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Je suis Professeur des Universités en Aménagement de l'Espace et Urbanisme à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Enseignement

Dimanche 11 septembre 7 11 /09 /Sep 11:02

Première séance du cours « Problèmes économiques et sociaux contemporains » en première année de Licence lundi dernier. J’en ai profité pour refaire un petit sondage express auprès des étudiants présents, le même que l’an passé, où je leur demandais de choisir et de hiérarchiser 4 thèmes parmi 5 : crise, développement durable, dette, mondialisation, pouvoir d’achat.

Sur la base des résultats de 2010 et 2011, j’ai fait quelques stats. Sur l’ensemble des choix, d’abord :

ensemble des choix

2010

2011

Total

CRISE

22%

24%

23%

DETTE

20%

19%

20%

DEVELOPPEMENT DURABLE

16%

16%

16%

MONDIALISATION

20%

20%

20%

POUVOIR D'ACHAT

21%

21%

21%

 

Les choix ont peu évolué entre les deux années, l’item « développement durable » est toujours en retrait, la « crise » est toujours légèrement en tête.

Sur le premier choix, ensuite :

choix 1

2010

2011

Total

CRISE

26%

24%

25%

DETTE

13%

16%

15%

DEVELOPPEMENT DURABLE

15%

13%

14%

MONDIALISATION

17%

33%

25%

POUVOIR D'ACHAT

29%

14%

22%

TOTAL

100%

100%

100%

 

Evolution significative, cette fois : la question du pouvoir d’achat intéresse moins la promotion 2011 que la promotion 2010 et inversement pour la question de la mondialisation. Les parts des autres thèmes sont plutôt stables.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Jeudi 9 septembre 4 09 /09 /Sep 11:07

Première séance du cours "Problèmes économiques et sociaux contemporains" en première année de Licence lundi dernier. J’en ai profité pour faire un petit sondage express auprès des étudiants présents : ayant prévu de traiter cinq thèmes, mais n’étant pas sûr d’avoir le temps de les traiter tous les cinq, je leur ai demandé de m’indiquer sur une feuille au maximum quatre des cinq thèmes qu’ils aimeraient voir traiter, en les hiérarchisant.

Voici quelques statistiques sur la base de leurs réponses :

Thème

Premier choix

Ensemble des choix

CRISE

22

68

CROISSANCE, DECROISSANCE, DEVELOPPEMENT DURABLE

13

50

DETTE

11

61

MONDIALISATION

15

62

POUVOIR D'ACHAT

25

65

NON REPONSE

0

38

Total général

86

344

 

Je m’attendais plutôt à voir ressortir le thème « croissance, décroissance et développement durable » et/ou le thème « Mondialisation », mais en fait, il n’en n’est rien : c’est la crise et la question du pouvoir d’achat qui retiennent surtout leur attention. Si l’on regarde l’ensemble des réponses, le thème « croissance, décroissance et développement durable » est nettement en dessous.

Je leur ai également demandé d’indiquer leur sexe (Homme/Femme), leur série de bac, et s’ils étaient redoublant ou non. Quelques petits tests statistiques plus tard (tests du Chi²), on observe qu’il n’existe pas d’effet de genre, ni d’effet « série du bac », ni d’effet « redoublant ».

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Lundi 23 août 1 23 /08 /Août 10:00

mise à jour en fin de message

Retour de vacances. Préparation d'un nouveau cours "Problèmes économiques et sociaux contemporains" pour les premières années de Licence de Sciences Economiques. Premier thème que je pense aborder : le pouvoir d'achat. Il permet d'introduire pas mal de problématiques (revenu,  inégalités de revenu, croissance, inflation, redistribution, etc.). Je pense que je vais commencer par présenter cette vidéo :

 

 

Avec, bien sûr, un exercice associé (niveau facile) : cherchez l'erreur dans la chanson (vous justifierez votre réponse, je modère les commentaires temporairement, pour vous laisser le temps de jouer).

Certains s'impatientent, ils voudraient la réponse, mais je ne peux pas encore la publier : les étudiants de L1 vont devoir jouer, je ne veux pas qu'ils trichent... Je publie juste les commentaires qui ne contiennent pas la bonne réponse. Beaucoup ont vu juste, résultat des courses d'ici une quinzaine.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Jeudi 11 février 4 11 /02 /Fév 06:32
L'APSES vient de publier une contre-proposition de programme pour les SES. Personnellement, je le trouve bien mieux que celui proposé par le ministère. Et la démarche ne peut qu'être saluée.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Samedi 13 décembre 6 13 /12 /Déc 08:06

Kezeco (l'économie ne se cache plus) est le site du Codice, le Conseil pour la Diffusion de la Culture Economique, Conseil mis en place par le ministère de l'économie et des finances. L'idée du Codice est la suivante : li) 'économie, c'est important; ii) or, les français sont nuls en économie ; iii) on va donc les former. Arme stratégique pour atteindre l'objectif : Kezeco.

Sauf que Kezeco se plante un peu quand même, si bien que la formation proposée ressemble parfois à une entreprise de déformation...


PIB : erreur


Erreur grossière, d'abord, repérée par Denis Colombi, sur la définition du PIB "en additionnant les valeurs ajoutées de l’ensemble des entreprises d’un pays, à laquelle on rajoute le solde de sa balance extérieure, on obtient… (Bingo !)… le célèbre PIB." Depuis, suite sans doute aux billets sur les blogs et aux messages laissés sur Kezeco par des blogeurs économistes (à vérifier, ce n'est qu'une hypothèse), la définition a été rectifiée.


Revenu des ménages : deuxième erreur


Kezeco nous explique ceci :

La population augmente, donc le nombre de ménages aussi. S’ils sont de plus en plus nombreux, les ménages sont aussi de plus en plus petits. Les femmes ont des enfants plus tardivement, le veuvage est plus important du fait de l’allongement de la durée de vie, les divorcés, les familles monoparentales et les célibataires sont plus nombreux…Ces évolutions ne sont pas prises en compte par les statisticiens qui calculent le pouvoir d’achat des ménages.
Et les statistiques ne prennent pas non plus en compte la taille de ces ménages. Or les dépenses ne sont pas les mêmes si l’on est seul ou quatre à vivre dans une famille. Les dépenses pré-engagées ne pèsent pas de la même manière non plus. Et pourtant, les ménages ont théoriquement pour l’INSEE le même pouvoir d’achat moyen, quelle que soit leur taille. Le nombre de foyers augmentant plus vite que le revenu brut disponible de l’ensemble des Français qui sert de base de calcul, cela fait baisser la part théoriquement dévolue à chaque ménage.


Eh bien non, les statisticiens de l'INSEE ne sont pas fous, ils savent bien cela. Extrait du site de l'Insee :

La notion usuelle du pouvoir d'achat correspond au pouvoir d'achat du revenu disponible brut (...). La mesure ainsi obtenue est une mesure globale, qui couvre l'ensemble des ménages. Elle ne reflète pas la diversité des évolutions individuelles, ni même une évolution individuelle moyenne car le nombre et la composition des ménages varient au cours du temps en France. Pour appréhender une évolution individuelle moyenne, on calcule un pouvoir d'achat par unité de consommation.


C'est quoi l'unité de consommation? à quoi ca sert? comment c'est calculé? tout est expliqué ici. Et vous trouverez ici l'évolution du pouvoir d'achat par unité de consommation.


Désindustrialisation : réducteur


Article sur la désindustrialisation, immédiatement sous-titré "Effet collatéral de la mondialisation"... Petit topo ultra-réducteur (je vous laisse découvrir), qui n'évoque même pas l'effet pourtant essentiel sur la baisse des effectifs industriels des stratégies d'externalisation des firmes (j'en ai parlé ici et ). Le fait qu'Eric le Boucher soit président du Comité des sages du Codice n'a sans doute rien à voir avec le contenu de ce billet...


Billet qui conclue en disant qu'heureusement en France on fait des choses : "L’État s’efforce en France de suivre l’exemple allemand en encourageant par exemple les investissements dans les nouvelles entreprises innovantes par le biais d’avantages fiscaux importants. La défiscalisation des heures de travail supplémentaires favorise également la compétitivité. Par ailleurs, à la suite de la fermeture d’une usine d’Arcelor-Mittal en Moselle début 2008, la création d’un « fonds national de ré-industrialisation du territoire » a été envisagée." Après avoir lu ca, je me suis dit heureusement que le Codice est "une  instance de réfléxion impartiale, indépendante et pluraliste"!!! (c'est dit ). Plus généralement, se pose le problème de la production de connaissances en économie par un organe très lié au gouvernement et qui risque d'avoir structurellement tendance à survaloriser les actions récentes de celui-ci dans la résolution des problèmes évoqués.


Productivité : politiquement incorrect


Ils n'ont pas bien relu les articles, sur Kezeco : à la rubrique productivité, ils nous disent "travailler moins pour produire plus, telle est l’ambition !". Ils sont fous ou quoi? Ils n'écoutent pas notre président?

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Mercredi 6 février 3 06 /02 /Fév 07:10

C'est une idée assez récurrente, les jeunes n'aiment pas l'entreprise, et c'est une raison invoquée par Positive Entreprise pour demander une réforme des programmes d'économie. J'avais indiqué ici qu'une enquête de l'Association Positive Entreprise elle-même montrait pourtant que 74% des jeunes avaient une opinion positive de l'entreprise. Résultats convergents dans une enquête réalisée en juin 2006 par l'IPSOS et l'Association Jeunesse et entreprises, auprès d'un millier de jeunes de 16 à 26 ans, pour partie des jeunes actifs, pour partie des étudiants/lycéens (merci à Virginie pour l'info). Voici la diapo :

 

D'autres résultats intéressants dans cette enquête, et d'autres enquêtes intéressantes, sur le site de l'AJE.

 

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Dimanche 3 février 7 03 /02 /Fév 10:05
Hélène Rey a publié une tribune dans les Echos, dans laquelle elle dénonce l'enseignement de l'économie dans les lycées, qui serait à la base de la défiance des français envers le marché. Tribune qu'Etienne Wasmer reprend sur son blog et qualifie de courageuse, assurément, et de polémique, certainement... Personnellement, à l'instar de Gizmo, je la trouve particulièrement mal documentée.

Comme démontré sur mon blog, en effet, moins de 30% des élèves suivent l'enseignement de SES en seconde. Ce n'est donc pas là que se forgent, pour l'essentiel, les visions du monde des citoyens français vis-à-vis de l'économie de marché ou de la mondialisation (ce qui ne veut pas dire que cet enseignement n'a pas à évoluer, mais c'est un autre sujet).

Où se développent-elles, alors? Question complexe, mais il me semble que les "producteurs de sens", dans la société, ceux qui nous éclairent sur le fonctionnement du monde et sur les défis à relever, plus que les profs de SES, ce sont les médias et les politiques. Bien sûr, c'est très réducteur de dire cela, bien sûr, ce sont des collectifs très hétérogènes, mais ils nous abreuvent régulièrement de discours alarmistes sur la mondialisation, les délocalisations, les méfaits du marché, ..., et contribuent sans aucun doute bien plus au sentiment de défiance des français que les pauvres petits profs de SES...

Or, spécificité française, une bonne proportion de nos élites politiques et médiatiques sont passées, à un moment ou à un autre de leur formation, par la case Sciences Po Paris. Dès lors, si certains veulent s'amuser à trouver des coupables, c'est sans doute plus de ce côté là qu'il faut qu'ils regardent, que du côté de l'enseignement de l'économie en classe de seconde.

On notera d'ailleurs, détail cocasse, qu'Hélène Rey ne dit rien d'autre : pour critiquer le contenu des manuels d'économie de SES, quel exemple particulièrement pertinent prend-elle ? L'extrait d'un manuel ... d'histoire ... vivement recommandé en première année à ... Sciences Po Paris...
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Mercredi 23 janvier 3 23 /01 /Jan 12:29
Nouvel épisode, car le débat repart de plus belle.  Voir par exemple RCE, Pierre Maura, David Mourey, Denis Colombi et le site de l'APSES avec tout un ensemble de liens vers des articles ou émissions de radio.

Résumé des épisodes précédents :
L’Association Positive entreprise considère que les jeunes n’aiment pas l’entreprise à cause de l’école et plus précisément en raison du contenu des manuels scolaires d’économie de seconde, qui véhiculent « une image pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée de l’entreprise ». Pour pallier ce problème, Thibault Lanxade propose d’intégrer « des chefs d’entreprise dans la commission des programmes scolaires », afin de « réactualiser les données des manuels scolaires et [de] proposer une vision objective et positive du monde de l’entreprise ». Lors de l’épisode 1, nous avons vu que 71,4% des élèves ne suivent pas l’enseignement de SES, difficile dès lors d’en faire le responsable du désamour des jeunes pour l’entreprise. Lors de l'épisode 2, nous avons montré, à partir des sondages de l'association Positive Entreprise elle-même, ce qui est quand même cocasse, que 74% des jeunes ont un opinion positive de l'entreprise. Troisième épisode, donc, qui s'intéresse à la capacité des dirigeants à proposer "une vision objective et positive" du monde de l'entreprise...

Comme le rappelle Yvon Gattaz dans un "grand débat" de BFM du 14 janvier dernier, l'économie, ça se passe dans les entreprises. Les mieux placés pour parler d'économie, ce sont donc les dirigeants d'entreprises. Il conviendrait dès lors qu'ils participent à la définition des programmes, et qu'ils interviennent plus souvent dans les collèges et lycées, histoire d'expliquer aux élèves (et à leurs enseignants) ce que c'est que la vérité vraie de l'entreprise et donc, la vérité vraie en matière d'économie.

Dans cette perspective, on consultera avec intérêt cet
article des Echos, qui reprend les principaux résultats d'une étude de Watson Wyatt, dans laquelle le cabinet de consultant interroge employés et employeurs sur ce qui attire les premiers dans les entreprises, et sur ce qui les en fait partir. Sur cette question, les employés sont logiquement les mieux informés. Tout l'enjeu est donc de savoir si les employeurs ont bien compris leurs motivations. En fait, non : sur le premier point, les employeurs répondent "l'évolution de carrière" à 55% et "la réputation de l'entreprise" à 51%. Mais si on interroge les employés, ils répondent "le contenu du poste" à 49% et "la sécurité de l'emploi" à 34%. Idem sur le deuxième point : les employeurs pensent que les salariés partent pour des raisons d'évolution de carrière (49%) ou pour une promotion (48%) alors que les employés insistent sur "le niveau de stress" (35%) et "le salaire de base" (34%).

Imaginons maintenant qu'un dirigeant soit invité dans un établissement pour expliquer à nos chères têtes blondes ce qui attire et fait partir les salariés des entreprises. En supposant que le sondage mentionné ici soit représentatif de l'opinion des dirigeants, on peut penser qu'ils vont commettre quelques erreurs d'analyse... On remarque également avec ce petit exemple que l'objectif assigné par Positive Entreprise (et par d'autres, notamment Claude Goasgen sur France Info) d'un enseignement objectif et positif est difficilement atteignable : si on veut que l'enseignement soit positif, autant éviter de dire que nombre de salariés disent quitter leur emploi pour motif de stress. Ce faisant, on perd en objectivité. Et si on mentionne l'importance du stress, à l'inverse, on perd en positive attitude.
On pourrait multiplier les exemples : j'avais montré ici les erreurs d'analyse de Laurence Parisot, lorsqu'elle s'était improvisée prof d'économie devant un aréopage de dirigeants du Medef. Dans cet autre billet, j'avais montré le décalage entre ce que pensent les dirigeants de l'attractivité de la France et le degré effectif d'attractivité de notre pays. Bref : un bon dirigeant d'entreprise n'est pas nécessairement, il est sans doute même très rarement, un bon économiste. Et ce n'est pas grave, car ce n'est pas ce qu'on lui demande. Pas plus qu'on ne demande aux profs ou chercheurs en économie d'être de bons dirigeants d'entreprises.

Ceci ne signifie pas qu'il ne faut pas développer les relations entre entreprises et monde de l’éducation, notamment dans le cadre des cours d’économie. Mais pas pour que ces dirigeants expliquent ce qu’il faut enseigner, ni comment. Je reprends l’exemple du stress des salariés : je pense qu’il peut être efficace que l’enseignant présente l’état de la réflexion des économistes sur le sujet plus large des conditions de travail (en s’appuyant par exemple et entre autres sur les travaux d’Askenazy). On peut imaginer ensuite qu’il invite des dirigeants, des salariés, un médecin du travail, ...,  à venir échanger sur le sujet. Ceci permettrait de donner du corps à l’enseignement dispensé, d’identifier d’éventuels décalages entre l’état général du problème et la représentation qu’en ont les acteurs, de discuter autour de ces décalages, d’échanger aussi sur les moyens mobilisés par les acteurs pour résoudre les problèmes rencontrés. Pour information, et pour y avoir participé à l'occasion, je signale que ce type de démarche existe déjà dans les lycées, et que ça fonctionne très bien. A charge sans doute de trouver les moyens de généraliser, ce qui suppose notamment que les responsables d'entreprises acceptent de dégager un peu de temps pour cela. 

Au final, les élèves n'auraient sans doute ni une vision positive de l'entreprise, ni une vision négative, simplement une vision plus juste, et de meilleurs outils pour décrypter la réalité qui les entoure. Ce que l'on peut considérer comme un objectif louable, y compris pour les entreprises sousceptibles de recruter, plus tard, ces personnes.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Lundi 10 décembre 1 10 /12 /Déc 00:00
Après Attali qui attaque les économistes, Darcos qui s'en prend à la filière ES, voilà Michel Rocard qui tient des propos pour le moins curieux sur l'enseignement de l'économie...

Ce dernier participe à la commission Pochard, chargé de  réfléchir au métier d'enseignant et à son évolution.  Cette commission  auditionne tout un ensemble de personnes, parmis lesquelles on compte  Bernard Thomas, délégué interministériel à l'orientation.  Son audition est visible ici, avec un morceau d'anthologie entre la 55' et la 65' minute
sur l'enseignement de l'économie.

Michel Rocard souligne notamment "les dégâts abominables qui résultent pour la société française de la quasi-absence et surtout de la dérive de l’enseignement de l’économie ou du moins du peu qui en est fait. Puisque apparemment cet enseignement est assez largement fait pour dégoûter les élèves de la libre entreprise, du marché, de l’entreprise elle-même et de pas mal d’horreurs. Tout ça qui est assez stupide et qui est un des constituants du blocage (...) du dialogue social dans notre pays." 

Affirmations définitives d'autant plus surprenantes que juste après, il indique "
Mais ma vérité à moi c’est que je n’y connais rien. Combien d’heures y’a-t-il ? Dans quels types de classe par an ? Comment sont formés ces profs ?".

Sur l'idée que l'enseignement de SES est un des constituants du blocage du dialogue social dans le pays, voir ce billet qui montrait que peu d'élèves, au final, passent entre les mains des profs de SES (71,4% y échappent). Sur l'idée que les élèves sont dégoutés de l'entreprise, voir cet autre billet.

Via l'APSES, vous pouvez entendre l'extrait, le voir ou le lire. A lire également le communiqué qu'ils viennent de publier.
Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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Vendredi 14 septembre 5 14 /09 /Sep 06:35

Résumé de l’épisode précédent

L’Association Positive entreprise considère que les jeunes n’aiment pas l’entreprise à cause de l’école et plus précisément en raison du contenu des manuels scolaires d’économie de seconde, qui véhiculent « une image pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée de l’entreprise ». Pour pallier ce problème, Thibault Lanxade propose d’intégrer « des chefs d’entreprise dans la commission des programmes scolaires », afin de « réactualiser les données des manuels scolaires et [de] proposer une vision objective et positive du monde de l’entreprise ». Lors de l’épisode 1, nous avons vu que 71,4% des élèves ne suivent pas l’enseignement de SES, difficile dès lors d’en faire le responsable du désamour des jeunes pour l’entreprise… Mais au fait, y-a-t-il véritablement "désamour" ?
L’article de 20 minutes commence ainsi « Si les jeunes n’aiment pas les entreprises, c’est à cause de l’école. » Thibault Lanxade reprend la même idée dans cet article « On comprend mieux la principale raison de la perception négative des jeunes vis-à-vis de l’entreprise ». L'affaire semble entendue.

Mais, au fait, sur quoi s’appuient ces affirmations ? Sur un sondage OpinionWay réalisé pour Positive Entreprise en juin dernier auprès d’un échantillon de 325 jeunes. Bon, on peut s’interroger sur le sérieux d’Opinion Way, mais je fais comme si, cela ne change rien à ma démonstration. En fait, la question posée est « selon vous, pourquoi existe-t-il un profond décalage entre les jeunes et l’entreprise ? » avec comme proposition de réponse : i) en raison du fossé qui existe entre l’école et l’entreprise, ii) parce que la nouvelle génération ne croît plus aux promesses de l’entreprise, iii) parce que la nouvelle génération ne souhaite pas s’impliquer autant dans l’entreprise, iv) en raison du chômage des jeunes, v) aucune de ces raisons.

Résultat des courses : 55% attribuent « le profond décalage » au fossé « école-entreprise ». Deux remarques : i) la question est d’emblée biaisée, on ne demande pas aux jeunes s’il existe un décalage, on leur dit qu’il existe un décalage et on leur demande quelle explication ils en donnent. Incomplet, réducteur et idéologiquement orienté, comme démarche.  ii) considérer qu’il existe « un décalage entre jeune et entreprise » n’est pas synonyme de « les jeunes n’aiment pas l’entreprise ». Or, c’est l’assimilation qui est faite dans 20 minutes, ainsi que par Thibault Lanxade à plusieurs reprises dans les interviews.

« Oh, tu chicanes ! », me direz-vous, c’est quand même pas bien éloigné tout ça. Je vous répondrai par … un sondage… Opinion Way… réalisé pour … l’association Positive Entreprise… dans le cadre d’une autre étude « Les jeunes et l’entreprise ». Y figure notamment la question suivante « quel est votre opinion sur les entreprises en général ? ». Résultat : 6% ont une très bonne opinion, 68% une opinion plutôt bonne, 25% plutôt mauvaise et 1% très mauvaise… 74% des jeunes ont une opinion positive de l’entreprise
[1] Mais alors, où est-il, le désamour des jeunes pour l'entreprise censé être expliqué par le contenu des manuels de SES ???  

 

[1] Ajoutons, autre élément de preuve déjà souligné dans un commentaire au précédent billet, que nombre d’élèves passant par la filière ES s’orientent ensuite dans des formations en lien avec l’entreprise (écoles de commerce, IUT, BTS, IAE, etc.). Cela fait un grand nombre de masochistes, quand même…

 

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Enseignement
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