Pourquoi habitez-vous ici?

Publié le par Olivier Bouba-Olga

Tous les ans, les étudiants de la troisième année de Licence d’Economie Appliquée de Poitiers doivent réaliser une enquête, sur un thème imposé, par groupe de 4 personnes : élaboration du questionnaire, passation du questionnaire auprès d’une centaine de personnes, saisie des réponses, analyse statistique, rédaction d’un document avec présentation et interprétation des résultats. L’an dernier, plusieurs groupes d’étudiants ont travaillé avec moi sur le thème “pourquoi habitez-vous à Poitiers?”.


582 personnes ont été interrogées sur la Communauté d’Agglomération de Poitiers entre octobre et novembre 2008. Je ne vous détaille pas tout les résutats, je me concentre sur la question stratégique du questionnaire, où l’on demande aux personnes interrogées de citer, par ordre d’importance, les 4 facteurs, parmi une liste de 25 items, qui font qu’ils habitent sur Poitiers, ces 25 items étant regroupés en 7 catégories (je vous dirai dans un prochain billet d'où vient cette catégorisation et pourquoi nous l'avons utilisée) :


Catégorie

Item

Réseau Personnel

Je suis né(e) ici

 

J’ai de la famille ici

 

J’ai étudié à Poitiers

 

Proximité d’amis

Emploi

J’ai déménagé ici à cause de mon emploi

 

J’ai déménagé ici à cause de l’emploi de mon conjoint

 

Bonnes opportunités de travail

 

Salaires plus élevés

Localisation

Taille de la ville

 

Temps/climat

 

Bonnes liaisons de transport

 

Proximité de la nature (mer, montagne, campagne)

Caractéristiques de la ville

Coût du logement abordable

 

Logements disponibles

 

Logements de qualité

 

Ville sécurisante pour les enfants

Habitants et environnement

Social

Habitants ouverts aux personnes originaires de différentes aires géographiques

 

Ville ouverte et tolérante « gays et lesbiennes friendly »

 

Langue

 

Cordialité générale de la ville

 

Diversité des équipements de loisir et de divertissement

 

Diversité culturelle

 

Diversité du bâti

Education

Présence de bonnes universités

Autres raisons

Merci de préciser

 

 

L’analyse des réponses peut se faire de différentes manières : on peut d’abord se concentrer sur le choix numéro 1, considéré par les personnes comme la raison première ; on peut également comptabiliser les scores de chaque item ou de chaque catégorie, qu’ils soient cités en rang 1, 2, 3 ou 4. Je me concentre ici sur l’analyse du choix 1.


Pour quelle raison vivez-vous à Poitiers ? (choix 1)

Réseau Personnel

49%

Emploi

31%

Localisation

6%

Caractéristiques de la ville

6%

Habitants et environnement social

3%

Education

4%

Autres raisons

0%

 


Résultat éloquent, les items réseau personnel et emploi concentrent 80% des réponses. En détaillant ces deux catégories, on obtient ceci :

 

Pour quelle raison vivez-vous à Poitiers ? (choix 1)

Réseaux personnels

Je suis né(e) ici

18%

 

J'ai de la famille ici

12%

 

J'ai étudié à Poitiers

13%

 

Proximité d'amis

6%

Emploi

J'ai déménagé ici à cause de mon emploi

16%

 

J'ai déménagé ici à cause de l'emploi de mon conjoint

8%

 

Bonnes opportunités de travail

7%

 

Salaires plus élevés

1%

 

Les trois premières raisons qui font que des personnes habitent sur Poitiers sont donc i) qu’ils y sont nés (18%), ii) qu’ils y ont trouvé un emploi (16%), iii) qu’ils y ont étudié (13%).


Les softs factors (items de la catégorie Habitants et environnement social) interviennent très peu dans les choix de localisation, seules 20 personnes les citent en choix 1. Ils interviennent un peu plus en choix 2 (53 personnes les citent). Résultat plutôt intéressant, à l'heure où de nombreuses agglomérations développent des politiques d'attractivité vis-à-vis des personnes qualifiées, en insistant précisément sur ces softs factors... Ce qui ne signifie pas qu'ils ne jouent pas du tout : l'hypothèse que l'on peut faire est  qu'ils peuvent sans doute non pas attirer les populations mais les ancrer.


L'enquête a intéressé le nouvel hebdomadaire poitevin gratuit, 7 à Poitiers, qui en reprend les principaux points dans son dernier numéro, page 6.

Billet à suivre, comparant ces résultats à ceux obtenus lors d'une enquête européenne... Enquête à suivre également, pour la nouvelle promotion des L3 : je leur ai suggéré de travailler sur le bonheur des poitevins...

 

 

Publié dans Territoires

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Cath 27/10/2009 19:37



Il ressort de ce questionnaire qu'un facteur important est l'endroit où on a fait ses études. Cela montre l'intérêt d'avoir des écoles et des universités qui attirent les jeunes... d'autant que
si les jeunes s'intallent là où ils ont fait leurs études, quelques années après, il y a des chances d'avoir des enfants qui eux auront tendance à rester parce qu'ils y seront nés.
Décidemment, je trouve ce glog très intéressant. Je m'inscris à la newsletter.
Merci et bonne soirée.



tal 04/10/2009 13:31


J'habite en Allemagne, pourquoi ? Eh bien, je me suis fait virer par précédent employeur français alors que j'avais trouvé pas mal de solution technique et été à l'origine de brevets importants. En
Allemagne j'ai été très bien accueilli et ils sont très content des innovations que j'apporte. Drôle de pays la France qui pousse ses créatifs à s'expatrier.

Voir : http://jeanpaulmartin.canalblog.com/archives/2009/09/30/15265928.html



GroFlo 02/10/2009 09:20


« Les softs factors (items de la catégorie Habitants et environnement social) interviennent très peu dans les
choix de localisation, seules 20 personnes les citent en choix 1. Ils interviennent un peu plus en choix 2 (53 personnes les citent). Résultat plutôt intéressant, à l'heure où de nombreuses
agglomérations développent des politiques d'attractivité vis-à-vis des personnes qualifiées, en insistant précisément sur ces softs factors... Ce qui ne signifie pas qu'ils ne jouent pas
du tout : l'hypothèse que l'on peut faire est  qu'ils peuvent sans doute non pas attirer les populations mais les ancrer. »

Ou alors signifier que ces facteurs là ne jouent pas pour Poitiers, sous entendant peut être que ces facteurs ne sont pas assez présents, non ?
Je suppose que votre connaissance d’études similaires ailleurs confirme sans doute votre point de vue, mais personnellement, en ne connaissant que cette étude, j’aurais spontanément eu tendance à le
nuancer.