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Première séance du cours « Problèmes économiques et sociaux contemporains » en première année de Licence lundi dernier. J’en ai profité pour refaire un petit sondage express auprès des étudiants présents, le même que l’an passé, où je leur demandais de choisir et de hiérarchiser 4 thèmes parmi 5 : crise, développement durable, dette, mondialisation, pouvoir d’achat.
Sur la base des résultats de 2010 et 2011, j’ai fait quelques stats. Sur l’ensemble des choix, d’abord :
|
ensemble des choix |
2010 |
2011 |
Total |
|
CRISE |
22% |
24% |
23% |
|
DETTE |
20% |
19% |
20% |
|
DEVELOPPEMENT DURABLE |
16% |
16% |
16% |
|
MONDIALISATION |
20% |
20% |
20% |
|
POUVOIR D'ACHAT |
21% |
21% |
21% |
Les choix ont peu évolué entre les deux années, l’item « développement durable » est toujours en retrait, la « crise » est toujours légèrement en tête.
Sur le premier choix, ensuite :
|
choix 1 |
2010 |
2011 |
Total |
|
CRISE |
26% |
24% |
25% |
|
DETTE |
13% |
16% |
15% |
|
DEVELOPPEMENT DURABLE |
15% |
13% |
14% |
|
MONDIALISATION |
17% |
33% |
25% |
|
POUVOIR D'ACHAT |
29% |
14% |
22% |
|
TOTAL |
100% |
100% |
100% |
Evolution significative, cette fois : la question du pouvoir d’achat intéresse moins la promotion 2011 que la promotion 2010 et inversement pour la question de la mondialisation. Les parts des autres thèmes sont plutôt stables.
Première séance du cours "Problèmes économiques et sociaux contemporains" en première année de Licence lundi dernier. J’en ai profité pour faire un petit sondage express auprès des étudiants présents : ayant prévu de traiter cinq thèmes, mais n’étant pas sûr d’avoir le temps de les traiter tous les cinq, je leur ai demandé de m’indiquer sur une feuille au maximum quatre des cinq thèmes qu’ils aimeraient voir traiter, en les hiérarchisant.
Voici quelques statistiques sur la base de leurs réponses :
|
Thème |
Premier choix |
Ensemble des choix |
|
CRISE |
22 |
68 |
|
CROISSANCE, DECROISSANCE, DEVELOPPEMENT DURABLE |
13 |
50 |
|
DETTE |
11 |
61 |
|
MONDIALISATION |
15 |
62 |
|
POUVOIR D'ACHAT |
25 |
65 |
|
NON REPONSE |
0 |
38 |
|
Total général |
86 |
344 |
Je m’attendais plutôt à voir ressortir le thème « croissance, décroissance et développement durable » et/ou le thème « Mondialisation », mais en fait, il n’en n’est rien : c’est la crise et la question du pouvoir d’achat qui retiennent surtout leur attention. Si l’on regarde l’ensemble des réponses, le thème « croissance, décroissance et développement durable » est nettement en dessous.
Je leur ai également demandé d’indiquer leur sexe (Homme/Femme), leur série de bac, et s’ils étaient redoublant ou non. Quelques petits tests statistiques plus tard (tests du Chi²), on observe qu’il n’existe pas d’effet de genre, ni d’effet « série du bac », ni d’effet « redoublant ».
mise à jour en fin de message
Retour de vacances. Préparation d'un nouveau cours "Problèmes économiques et sociaux contemporains" pour les premières années de Licence de Sciences Economiques. Premier thème que je pense aborder : le pouvoir d'achat. Il permet d'introduire pas mal de problématiques (revenu, inégalités de revenu, croissance, inflation, redistribution, etc.). Je pense que je vais commencer par présenter cette vidéo :
Avec, bien sûr, un exercice associé (niveau facile) : cherchez l'erreur dans la chanson (vous justifierez votre réponse, je modère les commentaires temporairement, pour vous laisser le temps de jouer).
Certains s'impatientent, ils voudraient la réponse, mais je ne peux pas encore la publier : les étudiants de L1 vont devoir
jouer, je ne veux pas qu'ils trichent... Je publie juste les commentaires qui ne contiennent pas la bonne réponse. Beaucoup ont vu juste, résultat des courses d'ici une
quinzaine.
Kezeco (l'économie ne se cache plus) est le site du Codice, le Conseil pour la Diffusion de la Culture Economique, Conseil mis en place par le ministère de l'économie et des finances. L'idée du Codice est la suivante : li) 'économie, c'est important; ii) or, les français sont nuls en économie ; iii) on va donc les former. Arme stratégique pour atteindre l'objectif : Kezeco.
Sauf que Kezeco se plante un peu quand même, si bien que la formation proposée ressemble parfois à une entreprise de
déformation...
PIB : erreur
Erreur grossière, d'abord, repérée par Denis Colombi, sur la définition du PIB "en additionnant les valeurs ajoutées
de l’ensemble des entreprises d’un pays, à laquelle on rajoute le solde de sa balance extérieure, on obtient… (Bingo !)… le célèbre PIB." Depuis, suite sans doute aux billets sur les blogs
et aux messages laissés sur Kezeco par des blogeurs économistes (à vérifier, ce n'est qu'une hypothèse), la définition a
été rectifiée.
Revenu des ménages : deuxième erreur
La population augmente, donc le nombre de ménages aussi. S’ils sont de plus en plus nombreux, les ménages sont aussi
de plus en plus petits. Les femmes ont des enfants plus tardivement, le veuvage est plus important du fait de l’allongement de la durée de vie, les divorcés, les familles monoparentales et les
célibataires sont plus nombreux…Ces évolutions ne sont pas prises en compte par les
statisticiens qui calculent le pouvoir d’achat des ménages.
Et les statistiques ne prennent pas non plus en compte la taille de ces ménages. Or les dépenses ne sont pas les mêmes si l’on est seul ou quatre à vivre dans une famille. Les dépenses
pré-engagées ne pèsent pas de la même manière non plus. Et pourtant, les ménages ont théoriquement pour l’INSEE le même pouvoir d’achat moyen, quelle que soit leur taille. Le nombre de foyers
augmentant plus vite que le revenu brut disponible de l’ensemble des Français qui sert de base de calcul, cela fait baisser la part théoriquement dévolue à chaque ménage.
Eh bien non, les statisticiens de l'INSEE ne sont pas fous, ils savent bien cela. Extrait du site de l'Insee :
La notion usuelle du pouvoir d'achat correspond au pouvoir d'achat du revenu disponible brut (...). La mesure ainsi obtenue est une mesure globale, qui couvre l'ensemble des ménages. Elle ne reflète pas la diversité des évolutions individuelles, ni même une évolution individuelle moyenne car le nombre et la composition des ménages varient au cours du temps en France. Pour appréhender une évolution individuelle moyenne, on calcule un pouvoir d'achat par unité de consommation.
C'est quoi l'unité de consommation? à quoi ca sert? comment c'est calculé? tout est expliqué ici. Et vous trouverez ici l'évolution du pouvoir d'achat par unité de
consommation.
Désindustrialisation : réducteur
Article sur la désindustrialisation, immédiatement sous-titré "Effet collatéral de la mondialisation"... Petit topo ultra-réducteur (je vous laisse découvrir), qui n'évoque même pas l'effet pourtant essentiel sur la baisse des effectifs industriels des stratégies d'externalisation des firmes (j'en ai parlé ici et là). Le fait qu'Eric le Boucher soit président du Comité des sages du Codice n'a sans doute rien à voir avec le contenu de ce billet...
Billet qui conclue en disant qu'heureusement en France on fait des choses : "L’État s’efforce en France de suivre
l’exemple allemand en encourageant par exemple les investissements dans les nouvelles entreprises innovantes par le biais d’avantages fiscaux importants. La défiscalisation des heures de travail
supplémentaires favorise également la compétitivité. Par ailleurs, à la suite de la fermeture d’une usine d’Arcelor-Mittal en Moselle début 2008, la création d’un « fonds national de
ré-industrialisation du territoire » a été envisagée." Après avoir lu ca, je me suis dit heureusement que le Codice est "une instance de réfléxion impartiale, indépendante et
pluraliste"!!! (c'est dit là). Plus généralement, se pose le problème de la production de connaissances en économie par un organe très
lié au gouvernement et qui risque d'avoir structurellement tendance à survaloriser les actions récentes de celui-ci dans la résolution des problèmes évoqués.
Productivité : politiquement incorrect
Ils n'ont pas bien relu les articles, sur Kezeco : à la rubrique productivité, ils nous disent "travailler moins pour produire plus, telle est l’ambition !". Ils sont fous ou quoi? Ils n'écoutent pas notre président?
C'est une idée assez récurrente, les jeunes n'aiment pas l'entreprise, et c'est une raison invoquée par Positive Entreprise pour demander une réforme des programmes d'économie. J'avais indiqué ici qu'une enquête de l'Association Positive Entreprise elle-même montrait pourtant que 74% des jeunes avaient une opinion positive de l'entreprise. Résultats convergents dans une enquête réalisée en juin 2006 par l'IPSOS et l'Association Jeunesse et entreprises, auprès d'un millier de jeunes de 16 à 26 ans, pour partie des jeunes actifs, pour partie des étudiants/lycéens (merci à Virginie pour l'info). Voici la diapo :
D'autres résultats intéressants dans cette enquête, et d'autres enquêtes intéressantes, sur le site de l'AJE.
L’Association Positive entreprise considère que les jeunes n’aiment pas l’entreprise à cause de l’école et plus précisément en raison du contenu des manuels scolaires d’économie de seconde, qui véhiculent « une image pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée de l’entreprise ». Pour pallier ce problème, Thibault Lanxade propose d’intégrer « des chefs d’entreprise dans la commission des programmes scolaires », afin de « réactualiser les données des manuels scolaires et [de] proposer une vision objective et positive du monde de l’entreprise ». Lors de l’épisode 1, nous avons vu que 71,4% des élèves ne suivent pas l’enseignement de SES, difficile dès lors d’en faire le responsable du désamour des jeunes pour l’entreprise. Lors de l'épisode 2, nous avons montré, à partir des sondages de l'association Positive Entreprise elle-même, ce qui est quand même cocasse, que 74% des jeunes ont un opinion positive de l'entreprise. Troisième épisode, donc, qui s'intéresse à la capacité des dirigeants à proposer "une vision objective et positive" du monde de l'entreprise...
Résumé de l’épisode
précédent
L’Association Positive entreprise considère que les jeunes n’aiment pas l’entreprise à cause de l’école et plus précisément en raison du contenu des manuels scolaires d’économie de seconde, qui véhiculent « une image pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée de l’entreprise ». Pour pallier ce problème, Thibault Lanxade propose d’intégrer « des chefs d’entreprise dans la commission des programmes scolaires », afin de « réactualiser les données des manuels scolaires et [de] proposer une vision objective et positive du monde de l’entreprise ». Lors de l’épisode 1, nous avons vu que 71,4% des élèves ne suivent pas l’enseignement de SES, difficile dès lors d’en faire le responsable du désamour des jeunes pour l’entreprise… Mais au fait, y-a-t-il véritablement "désamour" ?L’article de 20 minutes commence ainsi « Si les jeunes n’aiment pas les entreprises, c’est à cause de l’école. » Thibault Lanxade reprend la même idée dans cet article « On comprend mieux la principale raison de la perception négative des jeunes vis-à-vis de l’entreprise ». L'affaire semble entendue.
[1] Ajoutons, autre élément de preuve déjà souligné dans un commentaire au précédent billet, que nombre d’élèves passant
par la filière ES s’orientent ensuite dans des formations en lien avec l’entreprise (écoles de commerce, IUT, BTS, IAE, etc.). Cela fait un grand nombre de masochistes, quand
même…
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