum 17.0 14.3

 

 

La moyenne et la médiane ont reculé, le minimum a augmenté, le maximum a diminué, bref, légère réduction du taux de chômage et léger tassement des écarts entre zones d'emploi. Résultat que l'on retrouve si on représente les courbes de densité des taux de chômage pour ces deux périodes.

Choze

J'ai ensuite construit 4 classes de zones d'emploi, 25% de zones d'emploi par classe, de la classe "--" pour les 25% ayant les plus forts taux de chômage à la classe "++" pour celles ayant les plus faibles taux. Et ce aux deux dates. Ce qui permet de construire la matrice de passage suivante :


-- - + ++
-- 65 22 0 0
- 19 48 19 1
+ 4 13 51 19
++ 1 2 19 65

 

Avec en ligne les classes sur la période 1999-2001 et en colonne les classes sur la période 2006-2008.

 

A partir de cette matrice, on peut calculer :

* un taux d'inertie, égal à la proportion de zones d'emploi appartenant à la même classe aux deux dates. On obtient un taux de 66%

* un taux de mobilité ascendante, égal à la proportion de zones passant vers une classe plus favorable (classe ""-" à la classe "+" par exemple). On obtient un taux de 18%

* un taux de mobilité descendante, symétrique du précédent. Le taux obtenu est de 17%

 

En résumé : l'inertie domine, mais elle s'accompagne malgré tout d'un peu de mouvement, vers du plus favorable pour certaines zones, vers du moins favorable pour d'autres.

 

On peut enfin regarder dans le détail les zones qui ont le plus bougé dans la matrice (celles ayant fait des sauts de plus de deux catégories) :

* 1 zone est passée de la classe "-" à la classe "++", il s'agit de la zone d'emploi de Chambéry

* 4 zones sont passées de la classe "+" à la classe "--" : Commercy, Montbéliard, Le Sud-Ouest Champenois, Belfort

* 2 zones sont passées de la classe ""++" à la classe "-" : Oyonnax et Strasbourg

* enfin, le pompon pour la zone qui est passée de la classe "++" (elle était parmi les 25% de zones d'emploi ayant le taux de chômage le plus faible) à la classe "--" (elle est parmi les 25% présentant le chômage le plus fort) : il s'agit de ... Mulhouse.

 

Il fait pas bon vivre dans l'Est de la France...

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Territoires
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