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Je suis Professeur des Universités en Aménagement de l'Espace et Urbanisme à la Faculté de Sciences Economiques de l'Université de Poitiers et chargé d'enseignement à Sciences Po Paris (premier cycle ibéro-américain). Le but de ce blog est de commenter l'actualité économique et politique, pour montrer que les économistes peuvent parfois produire des analyses utiles.

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Lundi 13 février 2006 1 13 /02 /Fév /2006 11:05

Dans le débat autour du CPE, j'ai entendu à plusieurs reprises l'affirmation selon laquelle les jeunes diplômés seraient également concernés par le problème de l'accès à l'emploi avec, comme preuve irréfutable, le cas de Monsieur ou Madame Untel, Bac+5 en poche, et toujours sur le carreau... Pourquoi les jeunes diplômés rencontreraient-ils des problèmes d'insertion? Car, comme tous les autres, nous dit-on, ils manquent d'expérience. D'où l'utilité d'un contrat plus flexible, tel le CPE.

 

Toute la question est de savoir si l'on peut généraliser le cas de Monsieur ou Madame Untel. Pour cela, il convient de collecter un peu d'information sur le taux de chômage des jeunes en fonction du diplôme obtenu et là, oh surprise !, on s'aperçoit que ce taux diminue très significativement avec le niveau d'étude :

 

 

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On peut aller un cran plus loin dans l'analyse, pour tordre le cou à une autre idée reçue : celle consistant à affirmer qu'un engagement dans des études supérieures courtes (type IUT et BTS) serait nécessairement préférable à un investissement dans des études plus longues. D'où la hiérarchie implicite, dans l'esprit des lycéens devant choisir leur orientation, entre IUT, BTS et fac.  S'il est exact que les études supérieures courtes offrent un bon accès à l'emploi, le niveau de responsabilité des emplois occupés est significativement moins forte que celui obtenu avec un diplôme Bac+5 :

 

 

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Resutat éloquent, me semble-t-il, qui ne signifie pas que les DUT/BTS sont à éviter, mais plutôt qu'ils sont adaptés aux personnes désirant accéder rapidement au marché du travail. Les lycéens ayant les moyens d'investir plus longtemps dans l'éducation et voulant accéder à des emplois à plus haut niveau de responsabilités auraient tout intérêt à s'engager dans des formations plus longues...

 

Dans tous les cas, pour revenir au problème de départ, il s'avère que l'investissement dans les études reste le meilleur moyen de se prémunir contre le chômage ; et que résoudre le problème du chômage des jeunes passe certainement plus par un effort de formation / qualification des jeunes que par une flexiblisation (déjà conséquente) du marché du travail.

Par Olivier Bouba-Olga - Publié dans : Université
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