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Je suis maître de conférences à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Lundi 12 mai 2008

Un article d'Olivier Godechot et d'Alexandra Louvet sur ce sujet a été publié sur le site de La vie des Idées. Il a donné lieu à un article dans Le Monde. Ce sujet n'est pas nouveau : en juin 2007, Godechot avait publié une tribune dans Le Monde (€) dénonçant le localisme. J'avais réagi, Gizmo également.

Nouvelle réaction, en réponse à l'article de Godechot et Louvet, avec un texte co-signé, outre votre serviteur, par Anne Lavigne et Michel Grossetti. Nous avons soumis notre réponse à La vie des idées, qui a accepté de la publier, elle est donc en ligne depuis ce matin. Une réponse de Godechot est attendue, elle devrait être publiée demain.

Lien vers l'article sur le site de La vie des idées, lien vers le pdf de l'article. N'hésitez pas à diffuser, commenter, compléter, critiquer, etc...


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Mercredi 7 mai 2008

Pour le savoir, on peut s'appuyer sur l'Insee Première n°1186 de mai 2008.

Concentrons-nous d'un côté sur les 25% de ménages les plus pauvres (1er quartile), de l'autre sur les 25% de ménages les plus riches (4ème quartile).

Si on regarde d'abord qui donne, on s'aperçoit que les riches sont plus nombreux à donner que les pauvres : plus de 18% des riches donnent, contre moins de 2% des pauvres.

On se focalise ensuite sur ceux qui donnent, riches et pauvres, et on regarde combien ils donnent :

Première idée : si on regarde la médiane des dons de ces deux catégories, on s'aperçoit que les riches donnent plus : 107€ contre 50€.

Deuxième idée : oui, mais il y a des réductions d'impôt sur ces dons (75%), dont peuvent bénéficier les ménages imposables. Il faut donc regarder plutôt les dons nets, c'est-à-dire les dons effectués, desquels on soustrait les réductions d'impôts (en sachant que tout le monde ne paie pas d'impôt et ne bénéficie donc pas de ces réductions). Nouveau résultat : la médiane des pauvres passe de 50€ à environ 35€, celle des riches de 107€ à ... 27€...

troisième idée : c'est bien joli de regarder ce que donnent les gens, en brut ou en net, mais il est clair que ce que l'on donne dépend de ce que l'on a. On peut donc vouloir rapporter les dons effectués aux revenus disponibles des ménages. Et on peut calculer cette part pour les dons bruts et les dons nets. On obtient alors cela :

Sur la base de ces indicateurs, que l'on raisonne en brut ou en net, les pauvres sont plus généreux que les riches : la moitié des pauvres consacrent plus de 0,23% de leurs revenus aux dons, alors que pour les riches, le chiffre est de 0,06%.

Conclusion générale : plus de riches donnent, mais ils donnent moins.



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Mardi 6 mai 2008
Pour cette formule dans son discours sur la modernisation de l'économie :

Personne n’a encore trouvé un moyen qui permette d’obtenir de la croissance sans travailler plus.

Personne, c'est sûr, personne. Ce n'est pas l'économie qu'il modernise, c'est l'analyse économique...

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Dimanche 4 mai 2008

J'en ai parlé l'autre jour, Krugman considère que l'idée de McCain et Clinton de baisser pendant l'été les taxes sur l'essence est mauvaise, car l'offre n'est pas sensible au prix. Mieux vaut consommer autrement.

Krugman et Mankiw reprennent le même exemple tiré du Financial Times : en Inde (Etat du Rajasthan), compte tenu de la hausse du prix de l'essence, les agriculteurs qui s'étaient équipés de tracteurs sont en train de redécouvrir le chameau. Ce qui n'est pas sans conséquence sur le prix de l'animal, qui a été multiplié en gros par 4 sur les trois dernières années (mais un chameau reste 4 fois moins cher qu'un tracteur bas de gamme). Avec un avantage induit : la population des chameaux, qui avait diminué de 50% sur les dix dernières années (comme on les utilisait de moins en moins, on tuait ces petites bêtes pour leur viande), va sans doute repartir à la hausse.

Sur ce, je vous laisse : je pars à la recherche d'un baudet du poitou (les chameaux se font rare par ici), susceptible de me véhiculer jusqu'à la fac les prochaines semaines....


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Mercredi 30 avril 2008

John McCain propose de réduire les taxes sur l’essence pendant l'été. Hillary Clinton le suit. Barack Obama non, il accuse ses adversaires de populisme. Hillary Clinton l'accuse alors d'être en décalage avec la réalité vécue par les Américains. "Un moratoire sur la taxation de l'essence ne veut pas dire grand chose pour mon adversaire mais cela signifie beaucoup pour les gens" confrontés à la hausse des prix (source ici).

Réaction de Paul Krugman à la proposition initiale de McCain : si l’offre d’un bien n’est pas sensible aux prix, le prix au consommateur montera toujours jusqu’à ce que la quantité demandée atteigne la quantité offerte. Dimimuez les impôts, et tout ce qui se passera, c’est que les prix avant impôt augmenteront du même montant. La proposition de McCain est donc un cadeau pour les compagnies pétrolières déguisé en cadeau aux consommateurs.

Heureusement, ce n'est pas en France qu'on aurait ce genre de proposition populiste...




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