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Deuxième remarque : encore un politique qui se désarme tout seul...
Troisième remarque : je suis pas peu fier d'avoir précédé Krugman il y a quelque temps déjà, en reprenant un graphique montrant l'explosion des inégalités sous Tatcher au Royaume-Uni. Je le reprends ici :
Quatrième remarque : Krugman s'appuie pour argumenter sur l'étude de Bartel, dans laquelle on trouve le graphique saisissant suivant :
Pas beaucoup d'ambiguité semble-t-il...
L'explication avancé par Krugman est la suivante :
Premier graphique : les inégalités en termes de revenu disponible (ie après impôts et transferts) varient fortement d'un pays à l'autre. Les pays les plus égalitaires sont le Danemark, la Suède, les Pays-Bas ; les plus inégalitaires sont le Mexique, la Turquie, la Pologne et les Etats-Unis. La France est dans une situation intermédiaire, avec des inégalités plus faibles que dans la moyenne des pays de l'OCDE. On notera la proximité de la France, de l'Allemagne et de la Belgique.
Deuxième graphique : l'évolution par quintile. L'idée est de décomposer la population en différentes classes : les "pauvres" (quintile inférieur), les "riches" (quintile supérieur), les classes moyennes (quintiles intermédiaires). On regarde ensuite la progression des revenus de chaque classe, on affecte des ---, --, -, =, +, ++, +++ en fonction des évolutions. On retrouve le résultat rappelé plus haut : grande stabilité dans l'évolution des inégalités en France. Globalement, dans l'OCDE, on observe une stabilité dans la situation des pauvres, une détérioration de la situation des classes moyennes, une amélioration de la situation des plus riches. Je vous laisse observer les situations plus précises de chaque pays.
Troisième graphique : une nouvelle décomposition, non plus par classe de revenu, mais par âge. C'est sans doute le graphique le plus saisissant! La France se distingue par une évolution relative très défavorable des "jeunes" entre 26 et 40 ans (que personne ne me dise que les 26-40 ans ne sont plus jeunes :-) ) et particulièrement favorable des 51-65 ans et, dans une moinde mesure, des tranches d'âge encore supérieures. Bref, il fait bon être vieux dans notre doux pays!
Quatrième graphique : la distinction revenu marchand (avant impôt/transfert) et revenu disponible (après impôt/transfert). Entre les deux, l'Etat (au sens large) est passé par là, pour faire de la redistribution. On observe, et c'est heureux!, que dans tous les cas, les inégalités après redistribution sont plus faibles qu'avant, signe que l'Etat "prend aux riches pour donner aux pauvres". Bon, mais plus ou moins cependant, selon les pays! Ca redistribue énormément au Danemark et en Suède, mais aussi en Belgique, et plutôt pas mal en France. Ce graphique est intéressant, car on constate qu'avant redistribution, les inégalités sont beaucoup plus faibles au Danemark (indice de 35 environ) qu'en Belgique par exemple (indice de 45). Les deux pays font un grand effort de redistribution, je dirais même un effort comparable, si bien que l'écart initial entre les deux pays demeure. On peut se dire que pour réduire encore les disparités, la Belgique a intérêt à agir en amont de la redistribution, au niveau de la distribution primaire des revenus. Idem pour la France, qui présente des inégalités avant redistribution somme toute assez fortes...
S'agissant du décile supérieur (les 10% des foyers les plus riches), on observe un accroissement de leur part dans le revenu total des années 40 au milieu des années 1960, une baisse ensuite jusqu'au début des années 1980, puis un accroissement depuis. Difficile de relier cela à la couleur politique des gouvernements, même si certains ne manqueront pas de souligner que le point de retournement (1982-1983) correspond à la mise en oeuvre de la politique de désinflation compétitive du gouvernement socialiste, politique toujours en vigueur depuis lors...
S'agissant du premier centile, c'est-à-dire vraiment les très très riches (les 1% les plus riches), on observe une stabilité/légère baisse de leur poids depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Leur poids a aussi augmenté, mais plus légèrement que pour le premier décile, de 1982 à 1990. Dans les nouvelles géographies du capitalisme, j'explique que pour favoriser l'adaptation des économies à l'approfondissement de la mondialisation, deux grandes stratégies dominent. J'ai qualifiée la première de stratégie du poisson rouge, la deuxième de stratégie du pingouin.
Je me concentre ici sur la première, que je décris ainsi :
Alors bien sûr, la Banque Mondiale commence par des exemples imparables :
Par exemple, le Rwanda a tout récemment éliminé une loi qui datait de l'époque coloniale et qui n'autorisait qu'un seul notaire pour l'ensemble du pays. Aujourd'hui, grâce à la réforme, près de 36 notaires ont ouvert leur cabinet dans le pays, avec pour résultat de réduire considérablement le temps nécessaire pour démarrer une entreprise.
Au Yémen, le gouvernement a éliminé un impôt sur la production de 10% que les entreprises devaient payer chaque fois qu'elles vendaient leurs produits à d'autres entreprises. Au niveau du consommateur, le montant total de ces impôts, en fait une imposition sur le chiffre d'affaires déguisée, était de loin plus élevé que la marge bénéficiaire de l?entreprise sur ces produits. En remplaçant l'impôt sur la production par un impôt de 5% sur les ventes aux consommateurs, le Yémen a pu diminuer le taux d'imposition total de 79% à 48%, ce qui a grandement aidé tant le monde des affaires que les consommateurs.
La première fois, j’ai appris qu’une personne d’une trentaine d’années venait de se faire arrêter pour avoir volé dans la région de Nantes quelques tonnes de plaques d’égoûts. Plaques qu’il revendait à un ferrailleur pour quelques centaines d’euros au total (un peu plus de 800€ de mémoire). A ce moment là, le journaliste s’est fendu d’une analyse vertigineuse, en tentant de relier la petite histoire des plaques d’égoûts à la grande histoire de la mondialisation : avec la croissance chinoise, et, donc, la flambée du prix des matières premières, notamment du cuivre et de la fonte, pas étonnant d’observer ce genre de comportements. Les voleurs ont de l'imagination.
Deux heures plus tard, donc, rebelote. re-déchetterie, re-France Info. Même début mais fin différente : le même journaliste (si ce n’était lui, c’était son frère) s’est fendu du laïus suivant (je mets des guillemets, l’idée était celle-là, mais la retranscription est très approximative) : "précisons que le prix de la fonte n’a rien d’exceptionnel, il n’a pas connu la flambée que l’on a observé par exemple pour le cuivre". Ils ont dû recevoir un coup de fil indigné du ferrailleur, chez France Info.
* le premier sur Telos-Eu, est une contribution de Marc Fleurbaey et Guillaume Gaulier intitulée "Trois modèles de bien-être". En l’occurrence, un modèle anglo-saxon, un modèle nordique et un modèle latin. Tous capitalistes, tous différents.
Juste deux régularités.
La première consiste, en matière de diagnostic, à considérer que l’on est toujours dans un jeu opposant les bons et les méchants :
* les méchants français qui ne veulent rien faire, qui brûlent des bus, etc… et les gentils français qui bossent dur et voudraient travailler plus pour gagner plus, être moins imposés pour ne pas s’expatrier, etc…
* les méchants patrons voyous qui délocalisent, veulent faire monter les actions sur le Cac40 et les gentils chefs d’entreprise qui sont désespérés par les 35 heures,
* la gentille France et les méchants étrangers qui font du dumping fiscal/social (PVD), qui taxent les produits étrangers plus que leurs produits nationaux (US), qui profitent des subventions de l’UE (pays de l’Est)
* etc, etc…
La deuxième régularité consiste, sur cette base, à prendre ces pseudo-problèmes bien populistes un par un pour avancer une réponse qui a toutes les apparences de l’évidence, sans s’interroger sur les conséquences en chaîne des décisions prises, sur les interdépendances entre les différents problèmes, etc. Bref, la stratégie du hérisson de la fable, poussée à l’extrême.
Chez certaines personnes, le cerveau est un organe vestigial.
i) attendons que l’entreprise ait bien la tête sous l’eau avant de l’autoriser à bouger,
ii) si une telle mesure est prise, les entreprises faisant des bénéfices feront très vite bouger leurs profits d’une entité à l’autre afin d’apparaître non rentable (un bon comptable suffit).
Merci de me préciser si, à vos yeux, la réduction de la dette de l'Etat passe par une amélioration drastique de la productivité et de la qualité des services rendus à la collectivité et aux citoyens ou par une redéfinition (à la baisse, bien sûr) des périmètres d'action de l'Etat.
Oui.
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