Luc Ferry : la machine à penser
J'ai reçu un commentaire d'un certain Olivier sur une déclaration de Luc Ferry dans mon dernier billet :
Je ne reviens pas sur la prétendue idéologie, déjà commentée. En revanche, je signale que Luc Ferry a été nommé ministre le 7 mai 2002. Et que je suis aller consulter les programmes en vigueur avant son arrivée : le programme SES de seconde de 1999-2000, puis celui de 2000-2001 : on y parle d'entreprise... Le programme de première ES de 2001-2002 : on y parle de marché... Je n'ai pas enquêté plus avant, si quelqu'un en a l'envie ou le courage, mais m'étonnerais pas que cela confirme que Monsieur le Ministre est un fieffé menteur.
J'ai ensuite été lire l'interview complète de Luc Ferry accordée à l'Expansion le 31 mai dernier (il y a trois jours, donc).
Sur l'Université :
Monsieur Ferry a dû rater la création des DESS (années 70 de mémoire), aujourd'hui baptisés Masters pro, des IUP, licences professionnelles et tutti quanti. Je suis d'accord sur le fait que l'Université n'est pas qu'une école professionnelle, mais elle propose depuis longtemps des diplômes professionnalisant qui marchent bien. A oui, j'oubliais : il faudrait rappeler à Monsieur Ferry que les IUT font partie de l'Université...
Ailleurs, dans le même article :
Thématique récurrente du niveau qui baisse. Thématique pas vraiment nouvelle (source des citations ici) :
"Le niveau baisse, mais les coûts de l'école augmentent" (Un député fribourgeois, La Liberté 29.10.2001).
«Nous sommes préoccupés du maigre résultat obtenu, dans les examens, par l’analphabétisme secondaire… »«La décadence est réelle, elle n’est pas une chimère: il est banal de trouver vingt fautes d’orthographe dans une même dissertation des classes terminales.» (Noël, Deska, 1956).
«Avec les copies d’une session de baccalauréat, on composerait un sottisier d’une grande richesse…»«L’enseignement secondaire se primarise…» (Lemonnier, 1929).
«J’estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe.» (Bérard, 1899).
«D’où vient qu’une partie des élèves qui ont achevé leurs études, bien loin d’être habiles dans leur langue maternelle, ne peuvent même pas écrire correctement l’orthographe?» (Lacombe, 1835)
Je vous recommande de lire le texte qui accompagne les citations ci-dessus, petite synthèse instructive avec références biblio si besoin.
Pour finir :
Sûr que les propos de notre ex-Ministre eux, ne relèvent absolument pas du café du commerce...
"Les programmes d'économie me semblent, en effet, hors du monde, bourrés d'idéologie. Je n'ai pas réussi à les changer autant que je l'aurais voulu, mais j'y ai quand même introduit des notions aussi extravagantes qu'« entreprise » ou « marché », qui étaient absentes des textes avant mon arrivée".
Je ne reviens pas sur la prétendue idéologie, déjà commentée. En revanche, je signale que Luc Ferry a été nommé ministre le 7 mai 2002. Et que je suis aller consulter les programmes en vigueur avant son arrivée : le programme SES de seconde de 1999-2000, puis celui de 2000-2001 : on y parle d'entreprise... Le programme de première ES de 2001-2002 : on y parle de marché... Je n'ai pas enquêté plus avant, si quelqu'un en a l'envie ou le courage, mais m'étonnerais pas que cela confirme que Monsieur le Ministre est un fieffé menteur.
J'ai ensuite été lire l'interview complète de Luc Ferry accordée à l'Expansion le 31 mai dernier (il y a trois jours, donc).
Sur l'Université :
"L'université n'est pas une école professionnelle. Il est normal, et même souhaitable, que certaines disciplines y soient enseignées sans souci de rentabilité ni même de débouchés. Il y a pour cela d'autres filières, celles des grandes écoles, bien sûr, mais aussi celles des BTS ou des IUT, et toute la voie professionnelle."
Monsieur Ferry a dû rater la création des DESS (années 70 de mémoire), aujourd'hui baptisés Masters pro, des IUP, licences professionnelles et tutti quanti. Je suis d'accord sur le fait que l'Université n'est pas qu'une école professionnelle, mais elle propose depuis longtemps des diplômes professionnalisant qui marchent bien. A oui, j'oubliais : il faudrait rappeler à Monsieur Ferry que les IUT font partie de l'Université...
Ailleurs, dans le même article :
"Je vais peut-être vous surprendre, mais je ne suis pas favorable à la sélection à l'entrée des universités. Un titulaire du bac doit avoir le droit d'aller voir à quoi ressemble l'enseignement supérieur. Le problème ne se pose que parce que le bac a baissé de niveau dans des proportions inquiétantes en quelques décennies. Si nous avions maintenu un niveau convenable, il n'y aurait pas de discussion sur la sélection à l'entrée des universités. Le problème, comme me disait un peu méchamment un président de jury, c'est qu'« aujourd'hui, pour ne pas avoir le bac, il faut en faire la demande »
Thématique récurrente du niveau qui baisse. Thématique pas vraiment nouvelle (source des citations ici) :
"Le niveau baisse, mais les coûts de l'école augmentent" (Un député fribourgeois, La Liberté 29.10.2001).
«Nous sommes préoccupés du maigre résultat obtenu, dans les examens, par l’analphabétisme secondaire… »«La décadence est réelle, elle n’est pas une chimère: il est banal de trouver vingt fautes d’orthographe dans une même dissertation des classes terminales.» (Noël, Deska, 1956).
«Avec les copies d’une session de baccalauréat, on composerait un sottisier d’une grande richesse…»«L’enseignement secondaire se primarise…» (Lemonnier, 1929).
«J’estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe.» (Bérard, 1899).
«D’où vient qu’une partie des élèves qui ont achevé leurs études, bien loin d’être habiles dans leur langue maternelle, ne peuvent même pas écrire correctement l’orthographe?» (Lacombe, 1835)
Je vous recommande de lire le texte qui accompagne les citations ci-dessus, petite synthèse instructive avec références biblio si besoin.
Pour finir :
"je vous dirai que, lorsqu'on est à la tête d'un ministère, c'est le contraire de ce que les gens pensent : non seulement on n'est pas coupé du réel, mais c'est peut-être le seul endroit d'où on le voit tel qu'il est (...) au point que, souvent, les conseils des experts vous semblent relever du café du commerce"
Sûr que les propos de notre ex-Ministre eux, ne relèvent absolument pas du café du commerce...
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