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Le Ministère a publié tout un ensemble de statistiques sur l'insertion professionnelle des diplômés de l'Université. Les personnes interrogés sont les sortants de 2008, il s'agit donc d'une évaluation 30 mois après la sortie du système éducatif.
On apprend ainsi que, France entière, les titulaires d'un DUT ont un taux d'insertion de 91%, que la part des emplois stables est de 73% et que la part des cadres/professions intermédiaires est de 59%.
Pour les titulaires d'un Master, les chiffres sont respectivement de 91% (même taux), 74% (+1 point) et 89% (+30 points).
Pour les titulaires d'un Master en Economie, enfin, ils sont de 92% (+1 point par rapport à l'ensemble des masters), 76% (+2 points) et 88% (-1 point).
Vous trouverez sur le site des résultats encore plus précis par Université, discipline, etc.
A noter que le Point n'a pas pu s'empêcher de bâtir un classement sur la base de ces chiffres, ce qui ne rime à rien, ne serait-ce qu'en raison du fait que les publics accueillis dans les Universités et les marchés régionaux du travail diffèrent fortement d'un endroit à l'autre. Mais bon, c'est vendeur...
[Mise à jour : comme conseillé par Anne Lavigne en commentaire, lire sur le classement du Point ce billet de Pierre Dubois]
(retour sur le blog après quelques mois un peu trop intenses)
Aux nouveaux bacheliers qui s'interrogent sur leur avenir dans l'enseignement supérieur, petit comparatif rapide, en image, entre Paris n et Poitiers (fac de sciences économiques).
Paris n (source : Baptiste Coulmont)
Poitiers :
Je suis atterré par la lecture de cet article, où sont repris certains des propos de Jean-François Dhainaut, président de l'Agence d'évaluation de l'enseignement supérieur et de la recherche (Aeres). Notamment ce passage :
« Pour un certain nombre de régions hors des grandes métropoles, des collaborations serrées seront indispensables pour atteindre la masse critique qui leur permettra de travailler à armes égales », a prévenu Jean-François Dhainaut, situant un seuil minimum de 500 chercheurs classés A + en dessous duquel se situent nombre de régions.
Atterré qu'on nous ressorte cet argument de la taillle critique, qui n'a aucun fondement empirique, j'en ai parlé à plusieurs reprises (voir ici par exemple). Atterré que cet argument soit avancé par le président de l'Aeres, car compte tenu du rôle de plus en plus important de cette agence, il risque d'avoir de lourdes conséquences. Les acteurs, en effet, réagissent aux incitations. Dès lors que l'agence d'évaluation affirme que l'avenir passe par des organisations constituées à minima de 500 chercheurs classés A+, les acteurs vont s'organiser en conséquence. Je prédis que, dans la plupart des cas, les performances en termes de recherche ne vont pas s'améliorer, mais que les coûts d'organisation interne vont exploser (proposition qui sera difficile à valider ou à invalider, puisqu'on ne se pose même pas la question du coût des transformations en cours (coût de la mise en place des PRES par exemple), des gains liés à ces transformations, ni du bilan avantage/coût).
Le gouvernement défend cette ligne stratégique depuis plusieurs années. Les conclusions du rapport Juppé-Rocard semblent indiquer qu'elle fait consensus au sein des partis de gouvernement (UMP et PS), au moins chez leurs principaux leaders. Il serait bon que certains politiques se réveillent rapidement, par exemple ceux issus des régions disparues de cette carte...
Article très intéressant dans la Revue de la Régulation, au moment où les évaluations AERES sont en cours dans tout un ensemble d'Universités (dont Poitiers!). Titre : "Revues qui comptent, revues qu’on compte : produire des classements en économie et gestion". Auteurs : David Pontille et Didier Torny. Quelques petits extraits pour vous mettre en bouche.
premier extrait, tout au début :
Peut-on attribuer une qualité constante à une revue scientifique et produire un accord entre les membres d’un milieu professionnel sur cette qualité ? Bien avant la section 37 du CNRS ou l’AERES, Hawkins et al. (1973) ont interrogé des pairs pour répondre à cette question en recueillant leurs jugements sur 87 revues d’économie. Ils ont demandé à 160 économistes de leur attribuer une note entre 0 et 20, en leur précisant bien de ne noter que celles qu’ils connaissaient. À partir des réponses obtenues, ils ont produit deux indices. Premièrement, ils ont calculé la note moyenne obtenue par chaque revue et les ont ordonnées en conséquence. Deuxièmement, ils ont élaboré une note de prestige, produit de cette moyenne et du pourcentage de répondants ayant noté la revue. Ils ont ensuite renvoyé ces résultats agrégés (moyenne, médiane, mode, écart-type) aux mêmes économistes, avec un rappel de leur propre notation, en leur demandant de la confirmer ou de la changer. Plus de 80 % des répondants ont modifié certaines de leurs notes, presque toutes vers le jugement « moyen », diminuant d’autant les écarts-types pour chaque revue.
un peu plus loin (j'adore!):
Les auteurs ont estimé que plus une revue est considérée comme « théorique » ou « générale », plus sa note de prestige est élevée ; à l’inverse, plus une revue est considérée comme « spécialisée » ou « appliquée », plus sa note de prestige est basse. Afin de donner davantage de poids à leur interprétation, ils ont introduit deux leurres dans la liste des revues : le Journal of Economic and Statistical Theory (JEST) et le Regional Studies and Economic Change (RESC). Alors même que ces revues n’existaient pas, un répondant sur cinq les avait classées et, sans surprise pour les auteurs, JEST apparaissait dans le premier tiers du classement et RESC dans le dernier tiers.
à noter la reprise d'une citation de Gizmo (fin du paragraphe 78):
Dès lors, on comprend que si les laboratoires d’économie-gestion sont systématiquement plus mal notés que les autres laboratoires (toutes choses égales par ailleurs), leurs dotations vont se réduire par rapport aux laboratoires des autres disciplines, ce qui réduira leurs chances d’attirer les meilleurs doctorants, docteurs, collègues, et de produire dans les meilleures conditions. Encore une fois, peut-être est-ce le but recherché : n’assurer une formation en master et en doctorat d’économie-gestion que dans quatre ou cinq laboratoires de recherche en France. Dans ce cas, il faut avoir le courage de le dire.
pour finir, la phrase en exergue :
“Excellent articles frequently appear in journals viewed subjectively as ‘poor’ by the profession, and low-quality work often emerges in ‘excellent’ journals. Nevertheless, there is a pervasive – in our opinion an unfortunate – tendency within the profession to assess the quality of a person’s work all too superficially, giving excessive weight to the journal in which it appears” (Hawkins et al. 1973, p. 1032).
L'alternative serait de lire les articles des personnes que l'on doit évaluer (pour recrutement, promotion, etc.). Mais bon, si on doit s'embêter avec ça maintenant...
Le débat sur les « 30 % de boursiers » en classes préparatoires tend à faire croire que la démocratisation de l’enseignement
supérieur passerait d’abord par un accès accru aux grandes écoles alors que les élèves des classes préparatoires ne représentent que 5 % d’une classe d’âge et qu’une infime minorité (2 à 3 %) des
enfants de milieu populaire accède aux grandes écoles. L’institution de masse par laquelle se fait l’essentiel de la promotion scolaire et intellectuelle des classes populaires reste
l’université. Si effort de réflexion et volonté politique il doit y avoir, c’est d’abord en ce domaine qu’il devrait porter : améliorer les conditions d’accueil, d’étude et de vie des
étudiants pour lutter contre l’échec en premier cycle, élargir le vivier des étudiants, diversifier les formations et lutter contre la spécialisation disciplinaire précoce, revaloriser cette
filière du post-bac notamment auprès des instances d’orientation, etc.(grassé par moi).
Source : Beaud et Convert dans le numéro de juin des Actes de la Recherche en Sciences Sociales.
Synthèse du numéro ici. A noter également dans ce
numéro l'article de Sophie Orange, chercheure de l'Université de Poitiers, sur le choix du BTS (accès (restreint) à son article ici).
Découverte importante à l'Université de Poitiers : voir ici et là par exemple. L'article scientifique vient de paraître dans Nature (€), il en fait même la couverture.
Ce n'est pas en économie qu'on pourrait faire de telles découvertes... Quoique : mon voisin de bureau (un certain
Christian C.), nous propose de partir à la recherche du premier homo oeconomicus...
J’avais posté il y a quelques temps un billet titré « quel Master choisir ? ». J’avais notamment attiré l’attention sur l’importance de collecter de l’information stratégique sur les débouchés à l’issu du Master, pas seulement sur l’intitulé du Master, le titre des cours ou que sais-je encore.
Voici donc un complément aux informations données sur le Master Développement Economique Local de Poitiers (le site du Master contient déjà pas mal d’informations, que l’on complète au fur et à mesure).
En effet, nous avons lancé le 31 mars dernier une enquête auprès des anciens du Master Développement Economique Local de Poitiers. 287 personnes, membres des promos 1984 à 2008 ont été interrogées (celles pour lesquelles nous disposions d’une adresse mail). Nous avons reçu 208 réponses, dont 206 exploitables sur certaines questions, un peu moins sur d’autres (non réponses partielles).
Voici quelques premiers résultats, pouvant intéresser de futurs étudiants.
197 des 206 personnes occupaient un emploi au 31/03/2010, soit un ratio de 96%. Parmi les 9 personnes n’occupant pas un emploi, 2 poursuivent leurs études, 4 sont en recherche d’emploi et 3 sont dans une autre situation (dont un créateur d’entreprise et un mandat d’élu). Le taux de chômage des enquêtés ayant répondu est donc particulièrement bas (4 personnes sur 202, un peu moins de 2%).
S’agissant de la situation professionnelle, 135 sont fonctionnaires ou en CDI, 32 en CDD (dont 1 en CAE), 5 sont indépendants, auto-entrepreneurs ou profession libéral (25 questionnaires ne sont pas renseignés sur cet item).
Rémunération mensuelle enfin. On obtient le tableau des effectifs suivant par classe de revenu mensuel net (hors primes) :
|
Rémunération |
Nombre |
Part |
|
- de 1.000 €uros |
3 |
2% |
|
de 1.000 à 1.199 |
4 |
3% |
|
de 1.200 à 1.399 |
10 |
6% |
|
de 1.400 à 1.599 |
20 |
13% |
|
de 1.600 à 1.799 |
22 |
14% |
|
de 1.800 à 1.999 |
23 |
14% |
|
de 2.000 à 2.199 |
19 |
12% |
|
de 2.200 à 2.399 |
19 |
12% |
|
de 2.400 à 2.599 |
7 |
4% |
|
de 2.600 à 2.799 |
8 |
5% |
|
de 2.800 à 2.999 |
5 |
3% |
|
3.000 €uros ou + |
20 |
13% |
|
Total général |
160 |
100% |
Il faut bien sûr faire attention à l’interprétation de ces résultats : on peut penser que parmi les non répondants, certains ne répondent pas car ils ne sont pas satisfaits de leur situation. Les résultats doivent également être interprétés en fonction de l’année de sortie du Master, pour mieux cerner les évolutions récentes. S'agissant des rémunérations, il faudrait repérer les temps partiels. Etc. Une exploitation plus complète est en cours, résultats à suivre d’ici fin juin.
Je reprends une idée dévéloppée autrement dans d'autres billets.
Les Universités sont en train, par vague successive, de calibrer leur offre de diplômes. L'autonomie croissante des Universités fait qu'elles font un peu ce qu'elles veulent. Le Ministère se contente de leur dire : "faites ce que vous voulez, vous fonctionnerez à budget constant".
Parallèlement, le nombre d'étudiants attendus dans les Universités françaises est plutôt décroissant. Soyons optimistes, supposons qu'il soit constant, disons égal à n.
Supposons de plus que les étudiants se répartissent aléatoirement entre les formations proposées (la qualité des diplômes est difficilement observable). Dès lors, si une université propose x formations sur un ensemble X de formations, elle accueillera donc (x/X)*n étudiants. Sa dotation sera de x/X de la dotation globale.
Question métaphysique : l'Université en question a-t-elle intérêt à ouvrir une formation supplémentaire? On est en fait dans une configuration de dilemme du prisonnier :
|
|
Autres Universités |
||
|
Ouvre |
N’ouvre pas |
||
|
Université A |
Ouvre |
x+1/X+y+1 |
x+1/X+1 |
|
N’ouvre pas |
x/X+y |
x/X |
|
Plaçons nous dans le cas de l'Université A.
Première possibilité, y universités (autres qu'elle) ouvrent une formation (avec y>=1). L'Université A à le choix entre ouvrir une formation, elle touche x+1/X+y+1 de la dotation, ou ne pas ouvrir de formation, elle touche x/X+y. Je vous laisse montrer que, dans tous les cas, si au moins une autre université ouvre une formation, elle a intérêt à en ouvrir une.
Deuxième possibilité : aucune autre université n'ouvre de formation. Si elle-même n'en ouvre pas, elle touche la même somme qu'auparavant, soit x/X. Si elle en ouvre une, et elle seule, elle touche x+1/X+1 de la dotation. Je vous laisse montrer que x/X<x+1/X+1, donc qu'elle a intérêt à ouvrir.
Le jeu est symétrique. Conclusion : dans tous les cas, on a intérêt à ouvrir une formation supplémentaire. Comme on fonctionne à budget constant, le nombre de formations va exploser, et le budget par formation, lui, va diminuer. "Individuellement", aucune université n'a intérêt à jouer un autre jeu. Collectivement, c'est une catastrophe.
Prédiction : on court à la catastrophe...
PS : alternatives : i) l'Etat joue son rôle de régulateur : peu crédible, ii) les Universités sortent du jeu non
coopératif et se concertent : peu crédible également. On court à la catastrophe, je vous dis...
Exercice intéressant du Ministère d'évaluation de la réussite en Licence par Université. L'idée est de calculer la réussite en Licence en tenant compte des différences de caractéristiques des étudiants accueillis.
Sauf erreur, via l'application d'une analyse structurelle-résiduelle : on calcule un taux de réussite théorique par Université, en appliquant le taux de réussite observé nationalement pour une population aux caractéristiques comparables. La différence entre ce taux théorique et le taux effectivement observée permet de calculer la valeur ajoutée de l'Université. Cette dernière est positive si le taux de réussite effectif est supérieur au taux de réussite théorique.
Une difficulté mentionnée par les auteurs tient au fait que les étudiants bougent d'une année sur l'autre. Si bien que ce sont trois méthodes d'évaluation qui sont proposées : i) valeur ajoutée par Université pour les étudiants ayant fait leur première année de licence dans cette Université, ii) idem pour ceux ayant fait leur troisième année dans cette Université, iii) idem pour ceux ayant fait leurs trois années dans cette Université.
A partir des données fournies par le Ministère, j'ai repéré le sous-ensemble des Universités dégageant une valeur ajoutée positive avec les trois méthodes. Sur les 83 Universités, 32 y parviennent. Ne figurent pas dans cette liste les Universités d'Aix-Marseille 1 ; Bordeaux 2, 3 et 4 ; Grenoble 2 et 3 ; Lille 1, 2 et 3 ; Montpellier 1, 2 et 3 ; Strasbourg 1, 2 et 3 ; Toulouse 1, 2 et 3. Ni les Universités de Paris 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12... Pourquoi je parle de ces Universités? Ben... c'est la quasi-totalité des Universités labellisées Campus d'Excellence... cherchez l'erreur...
Erreur facile à trouver en l'occurrence : ce n'est pas l'excellence qui est récompensée par la labellisation, mais, pour
l'essentiel, la taille. Et les quelques chiffres publiés semblent plutôt montrer (il faudrait creuser bien sûr) une relation négative entre taille et performance, ce qui n'est pas surprenant
outre mesure.
En revanche, Poitiers y figure, et en très bonne position si on regarde la valeur ajoutée apportée aux étudiants
commençant leur Licence dans notre Université, puisque le taux de réussite effectif est de 40,7%, contre un taux attendu de 31,7%. C'est le meilleur différentiel (+9%), juste derrière Limoges
(+9,8%). Pas loin derrière, La Rochelle (en 5ème position selon ce critère), avec un différentiel de +7%. Poitiers, Limoges, La Rochelle : les 3 Universités d'un même PRES... mais rassurez-vous,
ce PRES ne sera jamais Campus d'Excellence...
| Mai 2013 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
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