Le ciel leur est tombé sur la tête?
Voilà que les Ecopublix m’accusent d’avoir été rapide, partiel et partial dans ma traduction du papier de Howell, Baker, Glyn et Schmitt (HBGS)… Ils font deux remarques mineures, une plus importante (d’où ce billet). Remarques mineures : i) je n’ai pas fait état du commentaire de Heckman sur le papier de HBGS. C’est vrai, en fait je ne l’avais pas lu (je l’ai fait depuis). Je n’ai pas non plus fait état du commentaire de Rodrik sur le commentaire de Heckman. Ni des commentaires du commentaire de Rodrik, d’ailleurs, ii) j’ai commencé mon billet en disant « L'OCDE, le FMI, en France le Medef, etc... expliquent le niveau de chômage par les rigidités observées sur le marché du travail. », donc sans dire que beaucoup d’économistes défendent cette thèse, et donc qu’en commençant ainsi « N’est-ce pas disqualifier un peu facilement les analyses consacrées aux rigidités du marché du travail ? Ne peut-on parler de la manière dont fonctionne l’assurance chômage sans passer nécessairement pour un vilain-économiste-ultralibéral-agent-du-grand-capital ? ». Ben non, puisque précisément le but du billet est de conseiller la lecture d’un article d’économistes apportant des arguments sérieux à l’encontre de la thèse mentionnée…
Bon, venons-en à l’essentiel : les Ecopublix expliquent : « la fin du post se termine par une phrase qui laisse à penser que la recherche la plus récente met en évidence une causalité inverse, ce qui est tout à fait faux à la lecture de l’article et de sa critique. » (je grasse).
Il y a beaucoup de choses dans l’article, la dernière phrase de mon post peut sembler réductrice, mais le but était d’insister sur un point clé insuffisamment souligné dans le débat public sur le sujet. Dire que ce que je dis est « tout à fait faux à la lecture de l’article et de sa critique » me semble plutôt exagéré (j’euphémise).
Pour preuve un Extrait de la conclusion de l’article : "The one possible exception to this conclusion is the role played by unemployment benefit generosity, but rather remarkably, little attention has been paid in this case to the direction of causation. Common sense political economy considerations and Granger test results both suggest that much of any statistical association runs from changes in unemployment to changes in benefit generosity." (p. 58).
Pour preuve également, et peut-être surtout, le commentaire d’Heckman sur le papier de HBGS : "One of the strongest parts of the HBGS paper is the evidence on reverse causality. Institutions that affect incentives are often changed in response to economic crises." (je grasse).
Je ne crois donc pas trahir les auteurs de l’article avec ma dernière phrase. Ceci dit, plutôt d'accord avec la fin du billet des Ecopublix : "les études empiriques ont contribué à faire évoluer le débat en montrant que ce qui compte n'est pas tant le niveau des allocations-chômage que la manière dont elles sont organisées (profil d'indemnisation, accompagnement des chômeurs, contrôle et sanctions…)". Il me semble avoir insister à plusieurs reprises ici sur le besoin d'accompagnement des personnes les plus exposées aux mutations économiques, en termes de formation et de mobilité spatiale notamment.
PS : meuh non, les Ecopublix, j'suis pas fâché... un peu susceptible peut-être : j'dois avoir des origines corses...