Qu'elle était verte, ma Région ! (épisode 1)

Publié le par Olivier Bouba-Olga

La croissance verte est très présente dans les discours de nos politiques. La question est de savoir si, dans les faits, elle se développe aussi vite.

Une des difficultés pour se prononcer sur cette question est celle des données disponibles, car i) la définition de la croissance verte est plutôt floue, ii) il s’agit d’activités transversales aux secteurs. Plusieurs sources commencent cependant à être mobilisables. Je vous propose de poster quelques billets sur le sujet, à mesure que je traite les informations que j’ai pu collecter.

Premier exercice sur des données relatives à l’agriculture biologique, disponibles dans ce document. On y trouve des données sur les surfaces certifiées bio et celles en conversion, en 2008, par Région. Faire des calculs directement sur ces surfaces n’est pas pertinent, il faut rapporter les surfaces bio/en conversion à l’ensemble de la SAU (Surface Agricole Utile), pour éliminer les effets de taille du secteur agricole.

Pour pouvoir comparer des séries d’origine différentes (qui viendront dans mes prochains billets), on peut de plus diviser ces rapports par la moyenne France entière : un indice de 100 signifie dès lors que la part du bio dans une région donnée est égale à la part observée, en moyenne, France entière. Un indice supérieur à 100 signifie que cette région est plus « bio » que la moyenne, un indice inférieur à 100 qu’elle est moins « bio ». On obtient alors ceci :

bio.jpg

 

La moyenne France entière est de 2,12%. L’indice de PACA (363) signifie donc que la part du bio dans cette région leader est égale à 3,63 * 2,12% = 7,70%. Je vous laisse découvrir les résultats. En complément, j’ai construit un nuage de point qui croise mon indice et la taille SAU de la région, (non reproduit ici) :  pas de relation apparente.

Des données complémentaires disponibles ici permettent de se faire une idée des « scores » par département. Je me concentre juste sur Poitou-Charentes. Les différences départementales sont très faibles : part de 1,3% en moyenne en Région, avec 1,2% en Charente et Charente-Maritime, 1,4% dans les Deux-Sèvres et 1,5% dans la Vienne.

Il convient bien sûr de prendre des précautions dans l’interprétation de ces résultats, car des effets de structures peuvent en expliquer une partie : supposons que la conversion bio de certaines productions soit plus facile, une région spécialisée dans cette production présentera de meilleurs « scores ». Les données en ligne ne permettent cependant pas de neutraliser ce type d’effet, mais si l’Agence Bio en dispose, ce serait pas mal qu’ils complètent.

Les résultats sur ces données seront-ils confirmés par les autres données ? Suite au prochain épisode…

Publié dans Environnement

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vincent Buche 28/12/2010 15:03



Nouvelle république & Centre presse


J'ai besoin de vous joindre. Pouvez-vous me laisser un numéro de portable à l'adresse ci-dessus?


Merci



Barca 17/12/2010 19:31



Oui, le type de culture doit avoir un impact majeur car leur évolution est disparate. Par exemple les surfaces cultivées en blé
et maïs bio ont sensiblement reculé cette année. Et il y a des cultures quasiment impossibles à grande échelle en bio, comme le colza.


Pour ce qui est de la définition de la « croissance verte » tout dépend de ce qu’on considère vert. Est-ce ce qui trouve grâce aux yeux des verts ou ce
qui préserve l’environnement de façon démontrée ? Car le bio a beau s’autoproclamer champion de l’environnement, quelques vérifications s’imposeraient. Il s’agit tout de même d’une
agriculture à faible rendement (1/3 en blé) supposant des  défrichages massifs en cas de conversion généralisée. Pour quel bilan global ? Par
ailleurs le bio continue à utiliser des pesticides comme le cuivre ou la roténone (interdite en conventionnel, encore tolérée en bio) pour lesquels il existe des alternatives moins polluantes ou
moins rémanentes mais qui ont le tort d’être de synthèse. Et je ne parle pas de tous ceux qui militent (comprendre utilisent illégalement  et en s’en
vantant) pour l’autorisation de l’huile de néem dont les dangers sont connus depuis longtemps.


Pour achever de mettre les pieds dans le plat je signale que pendant ce temps, en Arizona, en  combinant la culture de
maïs transgénique avec des lâchers de pyrales stériles on est arrivé à …zéro épandage cette année.


Lorsque les passions seront retombées, les idéologies et les dogmes remisés et que des agronomes et économistes seront en mesure de faire des bilans sereins je gage
que nous aurons quelques surprises  sur ce qui était vraiment « vert » et sur ce qui ne l’était pas tant que ça.


 


 



Mathieu P. 14/12/2010 12:18



Pour la PACA, je pencherais plutôt pour la conversion au bio de diverses cultures peu intensives en traitement au départ, comme les fleurs sous serre ou l'olive, ainsi que des conversion dans des
exploitations viticoles qui, AOC aidant, ont intégré l'intérêt qu'il peut y avoir à ne pas trop pousser les rendements.



Henri 14/12/2010 11:09



Le résultat de la région PACA me semble du à la prolifération des installations solaires. Non?



XAVIER 14/12/2010 11:00


ça me semble recouper en grande partie la répartition agriculture intensive/agriculture extensive: Picardie, centre, sont des régions de grande culture céréalières tandis que PACA, auvergne,
limousin sont des régions dont une bonne partie du territoire est consacré à de la petite agriculture de montagne. Votre commentaire sur les spécialisations me semble donc capital.