Travailler plus pour gagner plus : la question du temps partiel

Publié le par Olivier Bouba-Olga

J'ai expliqué il y a quelques temps que si l'augmentation du temps total travaillé en France pouvait effectivement permettre de créer plus de richesses, il convenait de ne pas réduire la problématique à celle des 35 heures : l'âge d'entrée dans la vie active des jeunes est plus tardif en France qu'ailleurs,  le taux d'emploi des séniors y est plus faible, se pose également la question du travail à temps partiel, notamment subi. Autant de problématiques auxquelles la politique "heures supplémentaires" n'apporte pas de réponse.

Document intéressant sur l'un de ces sujets, par le Conseil Economique et Social, intitulé "Les femmes face au travail à temps partiel". On y apprend notamment que : 

"En France, le recours au temps partiel s’est développé de manière significative depuis le début des années 90. La proportion de l’emploi salarié à temps partiel est ainsi passée de 7 % en 1980 à 12 % en 1990, puis à 17,3 % en 1997, pour atteindre son niveau le plus élevé en 1998 (18 %). Selon les enquêtes annuelles de recensement de l’INSEE de 2004 à 2006, il s’établit aujourd’hui à 17,9 % (soit quasiment le pourcentage enregistré en 1998) et concerne donc près de 5 millions d’actifs sur les 28 millions recensés en 2005 en France métropolitaine" 

Le temps partiel concerne de manière importante les femmes : 

"Comme ailleurs en Europe, le temps partiel en France est très majoritairement féminin puisque parmi les quelque 5 millions d’actifs à temps partiel, 83 % sont des femmes. Le temps partiel représente 31 % de leurs emplois. Pour les hommes, ces proportions sont respectivement de 18 % et 6 %." 

Ailleurs : 

"Le taux d’emploi des femmes âgées de 20 à 49 ans chute de 15 points de pourcentage lorsqu’elles ont un enfant, alors que celui des hommes augmente de 6 points. De plus, les femmes sont nettement plus souvent que les hommes employées à temps partiel. En 2006, cette modalité de travail concernait un tiers d’entre elles (32,9 %) contre seulement 7,7 % des hommes". 

La part du temps partiel subi n'est pas négligeable :

"Il ressort en outre des enquêtes qualitatives menées par l’INSEE qu’un tiers environ des femmes concernées subissent plus qu’elles ne choisissent ce mode d’activité, le « choix » étant par ailleurs souvent contraint par l’inégal partage des tâches dans la famille et l’insuffisance des dispositifs permettant l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale."

 Parmi les solutions proposées, le rapport évoque la piste que j'avais déjà signalée ici sur le sujet plus général de la gestion de la flexibilité, les groupements d'employeurs :

"Le secteur des services à la personne, très fortement féminisé et, de l’avis de tous, appelé à se développer dans les années à venir, comporte aujourd’hui un risque important de précarisation pour les personnels, lié à l’importance qu’y occupe le temps partiel subi, associé au cumul d’emplois de courte durée. La formule des groupements d’employeurs permet dans ce cas d’aménager la pluriactivité en faisant bénéficier le salarié d’un lien contractuel unique et de perspectives élargies d’évolution professionnelle." (...) L’exemple d’un groupement d’employeurs dans l’hôtellerie-restauration regroupant 250 adhérents et couvrant deux départements de la région Pays de Loire est illustratif à cet égard. Dans un délai de cinq ans, il a ainsi permis le recrutement de 300 salariés en CDI dont 100 à temps plein, ainsi que de 60 salariés en CDD à temps plein pour des interventions en extra. De plus, sur une période de deux ans, 100 salariés ont pu être embauchés en CDI dans les entreprises adhérentes."

Je vous laisse découvrir les nombreux autres éléments d'analyse et les autres préconisations formulées.

Publié dans Emploi

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FC 21/03/2008 15:35

La formule des groupements d'employeurs est excellente, et il est inexplicable qu'elle soit aussi mal connue.Il y a une union nationale, l'Ugef, avec un site: http://www.ffge.fr/